Body Count

Camping del terrore
Bodycount


ORIGINE
Italie
Body Count Affiche

ANNEE
1987
REALISATION

Ruggero Deodato

INTERPRETES
Mimsy Farmer
David Hess
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patrick Ficini
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Critique Body Count
{Photo 1 de Body Count} 15 ans après d'horribles meurtres, des jeunes viennent faire un séjour dans un camping désaffecté, hanté par une vieille légende indienne. Evidemment, le tueur reprend du service...

Ruggero Deodato, dans l'énorme interview que lui a consacrée Nocturno, ne semble pas porter BODYCOUNT dans son coeur. A ses yeux, face à un film aussi peu personnel, le réalisateur doit simplement livrer un travail technique aussi bon que possible. Ce psycho-killer au scénario-type tout à fait léger ne peut posséder quelque éclat que dans sa mise en scène. Que « Monsieur Cannibal » soit rassuré ! C'est d'une main très sûre et d'une efficacité redoutable qu'il a signé ce qui reste l'un des très bons psycho-killers des années 80, largement à la hauteur des meilleurs films américains du genre. Ce fut même l'un des rares sous-produits italiens à trouver alors grâce aux yeux de la critique spéc{Photo 2 de Body Count} ialisée, qui n'adorait rien tant que se gausser des oeuvres transalpines qui ne connaissaient pas encore leur réévaluation actuelle.

BODYCOUNT a tout d'un vrai psycho-killer américain, à commencer par ses décors naturels sur lesquels s'extasie à juste titre Deodato. Incroyable de penser que le film n'a pas été tourné sur place, aux U.S.A, tant le paysage fait couleur locale ! A part peut-être, et sauf erreur, une petite cascade italienne qui évoquera quelque souvenir aux amateurs de peplum et de western spaghetti. Seule la dynamique musique de Claudio Simonetti évoque les grandes heures de Argento et donne une connotation giallo au film. Peut-être aussi le sadisme de certaines mises à mort et la longue « corrida » pleine de tension qui prépare celles-ci. Une certaine esthétique dans les jeux de lames, aussi (un visage reflété sur l'acier).

Ce n'était ni la première{Photo 3 de Body Count} ni la dernière fois que le psycho-killer (aujourd'hui, et depuis SCREAM, on dit slasher sans que les journalistes aient jamais justifié ce changement de vocabulaire) quitte ses terres américaines pour toucher l'Europe. Si l'on excepte les précurseurs BAIE SANGLANTE et TORSO (qui ont assurément influencé les anglo-saxons, à commencer par VENDREDI 13), citons aussi, parmi d'autres, les espagnols LUNE DE SANG (un Jess Franco parait-il réussi) ou LE SADIQUE A LA TRONCONNEUSE de Juan Piquer Simon. Depuis le boom du cinéma de genre français (à l'aube du 21ème siècle), PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS ou BROCELIANDE peuvent s'ajouer à une liste assez courte mais plutôt agréable pour l'amateur.

BODYCOUNT ne brille pas par l'originalité de son scénario, cosigné Alessandro Capone (amoureux de l'horreur américaine qui fit le bon WITCHES) et Dardano Sacchetti. Notons néanmoins la bo{Photo 4 de Body Count} nne idée de la légende du shaman indien vengeur qui serait à l'origine des meurtres. Dommage qu'elle ne soit qu'excessivement peu exploitée. Cela introduit en tout cas un (petit) suspence supplémentaire : l'assassin est-il humain ou surnaturel ? Mais un scénario n'a pas besoin d'être original pour être bon, techniquement efficace. Celui-ci fonctionne parfaitement dans un jeu de la peur tout à fait maîtrisé. Même si c'est très clairement la mise en scène rentre-dedans de Deodato qui transcende son sujet, notamment par une caméra très mobile et l'impact de ses cadrages.

Parmi un casting de jeunots aussi inconnus que fâlots, on a la joie de retrouver Mimsy Farmer (4 MOUCHES DE VELOURS GRIS, quand même !) et David Hess (habitué des rôles de sadique depuis LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE). Répondent aussi présents Ivan Rassimov (ex pistolero made in Italy passé aux films de cannibales), l'excellent John Steiner (le big bad boy des CROC-BLANC) et Charles Napier, sacrée trogne de la (vraie) série B américaine.

Un psycho-killer se juge avant tout par la présence physique de son tueur et l'intérêt de ses meurtres. Si le tueur est ici bien peu terrifiant visuellement (ce masque de vieille femme ! heureusement que Deodato, très intelligemment, le montre moins que ses lames), les meurtres sont parfaits. Ils sont gore et violents (l'un ne va pas forcément avec l'autre), toujours précédés par des scènes « de peur » qui fonctionnent impeccablement. Les coups font souvent mal (un poignard planté dans une main, par exemple) et l'on est partie prenante avec les victimes, dont on partage la trouille bleue.

Dernier bon point : BODYCOUNT est sufisamment haletant pour que, frappé d'ennui, le spectateur ne passe pas le temps... à compter les cadavres !

Patrick Ficini
22/12/2009
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