ACAB

A.C.A.B. : All Cops Are Bastards


ORIGINE
Italie, France
ACAB Affiche

ANNEE
2012
REALISATION

Stefano Sollima

INTERPRETES
Pierfrancesco Favino
Filippo Nigro
Marco Giallini
Critique ACAB
{Photo 1 de ACAB} ACAB nous emmène en Italie suivre une équipe de CRS. Il s'attache à leur parcours, suit leur quotidien, leur vie de famille et, bien sûr, les accompagne dans leur travail.

Stefano Sollima est le fils de Sergio Sollima, qui a réalisé un certain nombre de séries B durant les années soixante et soixante-dix. Son fils est surtout connu pour son travail sur des épisodes de séries télévisées (la série Romanzo Criminale, entre autres) et arrive à présent avec ce film, ACAB, diminutif de All Cops Are Bastards.

Si plusieurs métrages de cette septième édition du Festival International du Film Policier de Liège ont un rythme assez lent, ce n'est pas le cas d'ACAB, e{Photo 2 de ACAB} n sélection officielle, qui obtient le prix spécial du jury.

Ce film, au nom évocateur, débute sauvagement, et décide de nous faire découvrir ses personnages à travers des scènes d'action percutantes en diable. Prendre pour « héros » des CRS est un choix relativement osé, pour ne pas dire casse-gueule. Stefano Sollima choisit, pour s'en sortir, de ne faire preuve d'aucune complaisance ou glorification de ce métier honni ou de ses protagonistes. Le scénario s'attache ainsi à suivre leur vie quotidienne triste et avilissante. Le film nous montre les CRS en train de gérer les supporters d'un match de football en endurant insultes, crachats, lancers de canettes de{Photo 3 de ACAB} bière, censément sans réagir. Le spectateur les voit chasser des gens de chez eux ou d'un squat, sur ordre de la mairie, utilisant des méthodes abominables, entre matraquages abusifs et humiliations de pauvres gens. Le réalisateur dépeint un métier assez horrible, qui a détruit ceux qui l'exercent, les emplissant d'une rage, d'une colère et d'une barbarie qui ne peuvent que noircir leur âme et provoquer des flots de sang. En effet, les CRS doivent se contenir si souvent, si longuement, engrangeant une sauvagerie tellement à fleur de peau, qu'elle ne peut qu'éclater lors d'une scène à la dureté abominable, filmée de manière si brute et objective que les spectateur{Photo 4 de ACAB} s, voyeurs volontaires, la reçoivent en pleine figure. Cela provoque un questionnement du public tant la séquence est réaliste. Le jeune loubard récemment engagé, à la matraque facile, deviendra le plus modéré de tous, dégoûté par les exactions de ses compatriotes. Le film pose aussi la question de la loyauté, demandant à ses protagonistes autant qu'aux spectateurs, où doit s'arrêter la loyauté, jusqu'où il est possible d'aller pour défendre ses collègues, ses frères d'arme, quand on se sent seul face au reste du monde.

Le spectateur suit ainsi les personnages dans leur vie de famille, forcément brisée, tendue, mais la caméra les regarde sans les juger, essayant d'être le plus neutre et objectif possible.

ACAB, cependant, ne parle pas que des CRS, il parle aussi de l'Italie. Insécurité, violence, immigration et fascisme, le portrait dépeint ici n'est vraiment pas glorieux. Il choque par son horreur crédible et réaliste, et le public se sent parfois bien incommodé.

Au final, ACAB est un film choc, percutant, avec ses mêlées de CRS montrées ici dans toute leur brutalité et leur horreur. Le spectateur y est projeté, parmi les cris et les hurlements, et le film se reçoit en pleine tête, ne laissant pas indemne. ACAB est un excellent film, qui enfonce, certes, quelques portes ouvertes mais se déroule sans aucun temps mort.

Yannik Vanesse
14/06/2013
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Yannik Vanesse
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