Cold skin

La Piel fria


ORIGINE
France, Espagne
Cold skin Affiche

ANNEE
2017
REALISATION

Xavier Gens

INTERPRETES
David Oakes
Aura Garrido
Ray Stevenson
AUTEUR DE L'ARTICLE: Clara Sebastiao
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Critique Cold skin
{Photo 1 de Cold skin} La Peau froide d'Albert Sanchez Pinol paraît en 2002 en Espagne. Troisième ouvrage de son auteur, ce roman trouve rapidement grâce aux yeux du producteur Mark Albela (BASIC INSTINCT 2, EXODUS : GODS AND KINGS) qui, durant douze ans, s'efforce de développer le film qui mettra en scène cette histoire singulière. Ce n'est qu'au bout de cinq années, en 2011, que Xavier Gens apparaît dans cette aventure de longue haleine. Contrairement à un grand nombre d'adaptations « librement inspirées de », COLD SKIN est un film au plus près de son matériau de base, selon la volonté de l'équipe qui l'entoure. Cause noble et légitime, mais également défi majeur, cette envie commune qui guide le tournage des effets spéciaux à la composition de la bande originale en passant par le scénario{Photo 2 de Cold skin} donne comme note majeure l'excellence et le soin absolu du détail. Les techniciens FX passent trois ans à élaborer l'aspect physique des créatures pour que celles-ci reflètent le plus fidèlement possible les descriptions du livre. La gestation du long-métrage commence en 2005, et s'achève par une mise à bas en salle en 2017, soit plus d'une décennie de travail pour que le film trouve grâce aux yeux de ses géniteurs.

L'auteur du roman, Albert Sanchez Pinol, est à la fois écrivain et anthropologue. Il séjourne à de nombreuses reprises en République du Congo, pays dans lequel il découvre une guerre civile qui semble encore ignorée du monde. Cette situation lui inspire un récit fantastique mêlant à la fois des questions géopolitiques, et des interrogations philosophiqu{Photo 3 de Cold skin} es profondes sur la condition humaine. Minorités et altérités d'une part, drame humaniste et recherche de soi de l'autre, La Peau froide explore les rapports humains et la confrontation à l'autre, à l'inconnu, au mythe du « sauvage ».

L'histoire se présente ainsi : Automne 1914, à l'aube de la première guerre mondiale, un jeune climatologue débarque sur une île déserte afin de remplacer son homologue mystérieusement disparu. Il découvre sur ce lieu, soi-disant inhabité, Gruner, un gardien de phare misanthrope et désaxé. Très rapidement, le jeune homme réalise qu'une faune grouille autour d'eux : animaux étranges ou créatures démoniaques ? C'est ce qu'il va très vite découvrir ...

À Lanzarote, péninsule des îles Canaries, le récit prend tout son sens. Le paysage d{Photo 4 de Cold skin} 'une incroyable beauté sublime chaque scène de l'œuvre. L'acier de l'écume et de l'océan impétueux, les couleurs pourpre sombre des pierres de lave, et une végétation rare et aride font de nos protagonistes les captifs d'une prison à ciel ouvert où l'ennemi n'est pas celui qu'on croit, où les véritables menaces sont la solitude, l'isolement et la désolation.

Au milieu de ce tumulte s'élève le phare. Véritable personnage à part entière, il domine l'atoll de toute sa grandeur délabrée. À la fois lieu sécurisant et enfermant, le phare représente ainsi l'espace mental du climatologue et du gardien. Ballotés entre la folie et la raison, ces individus sont les archétypes du héros tourmenté lovecraftien. Tout ramène à l'auteur : les créatures aquatiques, la nuit menaçante, l'insanité et les hallucinations. Rajoutez à cela un érotisme d'une inquiétante étrangeté et une romance décadente et vous obtiendrez la recette de ce film à mi-chemin entre LA FORME DE L'EAU et THE LIGHTHOUSE.

Neuf ans après FRONTIERE(S), Xavier Gens renoue avec son genre de prédilection : l'horreur. Mais, plus qu'un film d'horreur, COLD SKIN est un conte humaniste typique des productions franco-espagnoles. Le fantastique prend le rôle d'initiateur et de guide philosophique au travers d'un monde où l'humain, par sa condition, court à sa perte. Leçon de tolérance et d'empathie, COLD SKIN est une invitation à la prise de conscience sur les travers de l'humanité. Généreux et respectueux de son public, ce film signe un beau retour du réalisateur en salles obscures.

Clara Sebastiao
19/10/2019
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