Diary


ORIGINE
Hong-Kong
Diary Affiche

ANNEE
2006
REALISATION

Oxide Pang

INTERPRETES
Charlene Choi
Isabella Leong
Shawn Yue
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sylvain Pasdeloup
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Critique Diary
{Photo 1 de Diary} Parenthèse minimaliste dans la jeune mais ultra productive carrière des frères Pang, DIARY représente un changement de style dans leur filmographie. Très éloigné de shocker tels THE EYE et ses deux suites ou du contesté RE-CYCLE, le nouveau film d'Oxyde Pang nous présente Winnie Leung, une jeune femme mal dans sa peau qui vient de se faire plaquer par un dénommé Seth. Passionnée par la création de marionnettes et sombrant dans la dépression à cause du désert qui entoure sa vie sentimentale, Winnie ne croit plus à la gent masculine. Un beau jour, tandis que la jeune femme est à la recherche de Seth, elle croise le regard de Ray, un homme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui qu'elle aime encore.

Winnie décide alors, en dépit de la désapprobation de sa seule amie Yee, d'apprendre à connaître Ray. Ensemble, les deux jeunes gens vont construire une relation curieuse, Winnie étant très perturbée par l'image de Seth. La jeu{Photo 2 de Diary} ne femme, qui aligne mensonge après mensonge sur son passé amoureux, va peu à peu sombrer dans la folie.

Sans être réellement un film d'horreur à proprement parler, DIARY fait partie de cette vague finalement plus proche du thriller psychologique qu'ont représenté ces dernières années des films comme WILLARD ou LOVE OBJECT. Ceux-ci se sont concentrés sur la folie intérieure et les obsessions de leurs héros. Bien sûr, ces obsessions se révélaient en totale discordance avec le monde dans lequel ces personnages évoluaient et ils finissaient par s'y perdre.

Dès le tout début de son métrage, Oxyde Pang adopte la lenteur pour alourdir l'atmosphère de son film. Ainsi, la première demi-heure n'offre pas vraiment grand-chose à se mettre sous la dent. On suit le quotidien de l'héroïne, une jeune femme seule et perdue qui vient de perdre l'homme qu'elle aime. Assez vite le spectateur comprend que la quête d'un amour durable est une véritable obsession chez elle. Sa seule occupation consiste en fait à la confection de marionnettes qu'elle affiche un peu partout dans son intérieur. Difficile alors de ne pas faire la comparaison avec l'excellent MAY de Lucky Mckee tant le script semble calqué sur ce dernier. Cependant, là où May vouait un culte à sa poupée et s'y identifiait, dans DIARY, les marionnettes et ce qu'elles représentent pour Winnie ne sont jamais affichées comme détonateurs de sa folie, leur seul rôle étant esthétique. Si, du point de vue scénaristique, cet aspect limité est préjudiciable, il se fond tout de même totalement dans le film d'Oxyde Pang tant le soin apporté à la technique y apparaît prépondérant. On a ici affaire à un travail visuel magnifique, fait d'ombres, de transparence et de couleurs assemblées avec beaucoup de goût. Même les quelques effets numériques sont remarquablement inspirés, comme ce nuage qui se dirige vers la fenêtre deWinnie et entre dans l'appartement pour engloutir la jeune femme. Evocateur certes, mais pas vraiment suivi par un scénario qui accumule les non événements. Winnie emménage avec Ray, l'homme qui ressemble tant à Seth. Ray finit par perdre son travail. L'action en elle-même évolue peu et on attend de pied ferme d'avoir quelques émotions à se mettre sous la dent. Et c'est alors, après un peu plus d'une heure de film, qu'un insert apparaît à l'écran nous annonçant les mots « Produit par les frères Pang ». On ne cherchera pas à interpréter ce qui ressemble tout de même beaucoup à du narcissisme assez outrancier. Toujours est-il que, passé cet insert, les révélations arrivent enfin et la lenteur initiale du film s'en retrouve totalement brisée. Le personnage de Winnie laisse alors éclater sa folie dans une succession de scènes malheureusement incohérentes et surfaites. La dernière demi-heure de DIARY laisse peu à peu penser au spectateur qu'Oxyde Pang cherche à faire dans l'étrange juste pour faire de l'étrange. DIARY oublie alors un brin que le spectateur est bien là intellectuellement pour partager des émotions avec l'héroïne. Même avec l'interprétation épatante de Charlene Choi, le personnage de Winnie n'est jamais exploré en profondeur. Dans ces conditions, il est bien difficile de s'intéresser à la conclusion de l'histoire, brouillonne et bien trop abracadabrante pour un film qui doit faire ressentir le malaise.

Il est relativement dommage, qu'après un RE-CYCLE qui souffrait grosso modo des mêmes tares, les frères Pang n'arrivent pas à faire coordonner leur indéniable maestria technique avec des scénarios travaillés. DIARY se voit alors comme un film bien enrobé mais dont l'esthétique ne sert pas l'histoire qu'elle est censée illustrer. Dommage de s'en tenir à tant de superficialité pour un long métrage qui se veut une plongée dans la schizophrénie.

Sylvain Pasdeloup
22/12/2009
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