A Woman's Torment


ORIGINE
USA
A Woman's Torment Affiche

ANNEE
1977
REALISATION

Roberta Findlay

INTERPRETES
Tara Chung
Jennifer Jordan
Jake Teague
Marlene Willoughby
Crystal Sync
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique A Woman's Torment
{Photo 1 de A Woman's Torment} Réalisé par Roberta Findlay, A WOMAN's TORMENT témoigne d'un bref mouvement au sein du porno américain consistant à mélanger le sexe avec l'horreur graphique. On se souviendra de titres comme FORCED ENTRY, HARDGORE, DEFIANCE OF GOOD ou encore WATERPOWER ainsi que des productions européennes, quasi toutes signées Joe d'Amato, comme PORNO HOLOCAUSTE ou LA NUIT EROTIQUE DES MORTS VIVANTS.

Avec A WOMAN's TORMENT, la cinéaste marque clairement sur les traces de Roman Polanski puisqu'elle décalque REPULSIONS en y ajoutant une discrète pincée hitchcockienne et une très grosse dose de pornographie.

Le psychiatre Otis Vorel (Jack Teague, vu dans pas mal de hard{Photo 2 de A Woman's Torment} mais aussi quelques bisseries ritales comme SOS CONCORDE ou CANNIBAL FEROX) ne s'entend plus guère avec son épouse qui n'éprouve aucun plaisir dans leurs relations intimes. Jack a une maitresse, Frances (Crystal Sync, plein de X dont le zarbi WATER POWER mais aussi INCREDIBLE TORTURE SHOW), et connait une fille assez perturbée nommée Karen (Tara Chung) qu'il souhaite interner dans une institution. Du coup, Karen disjoncte, se réfugie dans une maison isolée au bord de la mer et s'enfonce dans la folie. Lorsqu'un homme tente de la violer (après qu'elle l'ait pas mal encouragé), Karen le tue. La jeune femme perd alors tout lien avec la réalité et se lance{Photo 3 de A Woman's Torment} dans une croisade meurtrière entrecoupée de sexe.

Dans le rôle principal, nous découvrons Tara Chung qui connut une très brève carrière (trois X tournés en 1977 et puis s'en va). A ses côtés, la blonde Jennifer Jordan fut une des nombreuses starlettes de l'âge d'or du porno US, tournant dans une trentaine de long-métrages entre 1974 et 1977. Elle tenait le rôle principal de FIREWORKS WOMAN (le hardcore de Wes Craven), apparut dans la parodie SOUPERMAN et également dans la comédie porno science-fictionnelle INVASION OF THE LOVE DRONES. On la vit souvent sous la caméra de Roberta Findlay, notamment dans FANTASEX, THE TIFFANY MINX, ANGEL NUMBER 9, SWEET PUNKIN I LOVE YOU ou le classique ANYONE BUT MY HUSBAND.

Tentant de mélanger mélodrame, thriller, slasher, horreur psychologique et pornographie, A WOMAN's TORMENT ne réussit réellement dans aucun de ces domaines : les amateurs d'érotisme se désoleront du total désintérêt de la cinéaste pour les scènes chaudes (lesquelles se révèlent plus ennuyeuses qu'excitantes), les fans d'horreur penseront probablement que le long-métrage manque de nerfs et de tensions et les adeptes d'un thriller plus travaillé et psychologiques risquent de déchanter devant la mise en scène maladroite et l'amateurisme des comédiens. Pourtant, malgré tous ses défauts, A WOMAN's TORMENT réussit à maintenir un semblant d'intérêt justement par sa juxtaposition d'éléments disparates. Le film s'apparente ainsi à un artefact fascinant venu d'une époque révolue du cinéma d'exploitation et effectue la jonction entre la première carrière de Findlay, dédiée au porno et à la sexploitation, et la seconde, davantage portée sur l'horreur, le surnaturel et la violence gratuite.

Pas très réussi et souvent un peu ennuyeux, A WOMAN's TORMENT demeure une rareté relativement intéressante pour les défricheurs du bis seventies. Ce qui n'en fait pas un bon film pour autant, juste un titre suffisamment original pour mériter une vision par les plus curieux.

Frédéric Pizzoferrato
24/02/2019
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