Colour from the dark


ORIGINE
Italie
Colour from the dark Affiche

ANNEE
2008
REALISATION

Ivan Zuccon

INTERPRETES
Debbie Rochon
Michael Segal
Marysia Kay
Gerry Shanahan
Eleanaor james
Matteo Tosi.
Critique Colour from the dark
{Photo 1 de Colour from the dark} Italie,1943. L'eau d'un puits contamine les habitants d'une ferme. La possession touche d'abord la femme du fermier (Debbie Rochon), puis sa jeune sœur muette... Personne n'y échappera.

Les progrès de Ivan Zuccon en 8 ans sont stupéfiants. On est loin aujourd'hui des balbutiements amateurs des débuts, déjà (vaguement) placés sous l'influence de Lovecraft (THE DARKNESS BEYOND et sa suite). COLOUR FROM THE DARK est un film profondément achevé. La réalisation est inventive et extrêmement soignée (cadrage, mouvements de caméra). La photographie est superbe (signée, comme le montage, par Zuccon, qui sait tout faire), très loin des efforts pourtant méritoires (maîtrise des éclairages) de ses précédents travaux en vidéo. COLOUR est un « vrai » film, professionnel de bout en bout. On imagine qu'il a dû bénéficier d'un bien meilleur bud{Photo 2 de Colour from the dark} get que le déjà esthétique THE SHUNNED HOUSE. En fait, tout semble parfait dans ce film : scénario mais aussi comédiens. Si tous ou presque sont excellents (Michael Segal, un habitué des productions Interzona, s'avérant le plus faible), attribuons une mention toute particulière à Debbie Rochon. L'actrice américaine fait complètement oublier sa réputation de scream queen ultra sexy souvent engagée pour sa plastique irréprochable. Même si on le savait déjà, elle démontre des talents de comédienne étonnants, dans un rôle de femme normale bientôt possédée par le Mal. Elle est magnifique de naturel en épouse du héros (Segal), sensuelle lorsqu'elle prend conscience de ses appétits charnels et démentielle dans un numéro à la Linda Blair. Très clairement, Debbie Rochon mériterait un prix d'interprétation pour ce rôle qui restera peut-être celui{Photo 3 de Colour from the dark} de sa carrière, même en dehors du cinéma de genre (à Cannes par exemple, on peut rêver).

COLOUR FROM THE DARK est la troisième adaptation de La couleur tombée du ciel, l'une des nouvelles les plus connues et les plus belles de H.P.L, après DIE MONSTER DIE, dans les sixties, et THE CURSE, supervisé par Lucio Fulci dans les années 80. Deux adaptations intéressantes qu'on oubliera peut-être (et à tort) à la vision du film remarquable de Ivan Zuccon. Pour l'anecdote, citons aussi Les puits de l'enfer, un roman de Graham Masterton qui s'en inspire largement.

Certains, comme d'habitude, verront une trahison de Lovecraft, puisque le film de Ivan Zuccon traite à sa façon la thématique du Maître de Providence. Si le concept de la décadence d'une famille envahie par les forces du mal est préservé, COLOUR FROM THE

DARK est{Photo 4 de Colour from the dark} avant tout un film de possession hyper efficace, avec des éléments chrétiens (Rochon qui crache sur le crucifix, les tentatives d'exorcisme par un prêtre...) éloignés de la mythologie créée par l'athée Lovecraft. L'idée que les femmes de la ferme soient contaminées/possédées en premier pourrait laisser soupçonner chez Zuccon une misogynie toute latine, d'origine chrétienne (Eve, Lilith). Il n'en est rien comme la fin le prouve.

COLOUR FROM THE DARK marque, pour ceux qui en doutaient, la consécration d'un très grand maître italien de l'horreur, sincèrement passionné par Lovecraft (comme le génial Stuart Gordon) mais qui sait s'en détacher pour faire du vrai cinéma horrifique, voire gore. Qu'on se le dise : après SMILE et SHADOW, qui trouvent les échos favorables de la presse spécialisée, le fantastique transalpin est de retour.

COLOUR FROM THE DARK narre la décomposition, physique et spirituelle, d'une petite famille de paysans dans l'Italie fasciste. Symboliquement, on peut y voir la désagrégation de la société italienne toute entière, corrompue par la mégalomanie de Mussolini. Le contexte historique est très simplement planté par le réalisateur : des avions allemands survolent le ciel, une juive se cache des nazis qui les traquent comme en terrain conquis.

Bien sûr, certains pourront trouver le rythme un peu languissant. En fait, Zuccon prend son temps pour installer une atmosphère délétère, soigne ses personnages comme un écrivain pourrait le faire (pas Lovecraft, qui avait d'autres préoccupations), veut instiller un sentiment de peur, voire de tristesse chez le spectateur.

Pas drôle d'être le témoin impuissant de l'auto-destruction de personnages attachants.

Patryck Ficini
03/04/2010
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Sueurs Froides.fr > Critique > Indie Eye
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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