Collections privées

Private Collections


ORIGINE
France, Japon
Collections privées Affiche

ANNEE
1979
REALISATION

Just Jaeckin
Shuji Terayama
Walerian Borowczyk

INTERPRETES
Laura Gemser
Roland Blanche
Yves-Marie Maurin
Hiroshi Mikami
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique Collections privées
{Photo 1 de Collections privées} Le cinéma érotique « chic » connu son heure de gloire durant les années '70 avant de décliner lentement, comme son contrepoint pornographique, lors de l'avènement des tournages au rabais et des sous-produits destinés au marché de la vidéo. COLLECTIONS PRIVEES appartient à la fin de cette déferlante d'œuvres « grand public » mixant plus ou moins adéquatement décors exotiques et séquences érotiques de bon goût. Une mode lancée par le succès colossal du EMMANUELLE de Just Jaeckin, photographe renommé célébré un temps comme le spécialiste de ce style de cinéma via HISTOIRE D'O, MADAME CLAUDE ou L'AMANT DE LADY CHATTERLEY. Nous retrouvons logiquement Jaeckin aux commandes du premier sketch de cette anthologie qui en compte trois, d'un intérêt fort variable.

Son segment, « L'île aux sirènes », met en valeur la plastique de Laura Gemser, une belle métisse qui, après une apparition furtive dans EMMANUELLE 2 joua dans une douzaine de décalques italiens du métrage de Just Jaeckin en incarnant Emanuelle (ou « Black Emmanuelle ») pour Joe d'Amato puis Bruno Mattéi. Visiblement peu rancunier de cette exploitation du personnage qui lui valu la célébrité, Jus{Photo 2 de Collections privées} t Jaeckin donne à Laura Gemser le rôle d'une belle indigène vivant en compagnie de ses trois charmantes amies sur une île perdue. Un jour, un naufragé échoue sur ce petit paradis tropical et les quatre demoiselles se chargent de s'occuper de lui en lui offrant alternativement leur corps et de la nourriture. Mais les belles cachent un secret qui pourrait bien être fatal à notre Robinson moderne.

Photographié avec beaucoup de soin, ce sketch privilégie la belle image, jouant de la lumière caressant les corps dénudés des actrices dans un environnement exotique paradisiaque. Soutenue par la musique efficace de Pierre Bachelet (qui rempile après ses compositions pour EMMANUELLE), l'intrigue évolue doucement vers une chute prévisible mais sympathique flirtant avec le cinéma d'horreur. Un segment sans prétention, à l'érotisme très papier glacé, mais non dénué d'humour, qui se suit plutôt agréablement.

Shuji Terrayama (ensuite réalisateur des FRUITS DE LA PASSION, une adaptation d'Histoire d'O avec Klaus Kinski) se charge pour sa part du second épisode de cette anthologie, intitulé « Glass Labyrinth ». Le scénario, complexe, semble trop riche pour la durée{Photo 3 de Collections privées} , même conséquente, du métrage (près de quarante minutes) et l'ensemble parait inutilement confus. L'idée générale tourne autour d'un homme, Akira, à la recherche de son enfance perdue symbolisée par les paroles d'une comptine que lui chantait jadis sa mère. Parallèlement à cette quête, notre héros tombe dans les filets d'une femme dérangée, nymphomane et peut-être un peu sorcière. De visions outrancières en fantasmes morbides, Akira se remémore divers épisodes de son existence. « Glass Labyrinth » constitue une expérience déroutante et étrange tant l'intrigue se révèle difficile à suivre, passant du présent au passé et du rêve à la réalité sans que le spectateur ne parvienne à s'y retrouver. L'effet, sans doute voulu, s'avère profondément déstabilisant pour le public occidental qui n'y comprendra certainement absolument rien. De plus, l'utilisation d'une voix off venant couvrir les dialogues et servant de narration constitue un choix douteux instillant une regrettable distance empêchant toute véritable implication. Cependant, la qualité visuelle exceptionnelle des tableaux proposés, sorte de délires fantasmatiques aux couleurs saturées et au symbolis{Photo 4 de Collections privées} me obscur en font une œuvre intéressante quoique rébarbative. Très éloigné de la simple exploitation mais tenté par les audaces du cinéma d'auteur radical et quasi expérimental, le segment, quoique riche en nudités et scènes explicites, se montre en définitive plus perturbant qu'érotique et tranche avec le premier sketch, plus typiquement racoleur mais sans doute plus « honnête » vis-à-vis du spectateur.

Le réputé Walerian Borowczyk (INTERIEUR D'UN COUVENT, LA BÊTE, CONTES IMMORAUX...) clôt cette anthologie avec « L'armoire », adapté d'une nouvelle de Maupassant. L'intrigue, située dans le Paris du XIXème siècle, tourne autour d'un gentleman déprimé offrant une forte somme d'argent à une prostituée pour passer toute une nuit à ses côtés. Le secret que la jeune femme dissimule dans une armoire va obliger le gentleman à la considérer autrement que comme une simple « distraction ». Borowczyk livre ici un petit sketch intéressant, quasiment dénué du moindre érotisme en dépit du sujet abordé, basé sur les dialogues et la confrontation entre deux mondes opposés, celui de l'homme de la haute société déprimé et celui de la prostituée tentant de survivre.

Plus intéressé par la critique sociale et la psychologie de ses personnages que par les aspects « sexy » de l'intrigue, le cinéaste maintient cependant l'intérêt par la qualité de sa photographie et la performance très convaincante de ses interprètes.

Si les trois sketches ont finalement très peu en commun (seul le premier semble posséder une véritable intention érotique, tempérée par un final versant dans l'horreur) et dénotent les intentions très différentes des cinéastes (Jaeckin joue la carte de l'exploitation tandis que Terrayama se drape sous le couvert de l'art et Borowczyk parait surtout intéressé par la critique sociale), COLLECTIONS PRIVEES démontre toutefois la science de la caméra des trois metteurs en scène qui, tous, livrent des images splendides à la photographie sans défaut.

Inégal, comme la plupart des anthologies à sketches, COLLECTIONS PRIVEES s'avère en définitive très peu érotique en dépit des sujets abordés et de la présence derrière la caméra de trois spécialistes du genre. Toutefois, le film se suit sans déplaisir et saura intéresser les cinéphiles plus portés sur les belles images soignées que sur la pure « sexploitation ».

Frédéric Pizzoferrato
13/03/2010
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