Dieu les Créé, Moi je les Tue

Dio Li Crea
Io Li Amazz


ORIGINE
Italie
Dieu les Créé, Moi je les Tue Affiche

ANNEE
1968
REALISATION
Paolo Bianchini
INTERPRETES
Dean Reed
Peter Martell
Piero Lulli
Agnès Spaak
Ivano Staccioli
Critique Dieu les Créé, Moi je les Tue
{Photo 1 de Dieu les Créé, Moi je les Tue} Après un vol, les autorités font appel à Slim Corbett (Dean Reed), un aventurier qui fait payer fort cher des services que l'on dit excellents...

Soyons honnêtes, Fernando di Leo ne s'est pas cassé la tête pour inventer l'intrigue d'un scénario par ailleurs bien conçu. Il y en a eu des dizaines comme celle-là, mais il faut reconnaître que c'est au fond de peu d'importance. L'intérêt, comme dans nombre de westerns italiens, est davantage dans les variations inventées sur un canevas connu.

Paolo Bianchini, par ailleurs réalisateur de l' excellent western d'espionnage AVEC DJANGO CA VA SAIGNER, accomplit ici tout aussi efficacement sa tâche. Le style spaghetti est bien là, notamment dans les duels. Les ingrédients profondément italiens présents dès le scénario sont parfaitement illustrés par ses soins.

Ainsi, peu de fans résisteront à ce générique chargé de scènes d'action colorées en bleu, comme c'était la mode à l'époque, sur un fond sonore en aucune façon original mais tellement à l'italienne qu'il est impossible de ne pas l'apprécier.

Cette fois, le héros de ce film plein d'humour et d'action est un séducteur élégant qui a les traits du sympathique Dean Reed. Cet acteur étonnant à plus d'un titre avait notamment la particularité d'être un quasi-sosie de Roger Moore. Son rôle ici, comme dans ADIOS SABATA, est d'ailleurs très proche de ceux auxquels nous a habitués « Lord Brett Sinclair ». La ressemblance est franchement frappante (un peu moins dans les gros plans, certes), jusqu'au style de jeu et à quelques expresssions du visage. Difficile de croire à un hasard si Dean Reed a été utilisé ainsi, alors que Moore connaissait un franc succès avec les aventures télévisées du Saint. Sans doute que si Moore avait déjà été James Bond dansles années 60 (comme cela a failli arriver), Reed aurait fait carrière dans les spy-movies italiens !

Pour la petite histoire, l'américain Reed était aussi chanteur à succès (engagé à gauche) en Amérique du Sud et dans les pays de l'est. Il finit même par tourner des westerns en RDA. Le mystère demeure quant à sa mort : suicide ou meurtre... Peut-être était-ce l'un de ces comédiens dont la vie réelle fut plus passionnante que la filmographie. Précisons encore qu'il chante fort bien l'enthousiasmante chanson finale, dans le plus pur style western des sixties.

Parmi les méchants, nous découvrons Piero Lulli en shériff forcément corrompu, un acteur que l'on prend toujours plaisir à voir, ainsi que Peter Martell. Ce dernier fut un inoubliable anti-héros castré dans le grandiose DERNIER DES SALAUDS. S'il a un physique très viril, il manque ici du charisme négatif qu'il aurait fallu pour personnifier le bad guy en titre. Lors de sa confrontation finale avec Reed, curieusement, il joue même horriblement mal... Retenons malgré tout deux de ses scènes: celle où il torture un ami du héros avec la lame sortie de sa canne et, surtout, celle où un bandit s'entaille le bras à plusieurs reprises pour faire croire qu'il a été victime d'une attaque. On a mal pour lui, mais cela ne satisfait pas Peter Martell qui lui tend son pistolet pour qu'il se tire une balle à bout portant ! Martell est vraiment très bon ici (pour l'unique fois du film). Il faut le voir éclater d'un rire sadique, accompagné de son serviteur nain! Le délire absolu.

Le ton de DIEU LES CREE, MOI JE LES TUE est léger, ce qui n'empêche pas le héros de flinguer ses adversaires à tout-va. De façon amusante, l'ironique Reed passe une bonne partie de son temps à se ballader et à draguer les filles de la ville. Si bien que ses employeurs se posent des questions à son égard, compte-tenu du salaire faramineux qu'il demande ! Slim Corbett est un jouisseur qui s'amuse de tout et profite de la vie. On suit ses méthodes décontractées avec beaucoup de plaisir. Il est clair que s'il se fait tabasser à un moment donné, c'est plus pour respecter un cliché du genre que pour en faire un héros meurtri de plus.

Les gunfights sont nombreux et palpitants. Reed est un malin : alors qu'on lui ordonne de jeter son arme, il la lance en l'air pour mieux la récupérer d'un adroit jeu de mains. Il rusera différemment pour vaincre Martell à la fin malgré sa blessure. Il y a même une scène géniale où Reed et Lulli, alliés temporairement, tirent simultanément sur trois types. Lulli les tue implacablement, mais Reed, meilleur tireur encore, les désarme tous d'une balle dans la main !

Patryck Ficini
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°30
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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