Black Christmas


ORIGINE
Canada
Black Christmas Affiche

ANNEE
1974
REALISATION

Bob Clark

INTERPRETES
Olivia Hussey
Keir Dulley
Margot Kidder
Marian Waldman
John Saxon
Critique Black Christmas
{Photo 1 de Black Christmas} En elle-même BLACK CHRISTMAS est une oeuvre originale car elle constitue l'un des premiers slashers de l'histoire du cinéma. C'est ce film qui a généré le syndrome HALLOWEEN et autres VENDREDI 13 (la voix au téléphone, le tueur filmé en vue subjective...) Le film de John Carpenter entretient un rapport très étroit avec celui de Bob Clark. Mais il serait réducteur de n'associer à son réalisateur, Bob Clark, que ce film. N'oublions pas qu'en 1973, il nous avait livré le très grand DEAD OF NIGHT (LE MORT VIVANT), CHILDREN SHOULDN'T PLAY WITH DEAD THINGS (1972) ou les deux PORKY'S (respectivement réalisés en 1982 et1983). Notons que Bob Clark joue également dans BLACK CHRISTMAS en interprétant la voix du tueur au téléphone.

A la veille de Noël, un foyer pour étudiantes est la proie d'appels téléphoniques anonymes. Un individu pénètre dans{Photo 2 de Black Christmas} l'institut et assassine l'une des pensionnaires dont il dissimule le cadavre dans le grenier. L'absence de la jeune fille inquiète les colocataires mais la police ne se presse pas pour enquêter...

Dès le début du film, on ne peut s'empêcher de penser au HALLOWEEN de John Carpenter tant les plans sont quasiment similaires. Le tueur est filmé en vue subjective, mais là où le métrage de Carpenter se démarque de son aîné, c'est justement, dans la vue subjective (on voit le découpage des yeux, ce qui renforce encore plus l'identification au tueur). Le reste du film se maintient dans l'esprit des slashers moyens. Bob Clark prend le temps d'installer son atmosphère de terreur : la maison de jeunes filles (une maison de Toronto à l'architecture de type victorien), l'action se déroule de nuit (d'ailleurs la lumière est inexistante durant tout le{Photo 3 de Black Christmas} métrage), on ne voit le tueur qu'à la fin...

Le réalisateur voulut choisir lui-même ses acteurs afin qu'ils correspondent au mélange de ton qu'il cherchait à instaurer. Il pensait notamment à Bette Davis, Edmond O'Brien ou Malcolm Mcdowell. Mais le destin en décida autrement (l'argent en fait). Il prit donc Olivia Hussey (ROMEO ET JULIETTE de Franco Zeffirelli,1968, CA de Tommy Lee Wallace,1990), Keir Dulla (le mythique 2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE -1968), Margot Kidder (SOEURS DE SANG de Brian De Palma,1973, AMYTIVILLE de Stuart Rosenberg,1979) et l'immense John Saxon (LES GRIFFES DE LA NUIT de Wes Craven, 1984, OPERATION DRAGON de Robert Clouse,1975).

BLACK CHRISTMAS tire en effet certains de ses charmes de personnages quelque peu fous, mais tellement sympathiques. Imaginez si Bette Davis avait joué le rôle de la directrice du foyer,{Photo 4 de Black Christmas} alcoolique notoire qui dissimule des bouteilles de gnôle un peu partout dans la maison (surtout dans la cuvette des toilettes). Margot Kidder s'amuse à incarner une étudiante blasée qui multiplie les plaisanteries douteuses. Mais, derrière ce côté comique se cache un message social sur la génération post-hippie (le rapport entre le père de la première jeune fille disparue avec cette dernière). Bob Clark aborde aussi le sujet de l'avortement (par ailleurs toujours d'actualité), la protagoniste devant choisir entre poursuivre ses études ou fonder une famille. Tous ces thèmes ancrent le film dans une réalité profonde et lui confèrent un vrai sens, ce qui aide le spectateur à s'identifier aux acteurs(trices) et ainsi intensifie le côté horrifique du métrage (chose qu'il n'y a pas dans les oeuvres post-HALLOWEEN).

La musique est très peu présente sur la bobine, voire totalement absente. A certains moments, cela renforce le côté effrayant du film, de par son réalisme nu. Les seuls bruits que l'on entend sont les craquements du plancher ou le vent soufflant dans les arbres. Tout cela rend la maison, en quelque sorte, vivante. La tension est permanente, accrue par le réalisme dont fait preuve Bob Clark mais aussi, et surtout, par le générique de fin qui constitue l'apothéose, le point d'orgue du film.

Initialement baptisé SILENT NIGHT, DEADLY NIGHT, Bob Clark réalise un film culte qui a servi de modèle à moult films (de HALLOWEEN à VENDREDI 13 en passant par DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT ou, plus récemment, SCREAM), posant ainsi les bases du slasher. Un remake est d'ailleurs sorti en décembre 2006 mis en scène par Glen Morgan (WILLARD-2003) bien en deçà de son illustre prédécesseur.

Mickaël BenAyen
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Mickaël BenAyen
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