Away


ORIGINE
Royaume-Unis
Away Affiche

ANNEE
2016
REALISATION

David Blair

INTERPRETES
Juno Temple
Timothy Spall
Matt Ryan
Critique Away
{Photo 1 de Away} Joseph et Ria sont deux paumés réfugiés à Blackpool. Les deux fuient quelque chose, et paraissent s'être rencontrés par accident. Le choc ne les a d'ailleurs pas laissés totalement indemne. Tandis que Joseph s'enfonce dans l'alcool, Ria tente de réveiller en lui la joie de vivre totalement disparue. Mais elle-même ne tardera pas à être rattrapée par ses propres démons.

David Blair, réalisateur récompensé aux BAFTA pour sa série STREET, est un habitué du petit écran. Il signe avec AWAY un long métrage abouti, très british dans l'esprit, où l'humour noir croise le film social. C'est un film comme on en voit{Photo 2 de Away} souvent au festival du film britannique de Dinard, avec des personnages brisés par la vie, souvent ayant fait une sortie de route, luttant pour leur survie. Mais il choisit de les filmer avec des hautes lumières, et des couleurs, d'approcher sa caméra de leurs visages, et de capter les étincelles dans leurs yeux, le tout avec une certaine maîtrise de la mise en scène.

AWAY est porté par deux acteurs talentueux. Timothy Spall incarne assez incroyablement un alcoolique en pleine dépression aux portes du gouffre cherchant par tous les moyens à se suicider, tandis que lui fait face la très talentueuse et jeu{Photo 3 de Away} ne Juno Temple déjà remarquée dans l'incroyable MAGIC MAGIC. La réalisation est soignée, l'image est jolie, et ce qui est vraiment remarquable dans le film est indéniablement la prestation de ce duo d'acteurs aussi improbable que charismatique. Tous les deux crèvent littéralement l'écran sous nos yeux éberlués.

L'émotion finit par nous saisir, même si le film n'emprunte guère un chemin très original, il donne cependant lieu à de jolis moments, comme des plus trash. L'ensemble ne tiendrait guère debout sans le talent de ses deux acteurs principaux. On ne dénigrera pas les acteurs secondaires mais ils reste{Photo 4 de Away} nt clairement dans l'ombre de nos deux cadors sous-estimés par le cinéma. Sans eux, on percevrait sans doute les grosses suspensions de crédibilité que pose le film.

Petit bémol, le personnage du dealer abusif manque un poil de charisme face aux deux héros. C'est cependant difficile de leur faire face tant ils bouffent l'écran et n'y laissent que peu de place aux autres acteurs. Mais c'est aussi le job du réalisateur de donner à ses personnages secondaires l'espace pour s'exprimer et vivre. Ici tous les personnages secondaires restent des satellites autour de nos héros.

L'autre point faible du film c'est sa construction narrative. Il commence dans le vif du sujet, en plein milieu de l'histoire, ce n'est qu'ensuite, via des flash-back, qu'on pourra reconstituer l'histoire. Ce type de narration est largement utilisé et pas forcément une bonne idée, puisqu'il a tendance à épuiser inutilement le spectateur qui doit faire l'effort de recoller les morceaux. D'autant que les cinéastes en usent souvent pour mettre un peu d'originalité dans le film, et ce n'est pas forcément le meilleur moyen d'y parvenir. Si ça fonctionne plutôt bien avec les films d'horreur, en revanche, pour ce genre de film ça tombe un peu à plat.

Sophie Schweitzer
17/10/2016
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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