Coffret Fudoh - Bird People in China


ORIGINE
Japon
Coffret Fudoh - Bird People in China Affiche

ANNEE
1996-1998
REALISATION

Takashi MIIKE

INTERPRETES
Shosuke Tanihara
Kenji Takano
Marié Jinno - Renji Ishibashi
Masahiro Motoki
AUTEUR DE L'ARTICLE: Michaël Guarne
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Critique Coffret Fudoh - Bird People in China
{Photo 1 de Coffret Fudoh - Bird People in China} Changement radical de ton et de sujet. Miike nous a jusque là habitué à des œuvres violemment folles, on sera donc surpris par le côté posé et la note poétique émanant de BIRD PEOPLE IN CHINA. Pour les fans de Kitano, on pourra dire que BIRD PEOPLE est à Miike ce que A SCENE AT THE SEA est à Beat Takeshi : un métrage hautement contemplatif.

On suit donc un jeune cadre, tout ce qu'il y a de plus classique, s'aventurer dans une région montagneuse du Yunnan, au sud de la Chine (à la frontière de la Birmanie, du Laos et du Vietnam). M.Wada, car c'est son nom, est chargé par sa société de trouver un gisement de jade. Dans son périple, il est accompagné de M.Ujie, un « yakuza sur le retour » comme il l'appelle lui-même. Ce dernier vient s'assurer qu'une part du butin reviendra bien à son clan. Ils sont épaulés par M. Shen, un guide leur servant également d'interprète.

Première impression : c'est chouette. Le tournage en décors naturels fait un effet immédiat au spectateur. Hideo Yamamoto, responsable de la photographie (ayant notamment bossé sur HANA-BI de Kitano), a fait du beau boulot. Ces monts brumeux nous donnent vraiment l'impression d'y être.

Mais revenons au scénario... Une fois sur place, la magie du site et la rencontre des gens du coin font oublier aux protagonistes la raison de leur déplacement. Ils font la connaissance d'une jeune femme qui apprend aux enfants à voler (il a vraiment la tête dans les nuages ce Miike...), elle-même l'ayant appris de son grand-père. Ils vont alors s'intéresser à elle et à ses histoires d'hommes-oiseaux.

Le réalisateur fait un constat simplet : l'Homme se perd dans des sociétés surindustrialisées et en oublie tout simplement de vivre. Toujours est-il qu'à l'écran on est loin d'une niaiserie écologiste à la Miyazaki (style Naüsicaa qui pleure parce qu'elle a marché sur l'herbe...). Ainsi, Miike oppose des plans filmés en accéléré au début, l'action se passant en ville, à des plans posés (mais pas de poseur !) par la suite, histoire de nous faire partager cette atmosphère paisible régnant en pleine nature du Yunnan.

Tel M.Shen qui perd la mémoire momentanément à la suite d'un choc, notre yakuza et notre cadre se laissent donc aller. Le mafieux se prend même à sourire et à jouer avec des gamins, ce qui n'est pas sans rappeler les gangsters des films de Kitano qui, plus d'une fois, retombent en enfance et passent le temps comme ils peuvent (parties de shifumi, feux d'artifices, jeux divers...).

La musique, quant à elle, colle bien au métrage mais ne s'écoutera, en revanche, pas sans lui. Un problème gavant cependant : les sous-titres blancs sur fond blanc sont assez fréquents dans le film et j'en connais qui rient jaune...

Au final, cette œuvre initiatique (telle LA BALADE DE NARAYAMA d'Imamura dont Miike a d'ailleurs été l'assistant réalisateur) se révèle être un film planant, un brin nostalgique et parfois drôle (ah, ce yakuza qui a la courante...). A voir sans problème.

Concernant FUDOH...

Mon petit doigt me dit qu'on a affaire à un film de yakuzas... Certes, le pitch est assez banal. Une guerre entre clans est à l'honneur et il va bien falloir trouver une solution afin de calmer un peu les esprits de ces messieurs les mafieux. Un des boss (Fudoh père) décide donc de ne pas y aller par quatre chemins et tranche la tête de son fils aîné pour couper court au problème. Malheureusement pour lui, Riki Fudoh, le fils cadet, a été témoin dela scène. L'action se déroule alors dix ans plus tard, lorsque ce dernier prépare sa vengeance envers son père ainsi que de toute la vieille génération de yakuzas.

Adapté d'un manga de Hitoshi Tanimura, FUDOH nous plonge dans un univers bien enlevé et le spectateur fait rapidement la connaissance d'un lot de personnages plus atypiques les uns que les autres. Accordons une mention spéciale pour les mômes tueurs ou encore l'adolescente hermaphrodite qui lance des fléchettes via son vagin !

Deuxième long métrage cinéma du bonhomme Takashi Miike (il a pondu de nombreux direct-to-video et séries télé auparavant et continue toujours d'en réaliser), FUDOH est parfaitement bien rythmé, à la limite de l'excellence. Malgré une musique anecdotique (de gros riffs saturés bien gras histoire de dire que Riki Fudoh, faut pas le faire chier), on se laisse d'emblée embarquer (mais sans jamais se faire mener en bateau...) dans ce monde sombre, barré où le gore côtoie l'humour noir. Car contrairement à d'autres Miike, FUDOH provoque le rire à plusieurs reprises et ce n'est pas plus mal (GOZU était tellement ennuyeux que je n'ai même pas réussi à en rire). Il faut voir cette espèce de géant se débarrasser de ses assaillants à grands coups de claques dans la figure ! Il faut aussi le voir taper dans une tête humaine en guise de ballon de foot !

Comme dans le génialement fou VISITOR Q, Miike traite de la famille et plus particulièrement de la relation père-fils. Une relation froide et indirecte. Les deux protagonistes échangent quelques mots par-ci par-là lors des repas. On préfère dissimuler ses sentiments plutôt que de dire ce que l'on pense (ah, je te jure, ces Japonais...). Tout ça finit forcément par péter, et moi, ça m'éclate... En effet, les morts des vieux chefs yakuzas sont tout aussi variées qu'hilarantes (ces gamins assassins sont drôlement efficaces).

Bref, parmi les huit métrages de Miike que j'ai eu l'occasion de voir, FUDOH demeure celui que je place au-dessus du lot, l'originalité de l'œuvre tenant plus aux personnages uniques qu'au scénario en lui-même. Loin de l'ennui mortel de GOZU, FUDOH est un film qui se regardera et s'appréciera sans problème. Dommage que l'image soit seulement correcte et qu'il n'y ait aucun bonus proposé, mais je ne vais pas chipoter...

Michaël Guarne
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°24
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