Conquest

Mace the Outcast
La conquista de la tierra perdida


ORIGINE
Italie, Espagne, Mexique
Conquest Affiche

ANNEE
1983
REALISATION

Lucio Fulci

INTERPRETES
Jorge Rivero
Andrea Occhipinti
Sabrina Siani
Conrado San Martin
José Gras
Gioia Scola
Critique Conquest
{Photo 1 de Conquest} En des temps révolus, sur une terre peuplée d'humains et de créatures hybrides, la destinée de deux hommes va les conduire à se rencontrer. L'un, le jeune Arias, se voit remettre un arc magique par le chef du clan, qui l'aidera dans sa quête devant le mener à affronter et défaire la sorcière Ocron, qui a réduit les hommes en esclavage et fait régner la terreur. L'autre, Mace, est l'archétype du héros solitaire, qui devra composer avec Arias pour l'aider à réussir sa mission, devenant peu à peu son père spirituel. Une quête initiatique pour le premier, existentielle pour le second, et un parcours semé d'embûches où le duo devra braver bien des dangers avant de parvenir jusqu'au repaire d'Ocron.

Le début des années '80 est marqué par quelques œuvres emblématiques, parmi lesquelles figurent MAD MAX (1 et 2), NEW-YORK 1997 et CONAN LE BARBARE. Cette période correspond avec le déclin du cinéma populaire italien, et des réalisateurs confirmés en mal d'inspiration vont donc « piocher » (et parfois plagier) au sein de ces futurs classiques du 7ème Art pour livrer en un temps record une flopée de films fantastiques, dans une thématique allant de l'heroïc-fantasy au post-nuke.

Ainsi, la sortie de CONAN THE BARBARIAN en 1982 est suivie, d{Photo 2 de Conquest} ans les mois qui suivent, de plusieurs succédanés rien que dans la péninsule italienne. Cela donne THOR LE GUERRIER (Tonino Ricci), SANGRAAL (Michele Massimo Tarantini), GUNAN IL GUERRIERO et IL TRONO DI FUOCO (Franco Prosperi) et la trilogie ATOR réalisée par Joe D'Amato (le troisième volet, L'EPEE DU SAINT GRAAL, ayant été tourné bien après la vague fantasy, en 1990). Et puis, il y a donc ce fameux CONQUEST, filmé par Lucio Fulci en personne, et qui se démarque nettement des autres films précités.

Et pas forcément pour le meilleur, au vu de cette œuvre qui est à CONAN ce que 2072 LES MERCENAIRES DU FUTUR sera à ROLLERBALL en cette même année 1983. Certes, il s'agit là de films de commande, qu'un cinéaste fatigué et déjà usé par la maladie a accepté de réaliser, mais il faut reconnaître que Lucio Fulci s'est ici particulièrement surpassé.

En effet, comment le spectateur peut-il réagir à la vision de scènes qui semblent sorties d'un esprit passablement tourmenté, en tout cas indignes d'un homme ayant réalisé par le passé tant de films remarquables. Des exemples ? Dans CONQUEST, on peut voir le héros (Mace, donc) se battre avec un nunchaku confectionné avec des pattes de lapin, un arc laser (une variante du sabre laser, en fait){Photo 3 de Conquest} , une sorcière masquée qui ne peut avoir des visions qu'après avoir fumé de l'opium et en ayant un python entre les jambes (à moins que ce ne soit un boa), des faucons en « vol géostationnaire », un homme de métal polymorphe et capable de se téléporter, Mace sauvé de la noyade par des dauphins... et un bestiaire incroyable constitué d'hommes loups, d'hommes ours, d'hommes chauve-souris, d'hommes taupes, d'hommes ornithorynques (quoique... non, peut-être pas, finalement). Rajoutons à ce joyeux mélange un budget fumigènes impressionnant, avec comme résultat une image vaporeuse à souhait, une brume quasi-permanente (peut-être pour cacher la misère) qui donne à l'ensemble une touche à la David Hamilton des plus incongrues.

Là, par contre, où l'on reconnaît la patte de Lucio Fulci, c'est dans la récurrence de scènes gore émaillant CONQUEST d'un bout à l'autre de cette histoire au scénario, par ailleurs, d'une simplicité limpide (deux hommes vont d'un point A à un point B, et sont régulièrement attaqués en chemin). Des touches d'horreur ayant comme point commun la mutilation et la putrescence des corps, un thème que l'on trouvera souvent dans l'œuvre de Fulci. Le metteur en scène n'épargne pas grand-chose au spectateur, proposant tour{Photo 4 de Conquest} à tour un homme scalpé, une femme écartelée puis arrachée en deux à partir du bas ventre, une secte cannibale décapitant ses victimes pour se repaître de leur cerveau, un homme-loup cuit vivant sur une plaque chauffante, sans oublier le passage où Ilias a le corps recouvert de pustules purulentes, d'énormes bubons desquels Fulci s'amuse à faire sortir un liquide à mi-chemin entre le sang et le pus (de préférence en gros plan).

Mélangeant l'horreur et la fantasy, avec une touche de science-fiction, CONQUEST est sans aucun doute l'ersatz de CONAN le plus atypique et le plus saugrenu parmi tous les succédanés du chef d'œuvre de Milius. Il réunit un casting dans lequel le spectateur n'aura même pas la chance de reconnaître certaines figures du cinéma-bis, ayant le visage masqué durant tout le film. C'est le cas de Conrado San Martin (L'HORRIBLE DOCTEUR ORLOF), qui incarne Zora, l'homme de métal ; José Gras (VIRUS CANNIBALE) dans le rôle de Fado, le chef des hommes loups ; et enfin Sabrina Siani, qui interprète la sorcière Ocron, le visage dissimulé par un masque de métal. L'actrice italienne, dont la carrière sera relativement brève, se sera essentiellement fait connaître dans ce créneau de l'heroïc-fantasy, puisqu'on la verra également dans GUNAN IL GUERRIERO, ATOR L'INVINCIBLE, SANGRAAL et IL TRONI DI FUOCO.

Pour en finir avec la revue d'effectif, Mace est campé par l'acteur mexicain Jorge Rivero, âgé de quarante-cinq ans à l'époque du tournage. Il a fait une belle carrière dans son pays, tournant inévitablement dans des films de catcheurs masqués, et pas mal de réalisations du spécialiste maison, René Cardona. Il connaîtra son heure de gloire en 1970, ayant un rôle important dans deux westerns ayant connu un grand succès : SOLDAT BLEU (de Ralph Nelson) et RIO LOBO (de Howard Hawks). Après, il rempilera dans des œuvres plus obscures, comme le très curieux EROTICOFOLLIA de Mario Siciliano.

Si l'on se penche sur la fin de carrière de Lucio Fulci (entre 1982 et 1991), on se rend compte que peu de films sont à sauver de la médiocrité. C'est triste tant l'homme aura su apposer un style tout autant personnel que brillant dans ses différents gialli et ses films d'horreur de la période 1979/81, sans oublier ses quelques incursions dans le western également réussies.

Cela étant, on ne sort pas indemne de la vision de CONQUEST. Mais aussi raté soit le film, c'est une expérience unique à laquelle le spectateur est convié, à condition évidemment d'être bien préparé.

Philippe Chouvel
12/02/2013
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Chouvel
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