31


ORIGINE
USA
31 Affiche

ANNEE
2015
REALISATION

Rob Zombie

Critique 31
{Photo 1 de 31} « En ce 31 octobre 1976, cinq collègues d'une fête foraine décident de brûler le bitume et d'explorer la fête d'Halloween dans les recoins les plus consanguins de l'Amérique profonde. Si le début de soirée est généreux avec son lot de fêtards démoulés trop chauds, la suite risque d'être un peu plus corsée : invités de force à la sauterie annuelle de Father Murder, nos petits comiques vont découvrir un Fort Boyard gore avec un but très simple : essayer de survivre pendant 12 heures d'affilée dans un labyrinthe qui a tout du Kinder surprise de l'horreur ultime. Entre un nain psychopathe qui voue un culte total aux nazis, deux frangins qui sont à la tronçonneuse ce que les Fréro Delavega sont à la variétoche française (qui a dit « cauchemar » ?), ou encore des maniaques répondant aux doux noms de Doom-Head et Sex-Head (impatients d'ailleurs de fendre autre chose que des bûches avec leurs hach{Photo 2 de 31} es), nos chers collègues auront suffisamment de prétextes pour se remettre au footing et aux parties de cache-cache improvisées... » (résumé BIFFF).

Grooooooosse attente au 34ème Brussel International Fantasy, Fantastic, Thriller and Science-Fiction Film festival (BIFFF) en ce 31 (forcément) mars 2016 pour la quasi première mondiale (le film a été au préalable lancé à Sundance) du nouveau Rob Zombie, 31, qui nous est vendu par le maitre himself comme « son film le plus violent à ce jour ». La salle est comble, les fans, dont certains ont participé à la production financière via crowdfunding, d'ores et déjà acquis. L'ambiance est chaude...

Et puis...

L'accident !

Passé l'introduction des personnages, 31 bascule dans le slasher annoncé, mais pour un résultat qui laisse pantois.

31 n'est pas un bon Rob Zombie, il est même indigne de l'auteur de LA MAISON DES 1001 MORTS, de THE{Photo 3 de 31} DEVIL'S REJECT et des relectures de HALLOWEEN.

Non pas que le film soit abominable, certes, il bénéficie ainsi d'une très belle photographie et de décors et costumes travaillés. Comme d'habitude chez Rob Zombies, les gueules burinées sont préférés aux visages lisses qui encombre le ciné d'horreur pour adolescent. Mais hormis cela, 31 reste tellement éloigné du standard auquel Rob nous a désormais habitué. Décevant quoi !

Mais qu'est-ce qui cloche ?

Un peu près tout : d'abord une caméra trop souvent en mouvement, qui rend l'action peu lisible - une tare excusable auprès du débutant, mais qui passe mal quand on a déjà aligné des titres de prestige -. Ensuite des monstres à foison, et qui, du coup, ne font pas le poids par rapport aux héros. Or, on le sait, le boogeyman est essentiel dans ce genre horrifique. S'il se révèle moins fort que le héros-victime, le film prend soudainement{Photo 4 de 31} l'eau. Sans compter que la crédibilité en prend un coup : qui sont ces tueurs fous, qui semblent invincibles, mais qui s'effondrent pourtant si rapidement ? L'incohérence est d'ailleurs le problème majeur du scénario. La suspension d'incrédibilité est un concept délicat, et qui atteint vite ses limites. Quelques exemples, qu'on pourrait sans doute facilement multiplier : bien que disposant de douze heures, jamais nos victimes ne cherchent réellement à fuir ou explorer l'usine, le cheptel des tueurs semble illimité, une tourte à la viande humaine a été préparée et servie en un temps record, certains protagonistes des séquences initiales disparaissent subitement...

Hormis les incohérences, il y a aussi ces enjeux jamais résolus : qui sont les maitres tourmenteurs, pourquoi diable revêtent-ils des accoutrements du 18e siècle, Où se trouvent ils et comment suivent-ils l'action ? A aucun moment nos héros ne rencontreront ceux à qui ils doivent leurs tourments.

De même, le climax final brille par sa faiblesse, comme expédié.

On va s'arrêter là, vous aurez compris le message !

Les fans hardcore de Rob Zombie passeront outre et se feront leur idée, l'amateur peu exigeant pourra sans conteste s'amuser de 31, le trouver parfaitement distrayant. Mais le cinéphile, l'amateur d'horreur, ou celui qui ne s'est toujours pas remis de THE DEVIL'S REJECT gardera comme un mauvais gout en bouche.

Peu avant minuit, le générique de fin entamé, les applaudissements restent polis. Des mines déçues s'égrènent par les portiques de la grande et prestigieuse salle Henri Le Bœuf du Bozar. Un fan crowdfunder tire la grimace en faisant le bilan de ce qu'il a coproduit : « tout ça pour ça ».

Rob, on t'aime, mais ton 31 là, tu peux te le garder. Reviens nous avec du vrai film qui cogne !

Philippe Delvaux
15/04/2016
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Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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