Daughter of Darkness


ORIGINE
Hong Kong
Daughter of Darkness Affiche

ANNEE
1993
REALISATION

Ivan Lai

INTERPRETES
Anthony Wang
Lily Chung
Money Lo
William Ho
Hugo Ng
AUTEUR DE L'ARTICLE: Daniel Courtine
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Critique Daughter of Darkness
{Photo 1 de Daughter of Darkness} DAUGHTER OF DARKNESS fait partie de ces films connus pour leur appartenance à la Category 3 qui caractérisent les productions hongkongaises contenant du sexe et de la violence. Dans les années 90, cette expression a servi à désigner un genre à part entière dont la radicalité ne peut laisser le spectateur indemne. Ivan Lai, réalisateur à la filmographie abondante, a beaucoup œuvré pour la Category 3.

DAUGHTER OF DARKNESS débute comme une comédie subversive qui se moque des travers du communisme chinois en montrant le quotidien d'un inspecteur de police cynique. Dérision et gags peu légers nous entraînent parfois du côté burlesque d'un sous régime communiste où le bon sens et le pragmatisme des citoyens ne sont jamais pris en{Photo 2 de Daughter of Darkness} faute. Ainsi, nous sommes face à un film qui joue sur plusieurs tableaux et ce avec une dextérité qui ne se dément pas tout au long de cette œuvre attachante et dérangeante.

Le capitaine Lu Qi, véritable obsédé sexuel, est appelé sur le lieu d'un crime à la suite de l'arrivée de Fong, seule survivante, venue prévenir que sa famille a été entièrement massacrée. Arrivé sur les lieux, avec sa jeune collègue fraîchement débarquée, le capitaine va lui donner une leçon sur la façon de mener une enquête : c'est à pleurer de rire car nous sommes bien loin de la série LES EXPERTS. Faisant une fixette sur les poitrines, le capitaine palpe allègrement celles des mortes. Devant l'étonnement de sa collègue, il se justifie en déclarant{Photo 3 de Daughter of Darkness} que ce sont les seins qui durcissent en premier et que cela lui permet d'établir l'heure de la mort.

Le film est alors un pur moment d'humour noir avant de basculer dans un drame familial qui va se terminer dans un Rape and Revenge qui transcende le genre. Le spectateur est embarqué dans cette famille antipathique qui a donné le rôle de souffre-douleur à Fong. On assiste alors à son calvaire au sein de sa famille qui apparaît comme le lieu de toutes les souffrances tant sa vie à l'extérieur est sereine et épanouie. Son histoire d'amour pourrait être celle de toutes les jeunes filles de son âge. Son travail et ses relations avec ses collègues la montrent épanouie. Mais le drame et le sordide l'attendent et le viol va bouleverser s{Photo 4 de Daughter of Darkness} on existence qui se dessinait comme une bluette hollywoodienne. La violence fait irruption dans le film avec une puissance qui contraste avec le ton badin du début. Cette soudaineté dans le récit vient cueillir le spectateur pour une fin tragique et émouvante.

Bien sûr, il y a du sexe, de la violence, de la cruauté mais il y a aussi des sentiments, de la tendresse et un humour subversif. Ce chaud et froid distillé tout au long du récit plonge le spectateur dans l'inconfort salutaire qui lui permet de passer du rire aux larmes sans jamais côtoyer la niaiserie. Ainsi, au-delà de toute classification, c'est une œuvre de qualité qui nous est donnée de voir qui doit autant aux acteurs excellents qu'à une réalisation efficace et toujours juste quelle que soit l'émotion suscitée chez le spectateur. DAUGHTER OF DARKNESS est à regarder comme une œuvre à part entière et non pas uniquement comme un film de genre représentatif d'un certain nombre de films d'exploitation. Il peut être une bonne introduction à ce cinéma hongkongais qui a marqué les années 90 et que nous découvrons à travers cette classification Category 3 qui n'est pas synonyme uniquement de violence 'trash' et gore mais qui correspond à des films adultes qui ne prennent pas le spectateur pour un immature fragile.

En conclusion, DAUGTHER OF DARKNESS est l'illustration d'un cinéma hongkongais en pleine santé et qui gratte là ou ça fait mal : au plus profond de l'âme humaine. A voir absolument !

Daniel Courtine
22/12/2009
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