Extrême Cinéma 2013


Extrême Cinéma 2013 Affiche

ANNEE
2013
AUTEUR DE L'ARTICLE: Paul Siry
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Critique Extrême Cinéma 2013
{Photo 1 de Extrême Cinéma 2013} Depuis le crépuscule du deuxième millénaire, la cinémathèque de Toulouse accueille son enfant terrible : le festival Extrême cinéma. Rares et marginaux, les films présentés repoussent les limites des productions habituelles par leurs fortes singularités. Engloutis à leur sortie dans l'indifférence du public et tombés dans l'oubli une fois, les voilà à l'honneur pour la quinzième année consécutive sous la direction de Franck Lubet et du Professeur Thibaut .

L'ouverture s'est faite avec un ciné-concert présentant LE MANOIR DE LA PEUR, film d'horreur muet référentiel rassemblant tout un patchwork de l'expressionnisme allemand.

Pour rappeler l'impureté du cinéma et annoncer un programme éclectique à l'image de cette ouverture, la thématique habituelle étant absente cette fois, le festival s'exprima à travers des doubles programmes divers et rétrospectifs. Des dandies hollywoodiens, le diable, les productions Eurociné, les Sex pistols et autres freaks étaient alors abordés. À la place d'un squelette, la programmation assemblant les différentes, courtes et exhaustives thématiques, donnait alors une allure de monstre de Frankenstein{Photo 2 de Extrême Cinéma 2013} au festival, à l'image des films inhabituels présentés.

Présentées par Eric Peretti du site Sueurs froides que vous lisez actuellement et Benjamin Cocquenet de CulturoPoing, de nombreuses raretés ont été vues comme chaque année par les spectateurs.

Des opportunités de choix pour tout cinéphile passionné, comme les personnages du tandem Cinéphilis Tritus. FONDU AU NOIR, film américain de Vernon Zimmerman raconte l'histoire d'Eric Binford, un cinéphage associal qui, confondant réalité et fiction, va tuer un à un ses ennemis à travers des mises en scènes de films classiques. Le négatif est détruit et les rares copies sont quasi introuvables aujourd'hui.

C'est aussi APPARTEMENT ZERO où, dans un Buenos Aires d'après dictature, un cinéphile cinéphage introverti accueille dans son appartement un mystérieux locataire pour lequel il éprouve une grande fascination. Dans cet immeuble dont les voisins sont curieux, certains indices font circuler l'idée que cet arrivant serait un ancien membre en fuite des escadrons de la mort. Ce film jamais sorti en Argentine à cause de son sujet sensible, et fortement inspiré de Roman Polanski dispa{Photo 3 de Extrême Cinéma 2013} raitra après sa sortie en salles à la fin des années 80.

On a eu vingt- neuf longs-métrages cette année. L'objectif a été de ne laisser personne indifférent. Les divers goûts étaient au rendez-vous et les passionnés ont pu enchaîner les séances et aller de surprise en surprise. Qu'importe si les films plaisent ou non, l'important est l'uppercut que l'on se prend. Les styles opposés d'un cinéma alternatif nous attrapent comme si les nombreuses tentacules d'une pieuvre géante nous agrippent, faisant de nous les prisonniers d'une semaine intense.

Comme invités cette année, on a eu le vétéran américain Jeff Lieberman présent sur toute la durée du festival. Il est revenu sur sa carrière avec trois de ses films, LE RAYON BLEU, SURVIVANCE et LA NUIT DES VERS GÉANTS. Agnès Merlet est venue nous parler de sa trop courte carrière et a débattu avec le public sur HIDEWAYS et DOROTHY. L'enthousiasme et l'énergie communicatifs de Gérard Kikoïne étaient là pour deux séances à l'image de sa double-carrière avec le porno PARTIES FINES avec Brigitte Lahaie, et DR. JEKYLL ET MR. HYDE avec Anthony Perkins. Et enfin Christophe Bier, accompagné de J{Photo 4 de Extrême Cinéma 2013} ean-Pierre Bouyxou, a mené l'hommage à la maison de production Eurociné en présentant son dernier documentaire EUROCINÉ 33 CHAMPS-ÉLYSÉES pour la théorie, LE LAC DES MORTS-VIVANTS et LA COMTESSE NOIRE pour la pratique. Très instructives, ces rencontres remplies d'anecdotes et d'expérience à propos de cinémas dont on parle peu, furent aussi passionnées et passionnantes.

Une nouveauté de cette année fut une compétition de courts métrages. Une sélection de Benjamin Leroy, du PIFFF et des Hallucinations collectives, vues par un jury étudiant qui récompensa C#CKFIGHT de Julian Yuri Rodriguez pour sa première européenne.

Dans une compétition on ne peut plus virile dans un sous-sol de Miami éclairé uniquement de rouge, le film dépeint une vision de l'enfer où l'homme gagne en écrasant son rival au centre d'une foule de parieurs. Caméra embarquée, d'une rue vide jusqu'à ce quasi backroom rempli, on se retrouve au centre de ce bouillonnement humain filmé à hauteur d'homme. Abordant l'individualisme, le voyeurisme et les spectacles primaires, il critique une société où la rivalité est permanente. L'esthétique jouant avec l'obscurité et les lumières rouges, et le gagnant qui ne montre pas son visage humain, font que l'homme en est réduit à son stade le plus primitif et le plus violent.

Habitude depuis quelques années, le festival s'est conclu par une nuit blanche plus axée sur le divertissement excentrique.

Quatre longs-métrages fous dont MAD MISSION 3 à la présentation de Gregory Morin tout aussi mad.

Des bandes-annonces de séries B et Z ont rappelé l'époque du cinéma d'exploitation, sa surenchère quasi proportionnelle à son manque de budget, sa diversité de choix, ses pseudonymes et ses figures bis mythiques.

Et pour finir cette nuit, et donc le festival, il s'est terminé comme il a commencé. Par un ciné-concert de clôture avec deux courts-métrages muets, l'un aussi incomplet qu'abîmé et un porno muet comique sur Agénor, un homme vieillissant dans une grande forme grâce à des pilules. Il en est si heureux qu'il devra recoller sa moustache en regard caméra.

Le bonheur d'un homme, voilà l'ultime image d'Extrême cinéma 2013.

Photographies de Fred Ambroisine.

Merci aux programmateurs et à l'ensemble de la cinémathèque de Toulouse pour ce festival.

Paul Siry
16/12/2013
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