5. BIFFF 2008 - La French touch


5. BIFFF 2008 - La French touch Affiche

Critique 5. BIFFF 2008 - La French touch
{Photo 1 de 5. BIFFF 2008 - La French touch} L'opinion est répétée comme une antienne, « il n'y a plus d'industrie de films de genre en France ». Et pourtant, dans ce pays à la cinéphilie exacerbée, il y a bien des propositions de films de genre. Et si certaines accouchent de franc ratages, il en est d'autres qui, osant sortir des sentiers battus, offrent des œuvres vraiment originales. Et même si cette originalité les fait régulièrement échouer au box office - parfois sabotées par un distributeur frileux - ce sont ces propositions qui marqueront les mémoires et s'inscriront dans la durée. Peu avant le BIFFF, la Belgique découvrait enfin DANTE 01 de Marc Caro... sacrifié dans une seule salle qui eu vite fait de le déprogrammer.

Le BIFFF est donc parfois une occasion unique de découvrir des{Photo 2 de 5. BIFFF 2008 - La French touch} films qui ne trouveront pas le chemin des salles. Ainsi le distributeur belge de A L'INTERIEUR, probablement refroidi en apprenant le plantage du film en salle en France a-t-il décidé de ne pas le sortir en Belgique. Le festival restant la seule occasion de découvrir la bombe de Maury et Bustillo sur grand écran. Soyons clair, à notre sens, A L'INTERIEUR est de très loin le meilleur film du festival, et certainement un des meilleurs films de l'année (2007 pour la France, 2008 pour la Belgique). Une telle radicalité scotche littéralement le spectateur sur son siège. On souffre avec la victime. Cette radicalité, ce sérieux peuvent déstabiliser : une partie de la salle n'a pas accroché au film. Derrière nous, quelques filles (lesquelles peuvent s'identifierencore plus aisément à une femme enceinte) ont conspué ce « gâchis de pellicule » probablement plus touchées qu'elles ne voulaient le laisser paraître. A mille lieues des tortures complaisantes d'un SAW ou d'un HOSTEL, A L'INTERIEUR fait sens et s'offre comme une nouvelle référence du cinéma d'horreur mondial. Pas moins !

FRONTIERE(S) de Xavier Gens est un autre film attendu. HITMAN a bénéficié d'une petite sortie belge et n'a pas brillé au box office. FRONTIERE(S), réalisé avant le film de commande HITMAN, se veut plus ambitieux. Hélas, c'est un ratage. Le film est généreux dans ses excès gores, dans sa dénonciation des dérives extrémistes de la société française mais vlan, il se prend les pieds dans une interprétation souvent ridicule (le patriarchenazi en fait vraiment trop) qui ne cadre pas du tout avec la tonalité plus sérieuse du reste. Vraiment dommage car le rythme est bon et l'intrigue, traitée sous un angle un peu différent, pouvait fonctionner. Partie remise donc. A noter que l'interprétation de l'actrice principale a, elle, été remarquée par le jury qui a décerné le Méliès d'argent de la compétition européenne à FRONTIERE(S) (soyons juste, Karina Testa était très convaincante). Comme quoi, les goûts et les couleurs...

EDEN LOG, une œuvre atypique, à l'instar de Dante 01 de Marc Caro. On a d'ailleurs pensé au BUNKER DE LA DERNIERE RAFALE (Caro et Jeunet), ainsi que, dans un autre genre au MAREBITO de Takeshi Shimizu et à HAZE de Shinya Tsukamoto (tous deux présentés en leur temps au BIFFF) pour leurs voyages dans des souterrains glauques. Comme pour les autres métrages français, le film a divisé et nombre de spectateurs ont quitté la salle. Pour notre part, nous avons été convaincus par l'originalité graphique du film de Frank Vestiel. Sur le fond, on restera un peu plus neutre : le film emprunte son idée force à un thème déjà esquissé dans MATRIX et au cœur de SOLEIL VERT. Quant au héros, le twist final vient en droite ligne de TOTAL RECALL (lui-même adaptation de l'œuvre littéraire de Philippe K. Dick). A l'instar de RENAISSANCE il y a deux ans, c'est formellement qu'EDEN LOG emporte la mise.

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22/12/2009
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