Entretien avec Christopher Smith au festival du film britannique de Dinard 2016


Entretien avec Christopher Smith au festival du film britannique de Dinard 2016 Affiche

ANNEE
2016
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Entretien Entretien avec Christopher Smith au fest
{Photo 1 de Entretien avec Christopher Smith au festival du film britannique de Dinard 2016} Christopher Smith présentait au festival du film britannique de Dinard, auquel il est un habitué, son dernier film : DETOUR. Le réalisateur britannique auteur de TRIANGLE, BLACK DEATH, CREEP et SEVERANCE revient avec nous sur son premier film tourné aux Etats-Unis.

Sueurs Froides : Tout d'abord, permettez moi de vous dire que j'ai adoré DETOUR.

Christopher Smith : Merci.

SF : C'est votre premier film tourné et produit aux U.S.A. Comment s'est fait ce choix ?

CS : Je pense que c'est une envie chez tous les réalisateurs britanniques, enfin tous ceux qui ont grandi pendant les années 80, regardez par exemple Ben Wheatley avec « FREE FIRE ».

Je ne sais pas si c'est la même chose chez vous en France, mais je pense qu'en grandissant nous nous sommes mis à idolâtrer ces grands titres américains, qui donnent l'impression de faire un vrai film. J'ai fait des films en Angleterre ainsi qu'en France, d'ailleurs la lumière est meilleure dans le sud de la France, mais on ne retrouve pas cette sensation de grandeur en Grande-Bretagne.

En Angleterre la production est essentiellement constituée de films d'époque ou de films sociaux, comme ceux de Ken Loach, et c'est très dur de faire quelque chose qui n'est pas un film social. C'est vrai qu'au début, quand tu travailles dans de petites productions, tu es dans le milieu underground tu es dans une petite bulle, mais une fois que tu as atteint un certain niveau, ça devient difficile de continuer.

Si je devais refaire des films en Angleterre, ce serait au format 4:3, à l'ambiance dépressive et je crois qu'il y aurait beaucoup de pluie (rires).

Tout ça pour dire que je suis amoureux du cinéma américain, et de sa production. Ils font encore aujourd'hui, pas tout le temps, mais de temps en temps, des grands films.

SF : Quelle a été votre inspiration pour le film ?

CS : Je venais d'écrire Triangle, donc mon cerveau était déjà dans les bonnes prédispositions, et nous étions à Los Angeles pour rassembler de l'argent pour le film. J'y ai vu DISTURBIA, le film avec Shia Lebeuf qui venait de sortir, puis lors d'un rendez-vous le jour d'après il m'a été demandé si j'avais des idées pour un film du même genre. Et j'aime le concept de STRANGER ON THE TRAIN où deux types se rencontrent et planifient un meurtre. Je suis également très fasciné par THE WOMAN AT THE WINDOW qui est l'histoire d'un gars qui ne prend que des mauvaises décisions, et qui s'enfoncent de plus en plus dans les ennuis. Et pour je ne sais quelle raison, mon cerveau s'est dit « et si on séparait le fil narratif en deux et qu'on voyait ce qu'il se passait ». Ils avaient tous aimé l'idée et j'allais l'écrire, mais comme c'est souvent le cas à Hollywood, juste avant qu'on signe les gars ont quitté la compagnie, et tout a changé. Je suis allé en Australie pour tourner TRIANGLE, les choses se sont enchainées, j'ai fait deux films à la suite. Et puis je me suis dit que le concept était vraiment intéressant, et je me suis dit ok, je vais l'écrire.

SF : On retrouve le même principe que dans TRIANGLE, l'effet du casse tête chinois.

CS : Oui en quelque sorte, DETOUR est le petit frère de TRIANGLE, par exemple avec la scène où le personnage regarde le mirroir puis le mirroir le suit dans ses actions. Je suis un grand fan du réalisateur iranien Abbas Kiarostami, de la façon dont il joue de vos attentes, par exemple sa trilogie de films « Trilogie de Koker ». Dans le premier film « OU EST LA MAISON DE MON AMI ? » (« WHERE IS MY FRIEND'S HOME ? ») on suit un petit garço{Photo 2 de Entretien avec Christopher Smith au festival du film britannique de Dinard 2016} n qui s'est trompé de cahier et traverse des montagnes et des villages en Iran pour le rendre à son camarade et récupérer le sien, car il a peur de l'instituteur. Dans le second film de la saga, ET LA VIE CONTINUE (« LIFE, AND NOTHING MORE »), il y a eu tremblement de terre dans la région du tournage du premier et le réalisateur veut s'assurer que les jeunes acteurs sont sains et saufs, il s'y rend donc depuis Téhéran et filme tout. Et dans le troisième film AU TRAVERS DES OLIVIERS (« THROUGH THE OLIVE TREES »), se passe sur le tournage du second film et parle de deux des figurants, on réalise au passage que le réalisateur n'est qu'un acteur, et tout devient clair, sur les personnages et notre perspective du film. Donc la perspective, dans n'importe quel film, est la clé du film. C'est ça que j'aime : « Quel est le point de vue du film ». Et je peux vous donner plein d'exemple : et si dans STAR WARS, au lieu de suivre l'histoire de Luke on suivait celle de Dark Vador, à quel point le film serait différent. Quels sont les morceaux d'histoire qu'on ne connait pas de lui ?

Et ils vont probablement le faire d'ailleurs. Je crois qu'ils le font maintenant, et que ça s'appelle ROGUE ONE. Donc oui, c'est mon obsession avec la structure.

SF : C'est également quelque chose qu'on retrouve dans INCEPTION de Christopher Nolan.

CS : J'adore ce film! Concrètement ça ne parle pourtant que de rêves. Mais la façon qu'il a d'imbriquer un rêve dans un rêve, dans un rêve, c'est fou.

SF : Ce type d'écriture de film apporte un côté ludique pour le spectateur.

CS : Je pense que c'est bien qu'on se pose ces questions: est-ce que réaliser un film veut dire que c'est du faux, surtout quand on voit le succès de tous ces found-footages ; comme si c'était plus vrai que de tourner à la steady-cam. Bien sur que non. Mais vous en arrivez à croire ce point de vue qu'on vous dicte, que vous voyez à travers une caméra que quelqu'un a ramassé par hasard. Quelle sottise.

SF : REC était bon.

CS : Oui, le film était bon. Mais les avantages de ce concept sont les frayeurs supplémentaires que l'on peut en tirer en étant confiné à un cadre. Donc on revient encore à une question de point de vue. Je vais faire un film prochainement, où tu auras le point de vue de deux jeunes filles se cachant d'un tueur. Et quel est le point de vue d'un tueur cherchant ces filles ? J'adore ce genre de chose. IRREVERSIBLE avait un aspect similaire, et si tu le fais bien tu peux avoir avoir la réaction suivante "Mon dieu, je ne veux surtout pas voir cette scène de son point de vue". Ça peut être vraiment fun!

SF : Vous avez fait beaucoup de films d'horreur, vous aimez ce genre ?

CS : J'adorais, avant, maintenant je cherche les bons films d'horreur. J'ai adoré THE WITCH, merci mon dieu pour THE WITCH ! Et dieu merci il a rapporté de l'argent, car Hollywood laissera peut-être des films plus intelligents se faire, quel soulagement. THE WITCH a été fait avec 55 millions dollars, et c'est l'histoire de fondamentaliste. Et il est brillant !

SF : Ca aurait pu être un film anglais !

CS : Totalement. Ça fait plaisir de voir que les films intelligents rapportent de l'argent, pour que les studios arrêtent de penser le contraire. Et pourtant les jeunes sont intelligents et ils adorent les films de genre, donc c'est bête de penser ça.

SF: De grands films d'horreur tels qu"Evil Dead et La Nuit des Morts-Vivants ont été faits avec des petits budgets

CS: Exactement! Alors pourquoi ne pas prendre le risque d{Photo 3 de Entretien avec Christopher Smith au festival du film britannique de Dinard 2016} e faire quelque chose de malin, au lieu d'un truc bourré d'effets numériques ... qu'est-ce que c'est chiant ce genre de choses!

SF : Dans DETOUR, il y a ce camion...

CS : Oui, tout le monde rigole à ce moment !

SF : C'est un vieux truc, un effet classique.

CS : C'est une idée qui m'est venue de WOMAN AT THE WINDOW. La chance est parfois suffisante pour briser le cercle. Et je voulais que la chance soit une donnée importante dans le film. Johnny dit que la malchance suit Cherry comme un pervers suit un bus scolaire mais Johnny a tort. A la fin, elle a de la chance. Et c'est suffisant pour dire que c'est aussi la chance qui définit la fin. On peut se dire « oh comme c'est facile » mais c'est rare que mes films aient une fin heureuse. Au final, c'est triste pour tout le monde, excepté pour elle. C'est le genre de personne qui est tellement habituée à se protéger elle-même, qu'elle laisse son petit ami croupir en prison lorsqu'il utilise son unique coup de fil pour elle.

SF : Oui, en dépit de toute l'horreur, elle est aimée.

CS : Je sais! Mais elle est tellement adorable. Quand l'actrice s'est teint les cheveux en bruns, qui est sa couleur naturelle, je lui ai dit « ne te tient pas les cheveux, soit Cherry tout le temps ! » Et elle répondait, mais je veux pas être comme ça tout le temps ! (rires)

SF : Comment c'était de travailler avec les jeunes acteurs ?

CS : Ty a juste 18ans. On a tourné une bonne partie en Afrique du sud, et il demandait, est-ce que je peux aller au bar ? Et c'était mignon. Il est vraiment adorable. Il vient d'une famille d'ouvriers Texane, et il a commencé à tourner pour Terrence Malik, TREE OF LIFE, en étant sélectionné parmi 30 000 gamins, et il a ensuite fait d'autres grands films. Il adore jouer. Il est jeune, mais il a une "vieille âme", il est mûr pour son âge. Tu as quelqu'un d'aussi jeune, tu pense qu'il va être difficile à gérer, et pas du tout. Il est vraiment gentil, et c'est ce qui fait toute la différence. Et il a le talent pour briller à l'écran.

Bel Powley a toujours des bonnes idées. Dans la scène avec le shérif, c'est elle qui a eut l'idée de faire une voix à la Marilyn Monroe. (Christopher imite Cherry) « Hi officer... » Et ça marche. C'était une très bonne idée, parce qu'elle a l'air innocente, alors qu'elle a une arme cachée dans son dos. C'est vraiment une bonne actrice.

Woody Allen a dit un jour que si tu as un bon script et un bon casting, tu n'as pas besoin d'en faire beaucoup plus. Tu fait juste les ajustements. Mais si tu as un mauvais script, ou pas finit le script, pire, si tu as de mauvais acteurs, le film ne fonctionnera jamais. On trouve plein d'exemples de films à gros budgets, avec un grand réalisateur, mais des erreurs de casting ... Imagine LE PARRAIN sans Al Pacino... Ca n'aurait pas fonctionné. Donc oui, le casting est vraiment important, et c'est quelque chose sur lequel on réfléchit beaucoup.

Le fait d'avoir Stephen MOYER dans le rôle du père, on se dit tout de suite qu'il a moins de chance de mourir, on pense instinctivement qu'il va rester à l'écran plus de temps qu'il ne le fait vraiment, celà joue avec vos attentes. Mais il a l'air athlétique, charmeur, et parce que le héros dit que c'est un connard, on pense tout de suite que c'est le cas car c'est crédible, et comme on le voit au téléphone on pense tout de suite qu'il a une maitresse, que faut-il d'autre comme preuve pour le tuer? ... Et bien comme on le voit après, beaucoup plus de preuves (rires).

SF : Le héros a aussi un{Photo 4 de Entretien avec Christopher Smith au festival du film britannique de Dinard 2016} caractère pas forcément des plus doux, il est comme tout le monde en fait.

CS : Oui c'est vrai, mais j'espère qu'on en arrive à un point où vous voulez qu'ils s'en sortent. Mais comme vous avez vu le film, c'est à vous de me dire, car je n'ai fait que le réaliser. La seule fois où je l'ai vu c'était un soulagement ... d'ailleurs 3 choses peuvent arriver quand vous regardez votre propre film: soit ça marche tout de suite et avec quelques coupes le résultat est génial, soit ça ne marche pas vraiment mais on peut le faire fonctionner, soit ça ne marche pas et on ne peut rien faire pour l'améliorer, ce qui arrive quand on s'est trompé au niveau du casting. Avec TRIANGLE j'étais dans le 2ème cas, ça me semblait tellement long, je me suis dit: "Ok ce montage ne marche pas, mais on va le travailler pour que ce soit le cas. Avec DETOUR j'ai tout de suite été satisfait, on a fait le montage et ça a tout de suite marché, il faisait 20 minutes de plus à l'origine, donc on l'a juste un peu raccourci. A propos de la fin ... on trompe le spectateur avec le split, puis on le trompe de niveau à la fin, mais on a pas mal galéré à insérer le camion au bon moment, mais quand on a été satisfait du résultat, et qu'on a comparé avec le script, c'était exactement ce qui y était écrit, au putain de mot près. Il y a juste un élément qu'on a changé, c'est le flic dansant, qu'on a mit à la fin, au générique. A l'origine, ça devait être juste avant Vegas. Mais parce que l'ambiance devient soudainement très sérieuse, on ne pouvait pas le mettre là. Parce que ça aurait changé le ressenti qu'on a à ce moment là. Il fallait qu'on soit concentré sur Vegas. Et j'espère que ça marche.

SF : Oui, ça fonctionne. On est dans une dynamique où tout s'enchaîne. C'est une sorte de tunnel où tout s'accélère, et ce n'est qu'à la fin où tu regardes en arrière et tu te dis « oh ! Oh ! » (rires).

CS : Tout à fait. Donc ça fonctionne ?

SF : Oui, vraiment, ça marche.

DETOUR me rappelle les thrillers des années 90 comme BASIC INSTINCT, THE GAME avec Michael Douglas.

CS : Oui c'est le concept des B movies. J'ai été inspiré par des films comme THE LAST SEDUCTION, les frères Coen avec BLOOD SIMPLE, U TURN d'Oliver Stone. J'aime ces histoires, et j'aime ces films. DETOUR est dans le même esprit, une fille sexy à une station service ! J'aime l'atmosphère qui s'en dégage. Quand elle se tient à la station service. Il y a une super scène quand elle revient vers la voiture et qu'il lui dit qu'il continue sans elle, parce qu'il va se faire prendre. Ca m'est venu d'un film avec Dustin Hoffman appelé STRAIGHT TIME, le film a une fin incroyable type film noir. Tu penses qu'il l'a laissée dérrière, puis quand il arrive à destination et qu'on voit qu'elle est déjà là, on se demande ce qui s'est passé! Et j'aime ce twist final. On pourrait mettre le film dans l'ordre et ça pourrait marcher, en tout cas ce serait intéressant à faire.

SF : Mais c'est plus fun dans l'ordre du film.

CS : C'est plus fun comme ça, c'est vrai.

SF : Dans DETOUR, il y a un peu de l'esprit de la série HOW GET AWAY WITH A MURDER, je sais pas si vous l'avez vu ?

CS : Non, je l'ai pas vu. Je vois ce que vous voulez dire.

SF : La série est moins réaliste que DETOUR, mais il y a cet esprit de chaque mauvais décision que tu prends t'enfonce encore plus dans les ennuis.

CS : La vie est comme ça, tout le monde fait ça, des mauvais choix. Parce qu'on ne sait pas si c'est le bon choix jusqu'à ce qu'on regarde en arrière. Et prendre ce boulot par exemple, est-ce un bon choix ? Jusqu'à ce que tu l'ais, tu peux pas savoir. Et dans ce métier, c'est totalement ça. Si tu avais fait ce film, peut-être que tu aurais pu faire le prochain film produit Spielberg. Ou finir dans le caniveau, sans un sou...

Ça me fait penser justement au dernier film de Ken LOACH, MOI DANIEL BLAKE, je l'ai vue hier et il m'a marqué au fer rouge. Je ne veux pas voir d'autres films du festival, tellement j'ai aimé. Et mon dieu, le casting ! L'actrice est tout simplement incroyable. Je ne pouvais pas le quitter des yeux. Je la trouve parfaite, on ne dirait pas une actrice jouant un rôle. Je ne pourrais pas faire de films comme ça. Je ferais la version horrifique de cette histoire ! (rires)

SF : Avez-vous des projets ?

CS : Oui, j'ai deux films sur lesquels je travaille. Il y en a un qui sera un thriller très dur. Je suis en train de l'écrire. Et il y a cette scène ou il y a un dealer en plein milieu d'une piste de course de chiens! Mais mon producteur m'a prévenu que faire cette scène coûterait environ 100000 euros (rires). Donc ce film va prendre plus de temps à se faire. Je voudrais faire un petit thriller entre temps, qui sera similaire de TRIANGLE et de DETOUR. Mais ce sera plus linéaire.

SF : Vous avez aussi travaillé pour la télévision ?

CS : Oui, j'ai fait un film pour la télévision, pour Noël, GET SANTA. Je l'ai fait après la naissance de mon enfant mais personne ne s'en rappelle même si il a eu du succès en Angleterre lors de sa diffusion.

SF : Oui, c'est dur de le voir !

CS : Je sais pas, je pensais que ça allait être facile à faire. J'étais déçu par le peu d'échos qu'il y avait eu pour BLACK DEATH en Angleterre, et pourtant, c'est un grand film.

SF : En France, il n'est pas sorti en salle, directement en DVD. Donc il n'a pas été beaucoup vu, mais ceux qui l'ont vu l'ont aimé.

CS : Je pense que c'est mon meilleur film. C'est un sujet que je voulais vraiment faire.

Et donc le film de Noël, je voulais le faire rapidement, mon fils venait de naître et je me suis dit, oui faisons un film de noël ! Et au final ça a prit 4 ans. Parce qu'à chaque fois qu'on allait le tourner, quelque chose n'allait pas. Et heureusement Ridley Scott produisait une série télé à ce moment là, et j'ai donc tourné cette série en Afrique du Sud. Et je voudrais bien en refaire une, donc il se peut que je fasse quelque chose en partenariat avec la chaine Sky, une série à suspense basée sur des cas réels de hantise. Je n'ai pas de problème avec le fait de travailler à la télé. Il y a de bonnes séries. Aujourd'hui tu as l'impression que c'est presque plus facile de travailler à la télé qu'au cinéma. Les bons films ne sortent pas en salle, c'est directement en dvd. Tu peux les voir en festival. Et je me dis que dans le futur, les festivals dureront plus longtemps, parce que ce sera l'endroit où l'on verra les films. Et on voit ça partout en Europe, c'est un peu triste. Donc oui, faut aller en festival voir les films ! Mais il y a une règle, les bons films finissent toujours par être connus, être vus.

SF : C'est vrai que certains films nécessitent du temps. Ils ne fonctionnent pas au moment où ils sont faits, mais plus tard, ils finissent par trouver leur public, et parfois, ils deviennent des classiques, des films cultes.

CS : C'est vrai. C'est pour ça que je suis content qu'il y ait un film comme THE WITCH, fait par quelqu'un avec un cerveau, pour ceux qui ont un cerveau. C'est bon d'avoir des films comme ça encore de nos jours.

Sophie Schweitzer
30/09/2017
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