Cold Eyes of Fear

Gli occhi freddi della paura


ORIGINE
Italie, Espagne
Cold Eyes of Fear Affiche

ANNEE
1971
REALISATION

Enzo G. Castellari

INTERPRETES
Gianni Garko
Giovanna Ralli
Frank Wolff
Fernando Rey
Julian Mateus
Critique Cold Eyes of Fear
{Photo 1 de Cold Eyes of Fear} Un avocat (Gianni Garko) et sa petite amie (Giovanna Ralli) sont retenus en otage par deux malfrats dans la maison de l'oncle du premier (Fernando Rey). Le chef des bandits (Frank Wolff) veut récupérer des documents et se venger de l'oncle, un juge qui l'a fait condamné à la prison.

COLD EYES OF FEAR est un thriller tendu, à l'américaine, qui se déroule en huis-clos et l'espace d'une nuit. Rien à voir avec un giallo à la Argento. Castellari ne s'y est hélas jamais risqué, peut-être par désintérêt pour le genre, peut-être parce qu'il cartonnait dans le polar, avec Franco Nero ou Fabio Testi.

Notons quand même l'exception de la première scène, très Sergio Martino, où un mystérieux personnage fout la frousse à Karin Schubert, le couteau à la main. Un{Photo 2 de Cold Eyes of Fear} jeu sadique et érotique, très bien filmé par Enzo Castellari, qui est en fait une réprésentation de théatre sexy. Tout ça pour ça. Paradoxalement, aussi gratuite soit-elle, c'est la meilleure scène d'angoisse du film entier, avec, peut-être, la fin brutale et même sanglante qui montre nos victimes affronter leurs ennemis.

Pratique courante, le huis-clos est brisé sporadiquement par des flash-backs ou par des scènes qui se déroulent ailleurs, principalement dans le bureau du juge. Les apparitions de ce grand acteur qu'est Fernando Rey sont malheureusement inintéressantes au possible. Sauf à la fin, où elles impliquent un réel suspence : le juge va sortir de son bureau mais Frank Wolff a placé une bombe qui risque d'exploser quand il ouvrira la porte...{Photo 3 de Cold Eyes of Fear} Ou quand son chat s'y faufilera ! Dommage cependant de voir Fernando Rey gâcher ses brillantes capacités en cachetonnant ainsi. N'importe quel acteur médiocre aurait pu remplir ce rôle aussi bien.

Les interactions entre Frank Wolff, son complice, et leurs victimes sont plus excitantes sans s'avérer passionnantes. On est un peu dans un esprit MAISON DES OTAGES (film-phare de William Wyler qui en inspira bien d'autres), même si Castellari dit s'être inspiré plutôt de SEULE DANS LA NUIT, de Terence Young. Regrettons cependant une réalisation d'une lourdeur souvent pachydermique. Castellari appuie ses gros effets (quand Rey s'interroge sur la phrase latine prononcée par Garko au téléphone pour l'avertir ; quand tous les personnages rejouent le jugement de{Photo 4 de Cold Eyes of Fear} Wolff en criant « coupable ! », c'est mauvais et ça n'en finit pas...). Castellari dépasse même le maniérisme qui a habituellement court dans le bis italien (et qui fait son charme). Dommage car Castellari fut un sacré réalisateur de westerns et de polars violents (deux titres parmi d'autres : KEOMA et UN TEMOIN A ABATTRE).

Frank Wolff, quelques temps avant son suicide, s'acquitte fort honorablement de sa tâche. Pas de doute il était doué pour jouer les méchants (il tenait un rôle proche dans LA BETE DE LA CAVERNE HANTEE de Monte Hellman). Gianni Garko en victime, loin des Sartana, est plutôt fade comme il savait l'être sorti des westerns qui firent sa gloire. L'acteur, coiffé comme Pierre Richard, ne fit guère d'étincelles dans le polar ou le giallo (L'EMMUREEE VIVANTE, LE BOSS). Giovanna Ralli est belle et sensuelle (l'un ne va pas forcément avec l'autre). Un peu comme une Monica Bellucci ante litteram, malgré une horrible coiffure certifiée d'époque dont elle est affublée jusqu'à ce qu'elle prenne une douche. Par contre, son rôle d'emmerdeuse un peu vulgaire ne la rend pas vraiment sympathique. COLD EYES OF FEAR n'a pas, il faut le reconnaître, de personnages à qui l'on peut s'identifier et l'on ne compatit guère avec les embêtements voire les souffrances de Garko, Rey et Ralli. Ce manque d'empathie nuit un peu à l'implication du spectateur dans une intrigue qui tient malgré tout la route.

Si, pour fonctionner, un thriller doit soigner ses méchants, il ne doit pas négliger pour autant ses victimes.

Patryck Ficini
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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