Blue Ruin


ORIGINE
USA
Blue Ruin Affiche

ANNEE
2013
REALISATION

Jeremy Saulnier

INTERPRETES
Macon Blair
Devin Ratray
Amy Hargreaves
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique Blue Ruin
{Photo 1 de Blue Ruin} Dwight est un SDF qui survit dans une vieille voiture rouillée et criblée de balles. Un échoué de la société, mais sur qui veille avec compassion la police locale. Compassion qui tient au fait les parents de Dwight ont été assassinés dans cette même voiture dix ans plus tôt, ce qui l'a fait basculer dans la précarité. Aujourd'hui, l'officier de police a la difficile tâche d'annoncer à Dwight que Cleland, l'assassin, va être libéré. Dwight répare sa voiture et part en direction du pénitencier, en quête de vengeance.

BLUE RUIN est à la frontière du film de genre et du ciné d'auteur indépendant. Il prend un genre bien balisé, celui du film de vengeance, pour en tordre les conventions et le nourrir d'un propos propre qui louche vers le drame familial.

C'est sans doute ce qui a touché les sélectionneurs de la{Photo 2 de Blue Ruin} Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2013, qui ont accueilli le film de Jeremy Saulnier, avant sa reprise à l'Etrange festival 2013 et à Offscreen 2014. L'Etrange en profitait d'ailleurs pour proposer le précédent et premier essai de Jeremy Saulnier, MURDER PARTY.

BLUE RUIN, c'est la vengeance d'un Monsieur-tout-le-monde, d'un anonyme. Dwight est loin d'être le justicier implacable et invincible qui hante le genre. Ce n'est pas un tueur, il est maladroit... mais déterminé. Les épreuves l'aguerrissent.

Une scène, à première vue anodine, retient in fine notre attention, celle qui voit Dwight reprendre une apparence « normale ». Auparavant, il revêtait les atours du SDF traditionnel, barbe broussailleuse en tête. Par la suite, on le retrouve lavé, rasé de près, coiffé. Le voilà redevenu un américain lambda,{Photo 3 de Blue Ruin} avec une bonne bouille de voisin sympathique, le gars sans histoire des suburbs ou des petites villes américaines. On perçoit bien le propos de Saulnier : le dérapage nous guette tous. Il n'y a pas loin de la normalité à la monstruosité. La douleur et la rancœur peuvent transformer un homme.

On retrouvait ce genre de Monsieur-tout-le-monde qui pète un câble l'année dernière déjà dans l'excellente et iconoclaste comédie GOD SAVE AMERICA.

Face à Dwight, on retrouve une famille violente mais soudée, protégeant les siens - ou du moins, ceux qu'elle considère être vraiment les siens-, même s'ils ont commis un meurtre. Amorale, elle répond à la force par la force et ne se culpabilise aucunement de victimes collatérales.

Le très classique motif de l'assassinat permet de conduire à une conclusion pourle moins désespérée pour l'un des personnages de cette intrigue, le jeune frère de la famille Cleland. Ce ne sera pas la seule révélation, d'autres relatives à l'auteur du meurtre, auront préalablement contribué à noircir le tableau. Au final, Jeremy Saulnier démontre que la loi du Talion engendre pire que ce qui l'a enclenchée.

Avec le recul, BLUE RUIN laisse transparaitre une critique sociale, les Etats-Unis, aussi bien culturellement que politiquement, usent trop souvent d'une violence qui, au final, aggrave bien plus qu'elle ne résout un problème.

Ce point est encore appuyé par l'incapacité des divers protagonistes à endiguer la violence. Ils sont allés trop loin et ne peuvent - ne veulent ? - plus faire marche arrière ou signer une trêve. Il leur faut aller au bout de leur cheminement sanglant, et en payer l'exorbitant prix. Dwight, sa sœur, son neveu et toute la famille Cleland payeront l'addition, y compris, à un autre niveau le jeune Teddy Cleland dont on peut prédire qu'il finira comme Dwight, mais sans personne contre qui tourner sa hargne.

Mine de rien, ce petit budget du cinéma indépendant américain se rapproche par sa thématique de l'approche des bons polars que la Corée nous a délivré ces dernières années. Enfin un peu d'air frais dans le ciné de genre américain.

Blue Ruin sort en salles françaises et belges en 2014.

Retrouvez notre couverture du festival Offscreen 2014.

Retrouvez notre couverture de l'Etrange festival 2013.

Philippe Delvaux
25/09/2013
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