Domo


Domo Affiche

ANNEE
2005
REALISATION

Yoann Malnati

INTERPRETES
Christophe de Choisy
Emilie Declaron
Frédéric Rondot
Guy Ventrin
Fabienne Beuhorry-Sassus
Jean-Philippe Putaud
AUTEUR DE L'ARTICLE: André Quintaine
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Critique Domo
{Photo 1 de Domo} Il y a quelques années, Yoann Malnati nous livrait un mémorable LES DEMONS DE LA CAVE, petit film amateur qui ne payait pas de mine mais duquel se dégageait ce petit quelque chose qui fait la différence avec des dizaines et des dizaines d'autres films confectionnés par des petits jeunes durant leur week-end.

Quelques années plus tard, ce petit quelque chose que l'on peut définir par de l'obstination et de la passion vient de déboucher sur un film nettement plus ambitieux.

Depuis LES DEMONS DE LA CAVE, Yoann Malnati n'a pas chômé en réussissant son entrée dans une école de cinéma et en n'hésitant pas à « mouiller le maillot » sur des tournages. DOMO est donc son premier moyen métrage qu'il a produit au sein d'une association (Regards Films).

Le film commence sur un accident de la rout{Photo 2 de Domo} e. Tristan, le fils du maire d'une petite ville, en ressort vivant mais dans un fauteuil roulant. Son père décide alors de profiter de l'accident de son fils pour dévoiler au public le produit de l'un des industriels de sa ville : Domo. Domo est un androïde femelle révolutionnaire dont la tâche va être d'aider le garçon dans sa rééducation.

Yoann Malnati délaisse ici l'horreur inspirée de DEVIL DEAD pour s'attacher à un cinéma Fantastique plus intimiste. Dans la droite lignée des films de science-fiction des années 70, DOMO s'interroge sérieusement sur l'intelligence artificielle et sur ce à quoi elle pourrait servir. Les pistes de réflexion que le film propose sont loin d'être idiotes et c'est sans doute l'un des points forts du film car il apparaît comme particulièrement sérieux et i{Photo 3 de Domo} ntelligent.

Si le film s'avère passionnant à suivre, ce n'est pas seulement grâce au travail de réflexion qui a été élaboré lors de la rédaction du scénario. Techniquement, le film s'impose également comme un produit soigné et réfléchi.

DOMO ne fait jamais pauvre. Il ne souffre pas de décors mal choisis ou non à la hauteur du propos. Après un accident de la route impressionnant et rare dans ce genre de production, Yoann Malnati ne voit jamais trop grand pour autant. L'intérêt du film repose essentiellement sur son scénario et sur ses personnages, en particulier Domo, le robot inquiétant mais attirant, le papa qui joue le méchant de l'histoire et le garçon qui mène son enquête après être tombé amoureux de son joujou.

Si le jeu des acteurs est très théâtral et souffre également de dial{Photo 4 de Domo} ogues qui manquent de naturels. L'interprétation a le mérite de ne pas être mauvaise pour autant. Il est vrai que les acteurs sont soutenus par des personnages à la personnalité approfondie ce qui aide à la crédibilité de l'histoire. On finit par croire à l'amour que porte le garçon à Domo, ce qui n'est pas rien. De même, Yoann Malnati, tout en pudeur, n'hésite pas à aller assez loin dans la représentation négative du papa qui se sert de Domo pour assouvir ses bas instincts. On croit également à ce personnage qui s'impose comme véritable ordure dans la grande tradition du politicien véreux, pervers et à la solde des industriels. Malgré son jeu « robotisé » c'est évidemment le personnage de Domo l'androïde qui s'avère le plus intéressant. Emilie Declaron parvient réellement à incarner un androïde convaincant.

DOMO est plus qu'un exercice de style réussi. Il parvient à dépasser son statut de film amateur pour s'avérer être un vrai film. Certes, il reste quelques éléments qui font amateurs comme le jeu théâtral, les dialogues qui manquent de naturels et certaines séquences qui sont trop statiques (la révélation des origines de Domo par la force, par exemple, révèle que les scènes d'action ou de bagarres ne sont pas encore maîtrisées). En revanche, les scènes de dialogues, le rythme et la montée en tension vers la révélation finale s'avèrent tout à fait réussis. Rapidement, au bout de quelques minutes de film, on oublie le grain vidéo de l'image et le jeu théâtral des acteurs pour ne plus s'intéresser qu'à l'histoire, et ça, c'est l'essentiel de la réussite d'un bon film.

André Quintaine
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°27
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