Community


ORIGINE
UK
Community Affiche

ANNEE
2012
REALISATION

Jason Ford

INTERPRETES
Elliott Jordan
Jemma Dallender
Terry Bird
Ian Ralph
Paul McNeilly
Critique Community
{Photo 1 de Community} Isabelle et Will, deux étudiants en cinéma, partent en reportage dans une banlieue déshéritée. Leur objectif : témoigner de l'abandon par le pouvoir public d'une cité entière. L'objectif caché d'Isabelle : repérer pour le compte de son ex, un truand qui la fait chanter, une plantation d'un cannabis bien plus puissant que toutes les variétés connues. Sur place, la situation dépasse de très loin leurs attentes... mais les résidents ne voient pas d'un bon œil l'irruption de fouineurs.

Comme par retour de balancier dans ce pays de libéralisme effréné, le cinéma anglais dénote un intérêt tout particulier pour le social, et notamment le sort des déshérités. Ce thème s'exprime avec vigueur ces dernières années, que ce soit dans le drame, la comédie, ou, pour ce qui nous concerne, via l'horreur : de DEAD CRE{Photo 2 de Community} ATURES (Andrew Parkinson, 2001) naguère à HEARTLESS (Philip Ridley, 2009), OUTCAST (Colm McCarthy, 2010) ou CITADEL (Ciaran Foy, 2012, coproduction irlando-anglaise) plus récemment pour ne citer que quelques films passés au Brussel International Film Festival où COMMUNITY était programmé à l'édition 2013.

Micro budget, COMMUNITY est thématiquement assez proche de CITADEL, sans atteindre l'excellence de ce dernier. CITADEL nous fait ressentir la panique de son principal protagoniste, tandis que COMMUNITY reste plus extérieur à ses personnages, le duo d'apprenti cinéaste ne découvrant que petit à petit la vérité, sans ressentir ni nous faire partager une terreur identique.

CITADEL part de son protagoniste, dont il nous fait partager l'angoisse, pour ensuite construire autour de celle-ci l'environnement host{Photo 3 de Community} ile dans lequel celui-ci baigne, tandis que COMMUNITY introduit dans un milieu pathogène deux éléments externes, relativement naïfs.

Mais si CITADEL sort gagnant du jeu des comparaisons, COMMUNITY n'en reste pas moins tout à fait regardable. Dans les deux cas, la déliquescence sociale est absolue, la cité n'est plus l'organisation de la vie en communauté, mais son antithèse, une zone de destruction sociale, tournant en monstres ceux qui l'habitent, dans l'ignorance et le désintérêt de structures publiques devenues inexistantes ou démissionnaires. La ville, et donc la société, engendre la violence parce qu'elle n'est plus le lieu où se rencontre ses habitants, parce que le tissu économique ou social, trop mité, s'est effrité puis effondré et parce qu'il n'y a plus d'autorité chargé de veiller à l'intérêt commun. Community réussit donc à faire passer pour inquiétante sa banlieue pourrie, peuplée de drogués devenus fous.

Pour l'anecdote, cette première réalisation de Jason Ford est l'occasion d'une pique, lorsqu'un des protagonistes se plaint que tous ses condisciples de l'école tournent comme projet de fin d'étude un film de zombies [vue donc comme une solution de facilité, opposée à la noblesse de leur propre projet de reportage]. Les zombies ayant envahi un nombre incalculable de production ces dix dernières années, on entend en filigrane Jason Ford dire que d'autres genres permettent de débuter. On aurait d'ailleurs pu ajouter les found footages au rang de tarte à la crème du cinéaste de genre contemporain.

L'idée à la base du cannabis « spécial » mérite d'être relevée. [ATTENTION, SPOILER] Son caractère métaphorique n'échappera à personne : la drogue se renforce lorsqu'on la fait pousser sur de la terre imprégnée du sang ou des entrailles de personnes décédées. [FIN DE SPOILER] Accessoirement, cette idée induit une sorte de cannibalisme indirect.

Au casting, on signalera juste Jemma Dallander, quasi débutante ici dans le rôle d'Isabelle, car elle enchaine ensuite dans I SPIT ON YOUR GRAVE 2, suite du remake du film culte DAY OF THE WOMAN. Oui, outre les zombies, l'époque est aussi aux suites et aux remakes.

Community n'est pas un incontournable de l'horreur. Il reste cependant un honnête début, pour son réalisateur ou pour ses spectateurs.



Retrouvez notre couverture du 31ème Brussels International Fantastic Film Festival (BIFFF).

Philippe Delvaux
11/05/2013
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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