Blood Rayne


ORIGINE
USA, Allemagne
Blood Rayne Affiche

ANNEE
2005
REALISATION

Uwe Boll

INTERPRETES
Kristanna Loken
Michael Madsen
Matthew Davis
Udo Kier
Meat Loaf
Critique Blood Rayne
{Photo 1 de Blood Rayne} Uwe Boll est devenu en une demi-douzaine d'années un véritable cinéaste culte dont les films sont systématiquement attendus par une poignée de critiques zélés. En effet, le bonhomme est victime d'une véritable cabale qui, honnêtement, tient davantage de l'acharnement stupide que d'un véritable souci d'informer. D'autant que ses films sont souvent descendus avant même d'être visibles sur les écrans, belle preuve d'objectivité relayée par une cohorte d'imbéciles du Net ayant la souris facile. Ses quatre long-métrages adaptés de jeux vidéos ont ainsi été laminés par la critique: le BLOODRAYNE qui nous occupe aujourd'hui, ALONE IN THE DARK, IN THE NAME OF THE KING et, surtout, HOUSE OF THE DEAD - pour lequel certaines personnes n'hésitèrent pas à parler de plus mauvais films de zombies de tous les temps. Mais ces andouilles n'ont sans doute jamais entendu parler de ZOMBIE LAKE, VIRUS CANNIBALE ou LA NUIT FANTASTIQUE DES MORTS VIVANTS. Certains allèrent plus loin encore en comparant Boll à Ed Wood, ce qui est aberrant car le bonhomme possède un savoir-faire technique beaucoup plus développé que son homologue des « fifties ». Il est donc temps de prendre la défense de Uwe Boll et d'envisager ces m{Photo 2 de Blood Rayne} étrages en tant qu'œuvres, avec leurs défauts évidents mais aussi leurs qualités.

BLOODRAYNE commence par un joli générique et nous projette rapidement dans un monde moyenâgeux fantaisiste où les pauvres paysans sont exploités par des seigneurs félons et où l'on craint les vampires. On a vu des univers mieux définis mais on se contentera de ce « background » sommaire et, à vrai dire, suffisant pour suivre une intrigue embrouillée et malheureusement peu palpitante. L'héroïne, Rayne, est pour sa part une « dhampire » (un hybride mi-femme mi-créature de la nuit) prisonnière d'un cirque dont elle finit par s'échapper. Elle se retrouve ensuite à jouer le rôle principal dans une quête traditionnelle qui reprend tous les éléments de la « fantasy »: talismans surpuissants, pouvoirs magiques, paternité difficile et apprentissage de valeurs vaguement chevaleresques...

Il est évidemment possible de critiquer BLOODRAYNE, mais la plupart des piques adressées à ce film le sont pour de mauvaises raisons. Le scénario est simpliste? Pas plus que dans des adaptations de jeux vidéos mieux nanties et plus réputées, comme RESIDENT EVIL. Le scénario est donc à la fois confus, peu travaillé et sans grand i{Photo 3 de Blood Rayne} ntérêt - mais les séquences se succèdent avec une énergie qui compense les faiblesses du script. Le cinéaste, pour sa part, ne se prive jamais de cadrer une scène "érotique" inutile ou un spectacle sanglant. Mais son souci est de divertir un public que l'on imagine volontiers mâle et adolescent. Et, forcément, le marché de l'exploitation demande ce genre de considérations trop décriées dans le cinéma d'auteur. L'héroïne est d'ailleurs vêtue d'une tenue cuir moulante fantasmatique que l'on imagine davantage appropriée dans un post-apocalypse italien « bisseux » des années 80 plutôt que dans un métrage censé se dérouler à l'époque médiéval. Mais qu'importe, le divertissement est assuré.

Parmi les faiblesses évidentes, il faut néanmoins citer les médiocres performances des acteurs. Le plus douloureux étant sans doute de retrouver le distingué Ben Kingsley dans un rôle aussi ridicule que celui du Grand Méchant - une vraie caricature. Le reste de la distribution n'est pas franchement plus convaincant, loin de là. Mais la présence de Michael Madsen, Udo Kier ou Meat Loaf assure un bon niveau de joyeux cabotinage, finalement plus amusant qu'irritant. L'héroïne, Kristinna Loken (la "Terminatrix" de{Photo 4 de Blood Rayne} TERMINATOR 3 et la série "pour les filles" L WORLD), est pour sa part une jolie demoiselle sexy qui joue assez mal. Mais on ne lui demande pas non plus de réciter du Shakespeare et sa prestation, très physique (dans tous les sens du terme), s'avère elle aussi agréable à regarder.

Dommage aussi que l'on relève en milieu de métrage un gros ventre mou d'une vingtaine de minutes, car le rythme est, dans l'ensemble, plutôt enlevé et ne laisse pas trop le temps de souffler. Faut dire que le quota de barbarie (viols et massacres s'enchaînent avec une complaisante vulgarité rarement vues depuis que Joe d'Amato et Bruno Mattei nous ont quittés !) est élevé et quasiment continuel. Un bon point.

Au niveau des combats, ce n'est pas trop ça du point de vue des chorégraphies, qui semblent souvent un peu balourdes et mal dégrossies. Mais Uwe Boll a trouvé une technique imparable pour compenser ses carences et recueillir les suffrages des fans: Olaf Ittenbach. Le cinéaste allemand spécialiste des films gore jusqu'au-boutistes se voit ici bombardé responsable des effets spéciaux et, en dépit d'un léger parfum d'amateurisme (finalement plutôt bienvenu et très années 80 lui aussi), Ittenbach en donne à chacun pour son argent. La version « unrated » de BLOODRAYNE est ainsi une véritable boucherie à même de contenter le fan le plus acharné de gore qui tâche : gorges tranchées, décapitations, démembrements, ventres coupés d'où s'échappent les tripes, corps mis en pièces,...le film assure un spectacle d'une violence quasiment inédite dans une production de cette ampleur. Bref, ça déménage sévère et le sieur Ittenbach ne s'est pas assagi, bien au contraire. Le budget plutôt conséquent lui permet donc un grand moment de « fantasy » sanglante, finalement très réjouissante, comprenant un peu de sexe et beaucoup de violence.

Sans être aussi jouissif que HOUSE OF THE DEAD, ce nouveau Uwe Boll se révèle très largement supérieur à des daubes similaires telles que UNDERWORLD, RESIDENT EVIL 2 ou l'immonde VAN HELSING. BLOODRAYNE n'est sûrement pas un chef d'œuvre du septième art, mais il parvient à donner au spectateur ce qu'il est venu chercher. A savoir un gros délire « bis » plein d'action, de nudités gratuites, de combats et, surtout, d'effets gore. L'assurance d'un savoureux divertissement pour les amateurs du genre et un véritable cauchemar pour les cinéphiles coincés. Choisis ton camp, camarade!

Frédéric Pizzoferrato
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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