Bloody Week-end


Bloody Week-end Affiche

ANNEE
2011
AUTEUR DE L'ARTICLE: Quentin Mazel
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Critique Bloody Week-end
{Photo 1 de Bloody Week-end} C'est dans la petite ville d'Audincourt dans le département du Doubs, qu'a lieu le Bloody Week-end. Cet événement propose aux passionnés de cinéma de genre de se retrouver du 8 au 10 juillet. Pensé comme une sorte de Comic Con du cinéma fantastique, le Bloody Week-end est un événement très américain dans sa forme. Discussions, débats et conférences sont avant tout à l'honneur. Mais c'est surtout en mettant en avant les maquilleurs, sculpteurs et collectionneurs que cet évènement se démarque des autres. Notons une magnifique reconstitution du bar à lait le Moloko d'ORANGE MECANIQUE, lieu qui accueillait les rencontres avec Dominique Pinon, Philipe Nahon et Alain Schlockoff.

Rencontre et partage sont ainsi les deux mots d'ordre.

L'événement s'ouvre sur une visite du musée Giger à Gruyère en Suisse. Le musée regroupe les créations de H.R Giger, comme naturellement la créature d'Alien. Des maquettes, des tableaux et des sculptures constituent le décor de ce musée. Ce décor, révélateur d'un imaginaire totalement cauchemardesque, allie bien souvent chair et technologie. Ils ne font qu'un, se fondent l'un dans l'autre, ce qui rend, bien souvent, les réflexions de Giger très proches de celles de Cronenberg.

Plusieurs conférences sur le zombie et le mort-vivant, les serials killers e{Photo 2 de Bloody Week-end} t le vampire furent organisées. Nous retiendrons en particulier celle de Michele L. Ferri qui donna un point de vue pertinent sur l'évolution du Zombie et ses différentes genèses dans le cinéma. Sans animer une conférence irréprochable, Michele a tout de même présenté un exposé sincère et très référencé. En effet, nous regretterons simplement l'omission du mort-vivant italien (Bava, Fulci, Bianchi, Girolami...), qui mérite réellement une place dans cet exposé, ainsi que l'absence de paragraphe concernant les Contaminés. Mais ces deux omissions ne sont pas gênantes quand on sait que le programme du Bloody Week-end impose un certain créneau légèrement étroit. Cependant, une réelle critique peut être faite à son exposé. En effet, la citation d'Anthropologue comme J. G. Frazer ou L. Morgan, considéré actuellement comme caduque, met son exposé dans une position délicate. Malgré ce défaut le cheminement et la réflexion restent pertinentes. La publication de son livre sur le sujet est donc à surveiller. Bérangère Soustre de Condat nous a, quant à elle, proposé une conférence sur les serials killers beaucoup plus universitaire. Elle a cependant la chance d'être ainsi plus claire. Mais c'est surtout son expérience en tant qu'anthropologue judiciaire qui a été très appréciée.

Conférence{Photo 3 de Bloody Week-end} s et tables rondes laissent aussi place à quelques projections, entre autres un hommage au très regretté Jean Rollin. Alors que son décès remonte à quelques mois, le Bloody Week-end a donc décidé de lui rendre hommage avec la projection du VAMPIRE NUE, ainsi que celle de plusieurs extraits de ses autres films.

La projection de trois autres longs métrages, OUVERT 24/7 de Thierry Paya, VAMPIRES de Vincent Lanoo et L'ORPHELINE AVEC EN PLUS UN BRAS EN MOINS de Jacques Richard, ont éveillé nos yeux de cinéphiles. Mais ce sont les deux derniers qui susciteront le plus d'enthousiasme.

Le métrage de Lannoo met en scène de jeunes reporters tournant un documentaire sur les Vampires de Belgique. Piquant et décalé, le réalisateur de STRASS fait montre d'une énergie typiquement belge qui se veut très proche celle de C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS. On découvre ainsi une communauté de Vampires parfaitement « intégrée » à la société. Ils se rendent utiles en particulier grâce à leur capacité de faire « disparaître » les indésirables de la société Belge. On nous présente ainsi un réel paysage social avec des codes, des normes et des valeurs tout à fait cohérent et bien souvent très drôle. Car oui, l'idée est bien de faire rire, et souvent de caricaturer notre société.

L'ORPHELINE AVEC EN PLU{Photo 4 de Bloody Week-end} S UN BRAS EN MOINS constitue la belle projection du Bloody Week-end. Une heureuse découverte, en particulier pour la participation de Roland Topor qui nous a fait très plaisir. Jack Richard met en scène l'histoire d'une jeune fille dont la particularité et de n'avoir qu'un seul bras. Tourné en noir et blanc, le film, hors de toute réalité chronologique, se permet tous les débordements de certaines passions cachées. Très théâtralisée, la mise en scène offre les acteurs au premier rang. Dominic Pinon, Jean-Claude Dreyfus, Melvil Poupaud le casting ainsi parfaitement adapté permet la délectation de cette histoire noire, et pas que par la couleur, mais aussi pleine d'humour et de rebondissements.

Le dernier film, OUVERT 24/7 de Thierry Paya, met en scène une suite de trois petites histoires articulées autour d'une trame générale. Le film construit à l'image de NECRONOMICON de Brian Yuzna propose trois histoires architecturalement proches de la légende urbaine. On passe d'un couple de cannibales à une ogresse, pour finir sur l'escapade de deux femmes partant à la recherche de leur idole. Trois parties complètement folles mais qui savant construire des ambiances plus complexes que le simple amusement visuel. Un grand bravo aux acteurs qui malgré le budget dérisoire de ce film, arrivent à faire vivre ces trois nouvelles écrites par Colin Vettier. Un petit regret sur l'esthétique du film, que le budget rikiki à rendu parfois proche du téléfilm. Ce film plein de bonnes intentions est toutefois à souligner et bien entendu à visionner.

Pour cette deuxième édition, le Bloody Week-end propose également une compétition de courts-métrages. Cette initiative totalement bienvenue permet de découvrir de belles réalisations comme TOUS LES HOMMES S'APPELLENT ROBERT de Marc-Henri Boulier ou encore MON PERE de Patrice Gablin. La sélection a été très hétérogène dans sa qualité et qui a permis de découvrir une réelle et vaste gamme de ce qui se fait actuellement.

Notons la présence d'Ari Lehman, premier interprète du grand Jason Voorhees. Il apporte avec lui une énergie américaine très appréciable. « Jason ne meurt jamais ! ».

Nous regretterons uniquement le trop grand nombre de « spectacles » qui ont parfois fait oublier pour quelle raison nous étions là, à savoir le cinéma. Cette convention reste dans tous les cas un nouveau rendez-vous très intéressant et plus qu'agréable par les découvertes et les rencontres qu'il peut nous apporter. Mais c'est surtout son ambiance chaleureuse et profondément humaine qu'il faut souligner. La conclusion est simple... A l'année prochaine !

Quentin Mazel
21/07/2011
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