Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bornes


ORIGINE
France
Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bornes Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2012
AUTEUR
Julien Bétan
Critique Littéraire Extrême ! Quand le cinéma dépasse les bo
EXTREME est un livre qui a tout pour plaire aux lecteurs de la première heure de SUEURS FROIDES.

Le fanzine s'occupait alors beaucoup du cinéma le plus extrême, justement, à travers des études sur les fims nécrophiles de Jörg Buttgereit ou la série des GUINEA PIG, loin encore de sortir en DVD chez nous. Depuis longtemps, SUEURS FROIDES s'est diversifié pour aborder le cinéma de genre tout entier, et pas principalement le film d'horreur ultra violent, pervers, malsain et dérangeant. Ce qui n'empêche ce qui est devenu un site internet d'y revenir de temps à autre au gré d'une actualité encore riche en ce domaine (récemment, le traumatisant A SERBIAN FILM, abondamment étudié dans l'ouvrage de Julien Bétan, EXTREME).

Paru aux Moutons électriques, comme sa précédente étude ZOMBIES que nous avions appréciée en sontemps, EXTREME étudie le cinéma d'horreur et de la violence en abordant principalement le mondo, le snuff movie (qui a une place à part, nous y reviendrons), le survival et le rape and revenge.

Le mondo, c'est le vrai-faux documentaire spécialisé dans le sordide et le fait divers sanglant.

Le survival, c'est la confrontation du civilisé face à l'homme-bête. Pour survivre, le premier devra user des façons impitoyables du second. Une sorte d'hymne à la loi de la nature primordiale, celle du plus fort.

Le R and R, c'est la vengeance sanglante d'une femme violée - ou de ses proches, comme dans le classique LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE.

Le snuff-movie n'a rien à voir avec l'horreur fictionnelle, puisqu'il s'agit de films où la mort serait réelle et provoquée sciemment devant la caméra. Une sorte de gonzo de la mort dont l'existence en tant que produit commercialisé (par des réseaux criminels) n'a encore jamais été prouvée. Certais films d'horreur particulièrement éprouvants comme les deux premiers GUINEA PIG sont de faux snuffs. Des polars comme 8 MM ont choisi d'explorer ce thème. Les liens avec le cinéma de genre s'arrêtent là.

Julien Betan explore avec brio la face la plus sombre du cinéma d'horreur. Mondo, snuff (il a raison d'en parler puisqu'il faut bien qualifier ces produits de films s'ils existent), survival et R and R sont bien traités, par la citation d'oeuvres phares et fondatrices mais aussi de productions récentes comme les AUGUST UNDERGROUND. Il néglige en revanche le film de tortures (simulées, précisons-le), même s'il l'évoque à travers le Torture Porn qui connaît un tel succès depuis quelquesannées avec les HOSTEL et les SAW. Ces derniers sont cités dans EXTREME mais on aurait aimé un passage sur les films de tortures japonais comme ceux de Teruo Ishii, dont l'approche nous semble toute différente. Nettement moins « fun » à vrai dire.

Le film purement gore lui-même est un peu oublié, c'est dommage. Il s'agit bel et bien de cinéma extrême dans sa façon d'aborder la violence dans ce qu'elle a de plus sanglant.

La place limitée donnée à ces genres importants, comme la volonté de ne pas traiter la pornographie (justifiée, certes, mais de façon assez discutable à notre avis), nous semblent gênantes. C'est un manque que l'on peut ressentir à la lecture. Par contre, il est évident qu'on ne doit en aucun cas reprocher à l'auteur de ne pas traiter tel ou tel film. C'est bien évidemment impossible dans le cadre d'une étude forcément limitée par son nombre de pages comme par des choix assumés. C'est là du détail. Nous aurons tous un film fétiche, degré franchi dans l'inommable à nos yeux, qui ne sera même pas cité ici ; encore une fois c'est tout naturel.

L'intérêt d'un tel ouvrage est ailleurs, dans la réflexion même qu'il abrite, passionnante, intelligente sans jamais trop verser dans un intellectualisme potentiellement indigeste (ou en tout cas en ne le faisant qu'assez rarement).

Les italianophiles avaient jadis apprécié quelques numéros spéciaux de Nocturno sur le mondo, le R and R et le film de tortures. Sans passer par la case « catalogue de films », EXTREME les complète très efficacement en développant la vue d'ensemble qui leur faisait peut-être défaut. Le contexte est différent : du magazine au livre.

Patryck Ficini
05/08/2012
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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