Fantastic'Arts 2008


Fantastic'Arts 2008 Affiche

AUTEUR DE L'ARTICLE: Patrick Lang
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Critique Fantastic'Arts 2008
{Photo 1 de Fantastic'Arts 2008} Passons rapidement sur PEUR(s) DU NOIR, véritable recueil de courts films d'animations, réalisés par 8 personnes issues d'horizons différents. On retrouve ainsi, entre autre, Blutch, bien connu dans le monde de la bande dessinée puisqu'il a oeuvré pour Fluide Glacial, ou encore l'écrivain Romain Slocombe. Film presque entièrement en noir et blanc, il nous présente des tranches de vie de quelques personnages, qui se retrouvent dans des situations qui basculent dans le surnaturel. C'est entrecoupé de séquences assez bizarres où l'on entend une voix parler alors que défilent des figures abstraites sur l'écran. PEUR(S) DU NOIR est très influencé par la littérature fantastique, Kafka et Poe en tête. C'est malheureusement souvent ronflant, la majorité du public présent a d'ailleurs déclaré forfait. C'est un film d'auteur, on ne comprend pas toujours tout ce qui se passe à l'écran, ce qui est autant un avantage qu'un inconvénient.

Film d'origine espagnole, APARECIDOS de Paco Cabezas, s'intéresse aux fantômes des victimes d'un massacre qui hantent une chambre d'un hôtel. Pablo et sa soeur Malena passent par là et décident d'enquêter sur ce qui c'est passé ici 20 ans p{Photo 2 de Fantastic'Arts 2008} lus tôt. Ils apprendront bien vite que leur père mourant est étroitement lié à ce fait-divers sanglant.

APARECIDOS bénéficie d'une mise en scène solide, d'acteurs très convaincants et de véritables moments terrifiants. Le fantastique émergeant d'Espagne est devenu incontournable depuis quelques temps, et APARECIDOS, malgré un scénario qui s'essouffle dans sa deuxième partie et un épilogue inutile (les deux protagonistes sont capables de voir les fantômes de centaines de personnes, flottants tout autour d'eux), n'a pas à rougir de ses aînés. On en sort mitigé, mais optimiste quand à l'avenir du réalisateur, qui pourrait très bientôt ajouter sa pierre à l'édifice, mais en maîtrisant mieux son scénario que dans APARECIDOS, qui part un peu dans tout les sens.

TEETH, de Mitchell Lichtenstein, raconte l'histoire d'une lycéenne, fervente défenseur de la chasteté, qui découvre que son vagin est pourvu d'une dentition!

C'est un sujet délicat, surtout pour un film venant des Etats-Unis, pays réputé très prude. Pourtant le film, malgré une entrée en matière axée sur l'humour, les personnages et leurs sentiments (on se croirait presque dans un film pour ados), verse da{Photo 3 de Fantastic'Arts 2008} ns le 'trash' pur à mi-chemin. C'est d'ailleurs un des principaux problèmes du métrage, il se ''cherche''. Hésitant souvent entre plusieurs genres (comédie, horreur et satire sur la jeunesse), c'est indéniablement dans les excès d'humour et de 'trash' qu'il se sent le mieux. Citons à cet égard la scène où la jeune fille se rend chez un gynécologue (et les remarques sarcastiques de celui-ci), et le passage où ce dernier se fait manger les doigts par ce vagin vorace ! TEETH contient encore plus de scènes de ce calibre. Son côté "jusqu'au-boutiste" séduit donc tout particulièrement, et ce malgré l'attente qui précède (près de la moitié du métrage). Un authentique film de fous, à découvrir.

LE ROI DE LA MONTAGNE apporte sa contribution au survival. Ce sous-genre est mal représenté dans son Espagne d'origine, et comme d'habitude, la touche hispanique se fait ressentir: personnages denses, rythme crescendo et une grande classe dans la réalisation de Gonzalo López-Gallego, dont c'est le premier long. Cette histoire d'un homme perdu dans une région montagneuse, qui se fait littéralement chasser par des adeptes de la gâchette, nous emporte dans un cauchemar pour ne plu{Photo 4 de Fantastic'Arts 2008} s nous laisser de répit jusqu'au final surprenant. LE ROI DE LA MONTAGNE, à défaut d'être original, est d'une efficacité redoutable. A voir absolument pour tout fan de survival.

Dario Argento, 68 ans, c'est enfin décidé à clore sa trilogie des ''mères", après SUSPIRIA et INFERNO datant respectivement de 1977 et 1980 tout de même. Comme à chaque sortie d'un nouveau film du maître, il divise toute une communauté de fans. Avec MOTHER OF TEARS, la situation sera tout aussi délicate. Les critiques positives et négatives sont légions. Le troisième chapitre de cette série mythique ne fera pas l'unanimité. Rome, 2007. Sarah Mandy, jeune employée de musée, ouvre une urne ancienne avec sa collègue. Après le meurtre ultra violent de cette dernière par une force maléfique, Sarah décide de trouver ce qui désormais la poursuit sans relâche tandis que le chaos règne dans les rues de Rome. Cette ville devenant le lieu de rencontre de toutes les sorcières du monde, qui joignent leurs forces pour accueillir leur reine, Mater Lachrymarum... C'est vrai que MOTHER OF TEARS refroidit le puriste, par quelques fautes de goût: Asia Argento nous livre sa pire contribution d'actrice à ce jour, les jours du SYNDROME DE STENDHAL sont bien loin, plusieurs scènes ridicules viennent descendre le niveau du film jusqu'à frôler le gros Z. Le look des sorcières, tout droit sorties de SATURDAY NIGHT FEVER, est déplorable; les apparitions de la mère de Sarah (jouée par Daria Nicolodi, vraie maman d'Asia) en images de synthèse, sont horribles. Pourtant, tous ces inconvénients ne réussissent pas à atténuer le plaisir qu'on ressent à la vision du film. Plus vos attentes seront élevées, plus vous serez déçus. Mais si vous prenez ce film à la légère, comme un divertissement "pop-corn", il demeure extrêmement jouissif. Le gore, très présent, est brutal ; le premier meurtre est un exemple parfait de pure barbarie, avec cette employée de musée qui se fait pendre par ses propres boyaux!

Résultat mitigé, MOTHER OF TEARS laisse un arrière-goût amer, car en se bougeant un peu plus les fesses, Dario Argento aurait pu livrer un chef d'oeuvre de plus. A la place, nous avons un petit film jouissif et divertissant ; ça aurait pu être pire.

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Patrick Lang
22/12/2009
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