Codex Atlanticus 20


Codex Atlanticus 20 Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2011
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique Littéraire Codex Atlanticus 20
Nouvelle édition du CODEX ATLANTICUS, la vingtième pour être précis. L'Anthologie permanente du fantastique (de tous les fantastiques pourrait-on dire) est toujours un moment attendu dans la vie du fantasticophile amateur de bonne littérature. On sait en effet le bon goût et les excellents choix, généralement, de LA CLEF D'ARGENT, une toute petite maison d'édition qui n'a rien, mais absolument rien, à envier aux plus grandes, qualitativement parlant.

Bien sûr comme dans toute revue ou recueil de nouvelles, tout ne plaira pas à tout le monde. C'est naturel : dans ce contexte il en faut justement pour tous les goûts.

Cette année, nous retiendrons plus particulièrement quelques textes comme l'émouvant A L'ABANDON. Stéphane Mouret, co-créateur du célèbre Club Diogène, évoque ici, dans un style complètement différent, des thèmes aussi forts que la vieillesse, la solitude, la culpabilité et, bien sûr, la mort. Quoi de mieux que le fantastique d'atmosphère pour traiter ce sujet des personnes âgées qu'on traite comme des morts-vivants alors qu'elles sont encore bien vivantes, comme nous ? L'écriture est belle, jamais larmoyante mais constamment émotionnelle, et la fin a quelque chose de marquant.

REQUIEM POUR UNE LICORNE est tout aussi beau. On peut faire confiance à Sylvie Huguet pour évoquer la fin d'une créature féérique, après son plus que réussi DERNIER ROI DES ELFES (même éditeur). On pense aussi, et bien entendu, au joli classique du film d'animation LA DERNIERE LICORNE. Très beau début : « La licorne est morte cette nuit, ou peut-être ce matin, dans cet entre-deux où pâlissent étoiles et ténèbres ».

VENENEUX permet de retrouver le mystèrieux Nihil Messtavic en grande forme pour un récit vraiment sinistre et pessimiste. On préfèrerait presque le Messtavic nouvelliste que l'auteur plus célèbre des aphorismes qui l'ont consacré. Certains passages sont hallucinants : « Face à face, il me lança sans vergogne sa méphitique haleine au visage. Lorsque je levai les mains pour me défendre, sûr que de l'acide rongeait ma peau, les autres crurent que j'applaudissais et, simiesques, se mirent à frapper leurs mains l'une contre l'autre » (P.60)

Pour conclure, si LA COUSINE MAUDITE est sympa (Jean-Pierre Favard est aussi l'auteur d'un SEX, DRUGS ET ROCK'N'DOLE dont nous avons déjà dit grand bien ici), LE VISAGE DE LA BETE est carrément un sacré bon récit d'horreur moderne, sans bavure et sans concession. Pas étonnant que son auteur Romain Billot soit fan de Clive Barker et autres maîtres de l'horreur contemporaine. « Une créature hideuse, repoussante, aux poils hirsutes, s'attaquait sauvagement à lui. (...) Des griffes puissantes lacérèrent ses vêtements et les chairs tendres de son abdomen de buveur de bière, y ouvrant de larges brèches qui ne tardèrent pas à charrier des flots écarlates. (P.79)

Saluons encore la grande variété du fantastique présent en ces pages, signe de l'évidente ouverture d'esprit de La Clef d'Argent.

Notons aussi, et une énième fois, la très belle couverture de Tiffanie Uldry/Mélusine, un très grand talent qui s'attaque visiblement ici à au célèbre duo Coolter et Quincampoix, d'ailleurs présent aussi dans l'inévitable nouvelle finale de Philippe Gindre, grand patron de La Clef d'Argent et homme au goût très sûr.

Patryck Ficini
05/09/2011
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