BIFFF 2012 : l’Europe

The divide
Lockout
Carré blanc
The incident
La chispa de la vida
Un jour de chance
Game of werewolves
Iron sky
Elelvator
The raven
The awakening
Retreat
The butterfly room


BIFFF 2012 : l’Europe Affiche

ANNEE
2012
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique BIFFF 2012 : l’Europe
Un festival ne reflète pas nécessairement la substantifique moelle de la production mondiale. Toujours est-il que la visibilité qu'il donne aux œuvres programmées nous donne un aperçu tant de la vitalité des différents continents que de la médiatisation de leurs productions.

Examinons donc la programmation européenne du BIFFF 2012.

Dans cet autre article, retrouvez notre avis sur les programmations asiatiques et américaines du BIFFF 2012.

La France

- THE DIVIDE se révèle le meilleur Xavier Gens (FRONTIERES, HITMAN) à ce jour. Ce huis-clos post apocalyptique s'inscrit dans la continuité de films tels LETTERS FROM A DEAD MAN de Konstantin Lopushanski, jadis programmé au BIFFF 1988, puis à Offscreen il y a trois ans, et que nous avions alors interviewé.

- LOCKOUT nous offre un festival ininterrompu de vannes. Cette production Luc Besson est parfaitement creuse mais ne boudons pas notre plaisir : comme popcorn movie, il est parfait. Petit bémol pour le retour sur terre des héros, la suspension d'incrédibilité ayant quand même ses limites

- CARRE BLANC, dernier film purement français de cette édition illustre le pendant plus conceptuel du cinéma de genre. Il fascinera ou agacera en fonction des sensibilités. Pour notre part, nous l'avons trouvé un peu trop figé.

- THE INCIDENT est une coproduction belgo-française tournée en anglais. Ce petit budget en remontre pourtant à bien des productions plus cossues et remplace judicieusement les zombies ou autres infectés par des psychopathes enfermés dans un asile.



L'Espagne

L'eldorado européen du film de genre depuis près d'une décennie était également représenté par quatre films... contrastés

- LA CHISPA DE LA VIDA /AS LUCK WOULD HAVE IT/UN JOUR DE CHANCE, le nouveau Alex de la Iglesia est un pur chef d'œuvre qui place son réalisateur parmi les auteurs qui comptent dorénavant

- GAME OF WEREWOLVES remet sur le devant de la scène les lycanthropes en deuil de feu Paul Naschy pour une comédie délirante.

- PARANORMAL XPERIMENT est un simple slasher sans intérêt, achevé par une 3D laide.

- Enfin, EXTRATERRESTRE ne permet hélas pas à Nacho Vigalondo, auteur de TIMECRIMES/LOS CRONOCRIMENES, de confirmer.

L'Europe du Nord

- Un focus danois nous a offertle nouveau Christoffer Boe (RECONSTRUCTION, 2003) pour un BEAST dont l'affiche est plus affriolante que le contenu. Un couple se délite... l'un d'eux va bientôt péter une durite. ID : A nous balade des Alpes à Copenhague, en passant par la Hollande, pour un thriller pas inintéressant. Au menu : extrême-droite, braquage, mari jaloux et femme amnésique. Enfin, RONAL THE BARBARIAN se moque de l'héroïc fantasy, CONAN et le SEIGNEUR DES ANNEAUX en tête. Pas très fin mais assez drôle.

- ELEVATOR coince quelques personnes dans un ascenseur piégé. Ce petit budget américano-suédois de huis clos prouve qu'on peut tenir en haleine avec trois fois rien.

- Les nazis de l'espace du finlandais IRON SKY cartonnent auprès du jury et du public qui l'ont primé. Doté d'à peine 7,5 millions d'euros, IRON SKY donne l'impression d'une production nettement plus cossue.

L'Angleterre

- THE RAVEN / L'OMBRE DU MAL en ouverture du BIFFF et THE AWAKENING / LA MAISON DES OMBRES comme Corbeau d'Or prouvent que le gothique est de retour - après WOMAN IN BLACK et avant le nouveau Tim Burton.

- ELIMINATE ARCHIE COOKSON ose un rythme plus posé et un décalage temporel : à l'exception d'un GSM, tout l'univers de ce film situé dans le monde de l'espionnage émarge aux années '70, comme pour le splendide LA TAUPE. Cependant, il nous a sembléinabouti et maladroit. Son acteur principal a cependant obtenu une mention pour l'excellence de sa prestation.

- l'anglo-irlandais RETREAT nous livre une sorte de préquelle aux films d'infectés. Il s'agit ici d'un huis-clos entre un couple coupé du monde sur une île et un dangereux personnage prétendant que le reste du continent est la proie d'un terrible virus.

- on ne s'étendra pas sur PANIC BUTTON, à l'argument stupide : un tueur enferme dans un avion les gagnants du concours d'un site de socialisation et les manipule par écran interposé. Rien ne tient en place dans ce fatras.

- THRUTH OR DARE est le seul vrai torture porn de cette édition - ce genre est-il en recul ?- et se révèle tout à fait correct. Il partage avec PANIC BUTTON le motif de l'enfermement de personnages par un tortionnaire qui cherche à se venger d'eux.

L'Italie

Le BIFFF a presque toujours suivi la carrière pourtant déclinante de Dario Argento... mais s'est cette fois abstenu de programmer son DRACULA 3D... qui aura les honneurs d'une projection de minuit au festival de Cannes

- Il nous reste THE ARRIVAL OF WANG qui prouve d'une part que l'Italie n'est toujours pas prête à revenir aux affaires et d'autre part qu'il est périlleux de faire de la SF avec un petit budget.

- On citera aussi THE BUTTERFLY ROOM, coproduction italo-américaine, tournée par un italien mais aux Etats-Unis. Le résultat n'a rien de latin dans la forme, peut-être plus dans le fond : le rapport pervers à la parentalité. Il remet en selle Barbara Steele... dont la carrière avait été lancée 50 ans plus tôt par le gothique italien (LE MASQUE DU DEMON, LA DANSE MACABRE, L'EFFROYABLE SECRET DU DR HITCHCOCK, LA SORCIERE SANGLANTE, LES AMANTS D'OUTRE-TOMBE...). Le BIFFF en a profité pour rendre hommage à cette grande dame du cinéma de genre.



Allemagne et Suisse

- La déréliction issue de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie porte chance au BIFFF, naguère c'était LIFE AND DEATH OF A PORNO GANG et A SERBIAN FILM, cette année c'est la traite humaine de THE WHISTLEBLOWER (production canado-allemande) qui se voit primée par le jury des thrillers.

- De Suisse, SENNENTUNTSCHI : CURSE OF THE ALPS doit attendre sa dernière demi-heure pour quitter le format télévisuel. Le slasher ONE WAY TRIP est une pure daube. Heureusement, le niveau est relevé avec le joliment poétique THE SANDMAN.

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2012.

Lire notre news sur le palmarès

Philippe Delvaux
01/05/2012
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