Before the Fall

Tres días


ORIGINE
Espagne
Before the Fall Affiche

ANNEE
2008
REALISATION

F. Javier Gutiérrez

INTERPRETES
Víctor Clavijo
Mariana Cordero
Eduard Fernández
Juan Galván
Ana de las Cuevas
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique Before the Fall
{Photo 1 de Before the Fall} La terre est menacée. Une collision avec une météorite va frapper l'espèce humaine et l'anéantir. Toutes les superpuissances ont tenté de détruire le corps céleste mais sans parvenir au moindre résultat. Bruce Willis n'étant pas disponible, rien ne viendra sauver l'humanité de l'Armageddon. A 72 heures du « deep impact » les chaines de télévision annoncent la nouvelle à leurs spectateurs incrédules. Bientôt la panique s'empare du monde, suivit d'une véritable folie. Dans une petite ville espagnole un homme, Alejandro, tente de sauver sa famille des actes d'un détraqué pédophile échappé de prison. Mais pourquoi reculer l'inévitable ? A quoi bon lutter pour survivre lorsqu'on sait la Terre entière condamnée à très brève échéance ?

Film espagnol à petit budget, BEFORE THE FALL s'éloigne radicalement des productions "catastrophes" dont Hollywood nous a abreuvé ces dernières années (ARMAGEDDON, DEEP IMPACT, THE DAY AFTER et bientôt 2012) pour proposer un spectacle intimiste et désespéré. Intimist{Photo 2 de Before the Fall} e car le réalisateur, F. Javier Guttiérez, se focalise sur une petite communauté et seuls quelques reportages télévisés nous apprennent ce qu'il se passe dans le reste du monde. Par l'entremise de la télévision, nous découvrons les réactions excessives à l'annonce de l'Apocalypse et nous assistons à la fin de l'ordre social, moral et sociétal. Mais BEFORE THE FALL est également une œuvre désespérée car la fin du monde aura bien lieu, rien ne pouvant stopper l'inéluctable. Révéler cette fin attendue depuis le début du métrage n'a rien de criminel car le réalisateur ne triche pas avec son spectateur et aucun Deus Ex Machina ne sortira du chapeau pour sauver les condamnés. Le métrage promet d'assister aux trois derniers jours de l'espèce humaine et nous y aurons réellement droit. De par son pessimisme, le métrage de Guttiérez se rapproche donc davantage des bandes didactiques sur les méfaits de la Bombe atomique ou encore du très sombre APPEL D'URGENCE à l'ambiance étouffante. Quiconque souhaite un héros sans peur, un Mad Max impitoyable ou un nouvel Adam menant les rescapés vers une illusoire terre promise en sera donc pour ses frais.

Mais, sans doute conscient de la relative minceur de l'argument et peu soucieux d'offrir aux spectateurs un pensum philosophique, Guttiérez utilise surtout son pitch pour exacerber l'absurdité des actes de son personnage principal. Ce-dernier, le nonchalant Alejandro (incarné avec justesse par Víctor Clavijo, un inconnu habitué des séries télé ibérique) va finalement devoir prendre ses responsabilités et défendre sa famille menacée par un tueur revanchard. La seule obsession d'Alejandro sera dès lors de garder ses proches en vie...jusqu'à leur mort collective dans l'embrasement planétaire.

Si la première partie de BEFORE THE FALL s'avère rondement menée et plutôt convaincante, le virage complet vers le thriller aux relents de slasher de la seconde moitié laisse par contre dubitatif. Difficile d'imaginer un tueur suffisamment sadique pour poursuivre une poignée d'individus à quelques heures de la fin du monde. Difficile également d'adhérer aux réactions souvent peu crédibles d'une partie des protagonistes et à certains retournements de situation grossièrement négociés. Aussi prometteur que soit le pitch de BEFORE THE FALL, le scénario ne se montre pas vraiment à la hauteur des attentes et les incohérences et ellipses nuisent finalement à la réussite globale d'une œuvre pourtant intrigante.

Techniquement BEFORE THE FALL demeure heureusement très satisfaisant : la mise en scène se montre solide et prenante, la photographie détaille un paysage brûlé de soleil très évocateur et les séquences de suspense fonctionnent efficacement. Une poignée de scènes sanglantes secouera également le spectateur, d'autant que les Espagnols n'hésitent pas à malmener violemment de jeunes enfants et se soucie peu du tabou concernant les « innocents ».

Les acteurs, inconnus, se révèlent pour leur part très convaincants et Victor Clavijo, déjà récompensé à plusieurs reprises en Espagne, fut nominé dans la catégorie « meilleur acteur espagnol » pour ce rôle difficile. Au départ très « je m'en-foutiste », le personnage principal va ainsi retrouver l'énergie de se battre pour une juste cause alors que le monde s'écroule (au sens propre comme au figuré !) autour de lui. Dommage que le climax, même tendu et efficace, ne s'apparente à un énième jeu de cache-cache fort convenu entre le dingue et ses proies.

BEFORE THE FALL débute donc comme un classique film catastrophe, se permet un détour philosophique et des passages imprégnés d'un humour désespéré avant de plonger dans les eaux saumâtres du thriller et du slasher sans beaucoup d'originalité pour une seconde partie bien en deçà des attentes.

Même si ce long-métrage s'avère en définitive sympathique et plutôt agréable on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'git d'une occasion manquée, certes très regardable mais néanmoins décevante. Wes Craven en annonce pourtant un prochain remake...

Frédéric Pizzoferrato
22/12/2009
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