Bloody Parrot

Xie ying wu


ORIGINE
Hong Kong
Bloody Parrot Affiche

ANNEE
1981
REALISATION

Hua Shan

INTERPRETES
Jason Pai Piao
Jenny Liang
Tony Liu
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique Bloody Parrot
{Photo 1 de Bloody Parrot} Hua Shan a réalisé une vingtaine de long-métrages durant sa carrière qui s'étend du milieu des années 70 au tout début des années 90. Il travailla essentiellement pour la Shaw Brothers, une compagnie pour le compte de laquelle il livra quelques œuvres fort estimables comme FLYING GUILLOTINE 2 ou l'excellent et méconnu SOUL OF THE SWORD. Pour les rares spectateurs occidentaux qui connaissent son existence, Hua Shan reste toutefois associé au très culte SUPER INFRAMAN, un des produits les plus excessifs de la Shaw Brothers. Ce BLOODY PARROT permet d'aborder une autre facette du cinéaste et propose un spectacle ici aussi bien déjanté mais toutefois un poil plus sérieux et maîtrisé que l'imitation hongkongaise de Superman précitée.

BLOODY PARROT semble clairement, à l'image d'autres titres de la Shaw Brothers du début des années 80 (HOLY FLAME OF THE MARTIAL WORLD, BASTARD SWORDSMAN ou HIDDEN POWER OF DRAGON SABRE par exemple), annoncer le{Photo 2 de Bloody Parrot} virement radical du Wu Xia qui surviendra peu après avec la nouvelle vague du film de sabre. La Shaw Brothers, soucieuse de retrouver les faveurs du public, se lançait à cette époque dans une surenchère symbolisée par les productions érotiques et sanglantes basées sur l'utilisation de la magie noire. Quoique sous couvert des oripeaux du Wu Xia, BLOODY PARROT n'échappe pas à cette vague. Rythme alerte, combats aériens, armes fantaisistes, éléments fantastiques et même horrifiques, violences crues,...Le métrage de Hua Shan préfigure ce que seront les métrages hongkongais de la fin des années 80, tout en excès et en délires plus ou moins maîtrisés.

Pour apprécier à sa juste mesure un titre comme BLOODY PARROT il importe tout d'abord de laisser au vestiaire son esprit cartésien et de se laisser porter sans se poser de questions par un script soucieux d'en donner au spectateur pour son argent au niveau des rebondissements et des surprises. Car l{Photo 3 de Bloody Parrot} a cohérence n'est surement pas le souci majeur de Hua Shan, lequel préfère maintenir l'intérêt en usant de tous les subterfuges possibles plutôt que d'offrir un ensemble harmonieux. L'intrigue, en effet, apparaît au premier abord incompréhensible et les péripéties en roué libre n'aident guère à conserver un semblant de logique. Tentons cependant un début de résumé : un épéiste renommé se voit accusé du vol d'un trésor impérial. Notre homme entame donc une enquête et remonte la piste d'un mystérieux perroquet écarlate annonciateur de mauvais présage. Le chevalier atterrit finalement dans un bordel de luxe où il rencontre une étrange prostituée visiblement sous l'emprise d'une force maléfique. A partir de là l'intrigue qui gardait encore un semblant de cohésion vole un éclat et aux complots des clans et autres intrigues (tout droit sorties d'un film de Chu Yuan) s'ajoutent des éléments complètement zarbis : possession démoniaque, sorcellerie, va{Photo 4 de Bloody Parrot} mpire, etc. Ajoutons aussi que les premières minutes du métrage empruntent très largement d'un classique de la littérature fantastique, « La Main du Singe » de W.W. Jacobs (ayant déjà inspiré un sketch de l'anthologie RETURN OF THE DEAD produite par la Shaw deux ans auparavant) puisque cette fois un perroquet écarlate maléfique exhausse les trois vœux des mortels. Et, comme dans l'histoire de Jacobs, la cupidité du père entraîne la mort du fils que la mère souhaite ensuite ramener à la vie. Bref, une série d'influences diverses se retrouvent dans ce script labyrinthique qui n'oublie pas un twist final aussi fantaisiste qu'inattendu.

Hua Shan se lâche donc totalement et se complait dans un cinéma populaire à la « bisserie » assumée, n'hésitant pas à recourir aux éléments les plus racoleurs de l'exploitation pour appâter le chaland. BLOODY PARROT livre ainsi son lot de séquences peu ragoûtantes qui versent parfois carrément dans le gore. Soucieux toutefois de récompenser le spectateur et pas seulement de l'écoeurer, le cinéaste se permet aussi pas mal d'érotisme et use complaisamment de nudité gratuite et frontale. La belle Jenny Liang n'hésite donc pas à passer une bonne partie de son temps de présence à l'écran en tenue d'Eve et dévoile ses charmes avec une candeur et un naturel réjouissants. Citons aussi l'usage (suggéré) d'une perle de belle taille à laquelle la jolie demoiselle trouve un emploi...intéressant.

Chaotique, souvent incohérent ou difficilement compréhensible même pour le spectateur le plus attentif, BLOODY PARROT réussit toutefois à ne jamais se montrer ennuyeux en proposant un spectacle excessif où se croise le kung fu, l'érotisme, le fantastique, l'horreur, le gore et le thriller. Pour apprécier l'ensemble il convient donc de ne pas trop se préoccuper d'un scénario complexe et de se laisser porter par la fougue et l'enthousiasme délivré durant 90 minutes.

Frédéric Pizzoferrato
22/12/2009
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