Dix jours sans voir la mer


ORIGINE
France
Dix jours sans voir la mer Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2000
AUTEUR

Dunyach Jean-Claude

INTERPRETES
L'Atalante
Critique Littéraire Dix jours sans voir la mer
Ce deuxième tome de recueils d'une autre dizaine de nouvelles de Jean-Claude Dunyach, paru également chez L'Atalante après La station de l'Agnelle, reste dans la même veine que le premier livre. Le mélange des genres est à nouveau de rigueur, science-fiction, fantastique, humour... Les histoires sont de longueurs différentes, allant de quelques pages à plus d'une vingtaine et les thèmes se révèlent d'un intérêt varié. Pour les textes courts et ressemblant plutôt à des extraits, l'auteur apporte toujours une sorte de chute qui permet au lecteur de ne pas être frustré ou de rester sur sa faim.

La station de l'Agnelle, le recueil précédent est sorti également chez L'Atalante au même moment, en octobre 2000. Et comme dans ce premier livre, dans Dix jours sans voir la mer, l'écriture de Jean-Claude Dunyach est vive et colorée, la narration claire et vraiment agréable à lire.

Dix jours sans voir la mer (12 pages)

Longue histoire parlant d'un survivant après une colossale catastrophe naturelle. Le lecteur ne sait pas ce qui s'est passé, ne connaît ni les causes ni toutes les conséquences, en revanche, le vide ressenti par le personnage de l'intrigue depuis que l'océan a disparu est vraiment poignant.

Sucre filé (17 pages)

Cette histoire est tellement joliment racontée que le lecteur, envahi par les images, cerné par les odeurs, s'immerge totalement dans ce récit glissant rapidement vers le fantastique. Et cerise sur le gâteau, ce qui est un comble pour une histoire de gourmandise, elle allie la douceur des bonbons à l'horreur, terrifiante et crue.

Des gens qui cliquettent (8 pages)

Petite histoire courte mettant en scène un tueur, quelques heures avant qu'il agisse, alors qu'il rencontre une femme dans un bar.

Paranamanco (22 pages)

Récit de science-fiction dans lequel les hommes voyagent sur le dos des « AnimauxVilles ». Ce thème n'est pas extrêmement original et, contrairement à d'autres histoires, il ne lorgne pas vers l'horreur, il reste ainsi gentiment philosophico-poétique.

Nos traces dans la neige (8 pages)

Histoire vraiment surprenante et différente, de science-fiction également. Le vaisseau de créatures extraterrestres s'est écrasé sur Terre. D'une nature polymorphe, ils se sont fondus dans la société humaine et se retrouvent une fois par an, dans un site isolé de haute montagne pour communier ensemble, de manière extraordinaire et misérable. C'est un très joli récit, original et donnant véritablement au lecteur une idée du désespoir.

Chaîne de commandement (6 pages)

Etroite fenêtre permettant au lecteur d'entrapercevoir un homme vissé sur son fauteuil et qui décide de la classification et donc de l'exposition aux appétits humains d'une planète indigène. Sorte de « tranche de vie », de flash dans un monde futuriste, court, bien mené mais sans grande portée.

Dialogue avec les Parques (8 pages)

Autre étroite fenêtre sur un futur qui pourrait être vraiment très proche. Il n'aborde rien de grand, d'extraordinaire, il s'attache plutôt à décrire une situation relativement banale et surtout met les pleins phares sur des mesquineries et petitesses de femmes. A la fin, l'histoire prend un virage fantastique bien mené et c'est à travers une sorte de zombification vengeresse que le morbide fait son apparition.

Tous les chemins du ciel (12 pages)

Nouveau récit surprenant, différent et très intéressant. Des cocons tombent à intervalles réguliers du ciel. A ce moment-là, et ce n'est pas un sentiment uniformément admis, certains hommes partent à la chasse. Le personnage principal est l'un de ces tueurs assermentés qui doivent dynamiter les œufs avant qu'ils n'éclosent. Son expérience personnelle le pousse à traquer les cocons et à les éradiquer au napalm alors que la nature des extraterrestres, bien qu'elle restât mystérieuse, semble être d'une luminosité au-delà de l'entendement humain.

Mémo pour action (6 pages)

Joli clin d'œil drôle que cette courte nouvelle dépeignant, sous forme de copies de mails entre services concernés et comités stratégiques, les échanges entre différentes races de dinosaures commentant l'hypothétique dangerosité de l'astéroïde fonçant sur Terre.

En attendant les porteurs d'enfants (19 pages)

Magnifique récit de science-fiction. Le théâtre de l'action se situe sur une terre ingrate et morne. Une poignée d'hommes éparpillés dans quelques villages misérables tentent de survivre après une catastrophe post-apocalyptique indéterminée. Ils vivent pitoyablement dans l'attente du retour des porteurs d'enfants originels. Ils vivent dans le souvenir tronqué d'une humanité disparue qu'ils ne peuvent intellectuellement plus appréhender et perpétuent l'espèce à travers des expédients extraordinaires et éphémères. Cette nouvelle est d'une noirceur, d'une cruauté inégalée dans les histoires du recueil de Jean-Claude Dunyach. C'est de la très belle science-fiction sombre et désespérée.

Angélique Boloré
03/08/2014
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Sueurs Froides.fr > Critique > Chroniques Infernales
AUTEUR DE L'ARTICLE: Angélique Boloré
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