Dracula contre Frankenstein

Los Monstruos del Terror


ORIGINE
Espagne
Dracula contre Frankenstein Affiche

ANNEE
1970
REALISATION

Tulio Demichelli
Hugo Fregonese
Eberhard Meichsner

INTERPRETES
Paul Naschy
Michael Rennie
Craig Hill
Karin Dor

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Critique Dracula contre Frankenstein
{Photo 1 de Dracula contre Frankenstein} Un docteur alien, éclaireur d'une civilisation extraterrestre sur le point de perdre sa planète et voulant s'emparer de la terre en remplacement, ressuscite avec l'aide de deux savants humains eux-mêmes ressuscités, les monstres les plus célèbres du bestiaire horrifique pour détruire l'humanité. L'inspecteur Henri (dans la version française) parviendra-t-il à juguler le tortueux complot ?

A ne pas confondre avec ces homonymes sortis à la même période (le film d'Al Adamson, nanar fameux des années 70 et le film de Jess Franco), DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN - ou LOS MONSTRUOS DEL TERROR dans son titre original - est une curiosité ibérique qui ressort dans la collection d'Artus, « Ciné de Terror », consacrée au cinéma fantastique espagnol. Le métrage, coproduit par l'Espagne et l'Allemagne, scénarisé par Paul Nashy qui endosse de nouveau le rôle de Waldemar Daninski, personnage de loup-garou{Photo 2 de Dracula contre Frankenstein} qu'il a créé en 1968 et rejouera jusqu'en 2004, s'affirme en premier lieu comme hommage au fantastique hollywoodien des années 30-40 et aux monstres Universal réadaptés dans les productions espagnoles des seventies, Jess Franco en tête. En guest stars seront donc conviés ici le monstre de Frankenstein - rebaptisé pour des questions de droit -, Dracula, la momie, le loup-garou et, last and least, mentionné mais sans doute éliminé pour des questions budgétaires, le golem. Aux commandes de cette réunion du club des monstres, le docteur Warnoff interprété par Michael Rennie dont c'est le dernier rôle : ici, en tant qu'extraterrestre impitoyable et agent recruteur pour permettre à une civilisation extraterrestre à l'agonie de trouver une planète de substitution, l'acteur prend la quasi totalité des scènes du film, qui se montre bien moins généreux quant aux monstres.

Composé de bric et de broc,{Photo 3 de Dracula contre Frankenstein} le film paraîtra inepte et foutraque aux uns, digne d'intérêt pour ceux qui seraient amateurs de bis et de bizarreries. On peut s'appuyer sur , Michael Renniel'éclectisme de l'œuvre mélangeant horreur et science-fiction, alternant entre des reprises ouvertes des Evahisseurs pour les décors et les arguments des films d'Universal pour la composante horrifique (comme les MAISON DE FRANKENSTEIN ou MAISON DE DRACULA). On peut souligner son sexisme (une armée de belles filles rendues amnésiques est constituée par les extra-terrestres pour manipuler les grands du monde, implicitement identifiés comme masculins), l'incohérence du titre, le film ne proposant jamais l'affrontement promis, inconséquence double puisque ni Dracula ni Frankenstein ne sont explicitement nommés, remplacés par Janos et Farancksalan. On peut relever encore le montage indécis, alternance de passages languides et de bagarre{Photo 4 de Dracula contre Frankenstein} s mollasses, résultant sans doute de la succession de plusieurs réalisateurs à la barre (Hugo Fregonese, Tulio Demichelli, Eberhard Meichsner), ou rire des maquillages grossiers et peu effrayants : un Dracula anémique, un loup-garou hipster avant l'heure ou un Frankenstein particulièrement lisse donnent à l'ensemble un aspect plus halloweenesque qu'ils ne terrorisent. On peut enfin s'attarder sur le décalage entre les promesses du pitch scénaristique et le résultat final, presque nul : de la grande invasion annoncée par les visées impérialistes aliens, on ne verra quasiment rien. La guerre planétaire se réduit à un conflit d'egos perpétré au cœur de la demeure-laboratoire de Warnoff, préférant contre toute logique sacrifier ses propres armes plutôt que d'en faire des outils conquérants.

Mais on peut aussi reconnaître une certaine sincérité à l'ancien haltérophile et catcheur Paul Naschy, n'ayant jamais dévié de son amour inconditionnel pour les créatures horrifiques et de son premier émerveillement enfantin. Il poursuit jusque dans cet étrange produit hybride le travail qu'il a commencé en créant le personnage de Waldemar Daninski : son loup-garou est plus humain que monstrueux et les épisodes de lutte alternent largement avec des moments plus sentimentaux et des passages dans lesquels le monstre révèle une faiblesse bien peu surnaturelle. L'amour l'emporte ici sur la peur et détermine l'ensemble des comportements des personnages, touchés malgré eux par la faiblesse du cœur humain. Le frigide Warnoff au terme exprimera un regret et esquissera un sourire. On peut espérer que le spectateur se laisse lui aussi toucher par un instant de faiblesse et en vienne à prendre goût à cette œuvre jusque dans ses faiblesses qu'elle n'a du moins pas l'hypocrisie de masquer.

Stéphane Bex
06/10/2015
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Stéphane Bex
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