Black Devil Doll


ORIGINE
Etats-Unis
Black Devil Doll Affiche

ANNEE
2007
REALISATION

Jonathan Lewis

INTERPRETES
Heather Murphy
Natasha Talonz
Christine Svendsen
Erika Branich
Critique Black Devil Doll
{Photo 1 de Black Devil Doll} Un film mettant en scène une poupée black vicelarde à l'humour ravageur et au débit verbal façon Eddy Murphy dans la défunte série d'animation LES STUBBS a de quoi donner envie. Si en plus on nous garantit un certain quota de gore et plein de filles dénudées, l'attente se fait encore plus insupportable et l'idée même d'un chef d'œuvre déviant vient caresser le cervelet palpitant de tout fan qui se respecte. Las, BLACK DEVIL DOLL s'avère malheureusement être un non évènement majeur dont seul le générique de début s'avère réussit.

Violent militant des droits des Noirs, accusé du viol et du meurtre d'au moins quinze femmes blanches, Mubia Abu Jabal a été exécuté voilà quelques années. Un soir, la jeune et gironde Heather décide de s'amuser avec sa planche Ouija{Photo 2 de Black Devil Doll} . C'est là qu'elle entre en contact avec l'esprit errant de Mubia qui profite de cette passerelle pour s'incarner dans une poupée appartenant à la demoiselle, devenant ainsi Black Devil doll. Dès lors, les deux vont devenir amants, mais quand les gros besoins sexuels de Mubia vont pousser Heather à contacter quelques unes de ses copines aux mœurs légères, les choses vont se dégrader.

Oui, on peut réussir un film fauché en étant presque des amateurs et rater dans les grandes largeurs un soi-disant film A nanti d'un budget équivalent à celui d'un petit pays d'Europe de l'est. En cinéma, il n'y a pas de règles et l'on peut donc aussi fatalement rater un film au budget quasi-inexistant. C'est ici le cas avec BLACK DEVIL DOLL. Fabriquants de T-Shirt sympathiques{Photo 3 de Black Devil Doll} à la gloire de tout un pan de la culture undergroud via leur entreprise RottenCotton, les frères Lewis se sont ici improvisés respectivement producteurs et réalisateurs, preuve que même avec la meilleur volonté du monde, certaines choses ne s'improvisent pas. Passé un générique de début situé esthétiquement quelque part entre JAMES BOND et SHAFT, le film se perd dès l'introduction du personnage de Heather par le biais de son décolleté mal maquillé et mal éclairé filmé en gros plan, dans les méandres de l'amateurisme hasardeux et vulgaire. Cette esthétique de porno amateur ne quittera plus le film, malgré la volonté GRINDHOUSE (au sens de l'expérience Tarantino/Rodriguez) de donner à l'image une patine années soixante-dix. Lorgnant du côté drôle et décontracté des{Photo 4 de Black Devil Doll} films de Russ Meyer, Jonathan Lewis ne produit ici que la vulgarité évitée par le maître des grosses poitrines. Tout ce qui était sincère et vrai chez Meyer est ici cynique et faux, à commencer par la plupart des seins exhibés. Nanti d'un humour lourd et douteux (le jeu de mot sur le prénom de l'activiste noir rappelle celui de Mumia Abu Jamal, un condamné qui a toujours clamé haut et fort son innocence) amené sans aucune pertinence, BLACK DEVIL DOLL fait penser à une blague de sale gosse énervé qui, trop en colère pour réfléchir, balance littéralement sa rage au spectateur, dans n'importe quel sens et pour ne rien dire. Laid et idiot, ce film est l'exemple même de la bande qui risque de faire du tort aux péloches hallucinées et hallucinantes qui produisent du sens même si ce n'est juste pour faire passer du bon temps au spectateur, ce qui est déjà un signe de sincérité et de respect. A force de tirer maladroitement à boulets rouges sur tout et n'importe quoi (le porno-gonzo, les clips à la gloire du gangsta-rap, les films d'horreur de série B...), à en rajouter dans la provocation gratuite (qui n'a plus rien de choquant car tout et même pire est visible sur le net) les auteurs de BLACK DEVIL DOLL se tirent d'abord une balle dans le pied et se coupe de leur public en s'en moquant ouvertement par le biais d'une irrévérence crasse et cynique. Creux et irregardable, BLACK DEVIL DOLL fait partie des rares films qui transformerait un inconditionnel du genre et du bis en un amateur éclairé du cinéma bobo financé par l'état français.

Nassim Ben Allal
13/04/2010
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Sueurs Froides.fr > Critique > Indie Eye
AUTEUR DE L'ARTICLE: Nassim Ben Allal
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