Crying Fist


ORIGINE
Corée du Sud
Crying Fist Affiche

ANNEE
2005
REALISATION

Ryoo Seung-wan

INTERPRETES
Choi Min-sik
Ryoo Seung-beom
Jeon Ho-jin
Lim Won-hie
AUTEUR DE L'ARTICLE: Michaël Guarné
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Critique Crying Fist
{Photo 1 de Crying Fist} Que ce soit en Amérique avec NOUS AVONS GAGNE CE SOIR, RAGING BULL, ROCKY, ALI et MILLION DOLLAR BABY ou du côté de l'Asie avec KIDS RETURN et TOKYO FIST (Japon) et SOMEBODY UP THERE LIKES ME (Hong Kong) pour ne citer que ceux-là, les films qui ont abordé le thème de la boxe ne manquent pas, allant de la biographie la plus fidèle jusqu'à la fiction la plus déjantée. La Corée du Sud n'est pas épargnée par le phénomène puisque, il n'y a pas si longtemps, Kwak Kyung-taek a apporté sa pierre à l'édifice en signant CHAMPION. Ryoo Seung-wan, après une tentative d'hommage au kung-fu pian avec ARAHAN, décide lui aussi de mettre en scène des pugilistes en exposant avec passion les destins croisés de deux personnages à la dérive.

L'âme vengeresse dans OLD BOY, Choi Min-sik incarne ici Tae-shik, ancien boxeur médaillé d'argent aux Jeux Asiatiques de Pékin. E{Photo 2 de Crying Fist} ndetté jusqu'au cou, ce dernier se retrouve à la rue après que sa femme en ait eu marre de se faire frapper... Pour subsister, il s'improvise punching-ball humain : moyennant quelques wons, les passants peuvent le frapper et évacuer par là même leurs pulsions intérieures. Mais Tae-shik se doit de faire quelque chose de sa vie, au moins par respect pour son fils Seo-jin. Il se met alors en tête de participer à la ligue amateur afin de redonner un sens à son existence...

Sang-hwan est quant à lui un jeune complètement désorienté. Vivant encore chez ses parents, il rackette à droite et à gauche pour payer ses dettes. Un jour, il s'en prend à un bourgeois du quartier mais l'affaire tourne mal et il finit dans un centre de détention juvénile. Afin de canaliser sa rage, l'entraîneur de boxe de l'établissement lui propose de venir faire ses essais sur le{Photo 3 de Crying Fist} ring. Au fil du temps, l'énergique Sang-hwan fait ses preuves et gagne bien des combats ; mais un autre challenge l'attend : remporter la ligue amateur...

CRYING FIST est définitivement un film humaniste. Le réalisateur prend bien le temps d'exposer ses deux personnages principaux tout au long du métrage. Le spectateur finit même par s'attacher à ces deux têtes de mule de sorte que l'issue du combat final importe peu. Ils sont allés au bout d'eux-mêmes, ont relevé le défi qu'ils s'étaient imposé, se sont prouvé qu'ils n'étaient pas que des bons à rien... L'évolution des personnages, leurs motifs, leurs états d'âme : tout ceci constitue la vraie nature du film. L'affrontement de fin est beau, poignant et cru ; les coups sont portés mais ce n'est pas l'élément le plus touchant. Car nos deux compères en bavent réellement et nous avec, ce qui fait de{Photo 4 de Crying Fist} CRYING FIST un drame humain hautement émotionnel.

Preuve en est cette séquence où le père de Sang-hwan meurt d'un accident du travail... Un passage intense qui a d'autant plus d'impact qu'il arrive sans prévenir. La mise en scène glaciale, brute, fait l'effet d'un uppercut, métaphore parmi d'autres du combat mené par Sang-hwan et Tae-shik : un combat pour la survie au sein d'une société brutale. La violence est bien entendu physique dans un premier temps, des sensations corporelles radicales parfaitement ressenties par le spectateur grâce à de nombreux plans filmés caméra à l'épaule. Mais elle est également psychologique car la relation entre Tae-shik et sa femme n'est pas rose, ce qui donne lieu à des scènes tendues où le boxeur s'emporte rapidement après sa compagne...

Comme RAGING BULL pour Jake La Motta ou CHAMPION pour Kim Daek-gon, CRYING FIST se base sur des histoires vraies, celles du Japonais Akira Hareruya et du Coréen Seo-chol. Le premier tenait un restaurant dans la capitale nippone et fut endetté de plus d'un million de yens. Il a alors commencé à proposer ses services comme punching-ball humain dans le quartier de Kabukicho afin de rembourser la somme. C'est ainsi que pour 1000 yens, les gens pouvaient le frapper de toutes leurs forces, ce qui lui valut plusieurs séjours à l'hôpital... Quant au second, il était tout bonnement surnommé le Tyson Coréen au Pays du Matin Calme...

Parmi les quelque 500 longs métrages sur le sujet, celui de Ryoo Seung-wan figure certainement parmi les plus intéressants. Les plans séquences des combats sont prenants car dynamiques, mais c'est surtout la personnalité et le développement des personnages qui constituent tout le charme de ce CRYING FIST.

Michaël Guarné
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°29
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