Compte-rendu Gérardmer 2013


Compte-rendu Gérardmer 2013 Affiche

AUTEUR DE L'ARTICLE: André Côte
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Critique Compte-rendu Gérardmer 2013
{Photo 1 de Compte-rendu Gérardmer 2013} Comme les Mayas se sont trompés et que la Fin du Monde n'a pas eu lieu, la ville de Gérardmer a pu devenir pour la 20e année consécutive un des lieux de rendez-vous des amateurs de films fantastiques et d'horreur. Pendant presque une semaine, la station de ski vosgienne a arboré le nom de Fantastic'Arts et a permis aux passionnés de côtoyer les professionnels.

Cependant, pour bon nombre de festivaliers, cette année a eu des allures de baroud d'honneur. La rumeur selon laquelle cette édition est la « der des der » continue de grossir au fil des ans, même si les organisateurs se veulent toujours rassurants. On ne peut nier que certains détails, comme l'absence de plusieurs stands, ont eu de l'impact sur l'activité commerciale. Néanmoins, des mesures telles que la réorganisation des Pass ont permis au public présent de rester enthousiaste. Cette procédure de 2012 consiste à répartir les Pass non seulement en fonction de la durée (Pass Festival, Week-End et Journée) mais aussi avec des priorités distinctes (interdiction d'accès à une salle, pour être prioritaire dans une autre). Autre similitude avec l'année précédente, l'absence de th{Photo 2 de Compte-rendu Gérardmer 2013} ématique pour donner une cohérence à la sélection des films en compétition. Il en résulte une programmation plus éclectique, peut-être trop, car la présence de quelques films a rendu perplexe plus d'un spectateur, ce qu'à fait remarquer le Président du Jury lors de la cérémonie de clôture. Une situation un peu embarrassante pour le Festival.

Un constat qui fait écho à un état des lieux de plus en plus flagrant. En effet, la programmation a bien du mal à rassasier les amateurs de film de genre venus récolter leur lot de frayeurs et d'hémoglobine. On imagine le désarroi des fantasticophiles qui se retrouvent devant des pellicules ressassant de sempiternels tourments psychologiques et où le paranormal n'apparaît plus qu'au détour d'une scène, telle une des lectures possibles de l'histoire.

On peut même noter un autre fait un peu saugrenu : l'hommage à l'acteur Simon Pegg. Non pas que ce dernier ne mérite pas notre attention, bien au contraire, son talent est largement reconnu dans la profession. Le souci concerne le caractère opportun de cet hommage. L'acteur est en pleine ascension (déjà un rôle marquant avec SHAWN OF THE DEAD et d{Photo 3 de Compte-rendu Gérardmer 2013} es apparitions dans les grosses productions), alors qu'une telle marque d'admiration supposerait que sa carrière serait, aujourd'hui, derrière lui. La logique de l'hommage aurait mieux convenu au Président du Jury des Longs-Métrages, Christophe Lambert, qui dépasse allègrement les 30 ans de carrière. D'ailleurs, sa présence est sans doute pour beaucoup dans le déplacement de plusieurs amateurs.

Pour le plus grand nombre, Christophe Lambert restera l'immortel Connor McLeod, le Highlander, l'Écossais qui traverse les siècles pour affronter d'autres immortels dans des duels dont la décapitation de l'adversaire est la seule issue. Mais la carrière de Lambert est remplie de bobines moins connues bien que tout aussi populaires chez les cinéphiles avertis : FORTRESS de Stuart Gordon, MORTAL KOMBAT de Paul Anderson ou encore BEOWULF de Graham Baker. Sans compter qu'avant d'être Connor McLeod, Monsieur Christophe Lambert avait déjà marqué les esprits dans un magnifique GREYSTOKE, LA LÉGENDE DE TARZAN de Hugh Hudson, où il incarnait le rôle éponyme, et qu'il a même contribué à lancer à carrière de Luc Besson en tenant la vedette de SUBWAY. ÀFantastic'arts, il a dû présider un jury composé en grande partie de personnalités représentatives du genre dans l'Hexagone : Xavier Gens (FRONTIÈRE(S)), Marine de Van (NE TE RETOURNE PAS), Xavier Palud (THE EYE), Nicolas Boukhrief (LE CONVOYEUR), Marc Caro (LA CITÉ DES ENFANTS PERDUS), Pitoff (CATWOMAN) et Pascal Laugier (SAINT-ANGE).

C'est à eux qu'incombait la tâche de récompenser les longs-métrages sélectionnés. Cette édition a donc mis les fantômes à l'honneur (MAMA, THE COMPLEX), suivi par les épidémies en tout genre (THE BAY), un délire lynchéen (BERBERIAN SOUND STUDIO), un slasher jubilatoire (YOU'RE NEXT) et même un post-apo aussi sobre qu'original (THE END). Mais les véritables événements se sont déroulés du côté des films hors compétition avec l'avant-première de CLOUD ATLAS des Wachowski (les créateurs de la trilogie MATRIX), un long-métrage au concept inédit et risqué (l'histoire n'obéit pas à une narration classique et la durée peut rebuter, mais les images sont d'une beauté stupéfiante et les réalisateurs ont bénéficié d'une totale liberté sur le projet). L'autre grand moment fut la projection du documentaire RAY HARRYHAUSEN : LE TITAN DES EFFETS SPÉCIAUX, où l'on voit des cinéastes tels que Peter Jackson, James Cameron ou encore Steven Spielberg (excusez du peu) rendre un hommage émouvant à une personnalité un peu oubliée maintenant, mais ô combien incontournable de la culture cinématographique.

La cuvée 2013 de Fantastic'Arts a donc offert son lot d'inquiétudes sur l'avenir du Festival, mais plusieurs surprises sont parvenues à tirer leur épingle du jeu. Il ne reste plus qu'à espérer une remise en question des critères de sélection pour que la prochaine session parvienne à retrouver un peu de couleurs et que les films puissent contenter les attentes du public. Le palmarès est d'ailleurs positif puisque le Grand Prix a été plébiscité par le public (MAMA a obtenu les deux prix) et le jury a voulu donné un coup de pouce à THE END tout saluant l'expérimentation de BERBERIAN SOUND STUDIO : ex-aequo pour le Prix du Jury, mais la critique a choisi BERBERIAN. Il se murmure déjà qu'un 21e est en cours de préparation. Est-ce la dernière chance pour le Festival, avant qu'une certaine lassitude ne se fasse sentir, même parmi les amateurs les plus fidèles ?

André Côte
23/02/2013
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