Festival européen du film fantastique de Strasbourg 2011


Festival européen du film fantastique de Strasbourg 2011 Affiche

AUTEUR DE L'ARTICLE: Yannik Vanesse
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Critique Festival européen du film fantastique de
La quatrième édition du Festival Fantastique de Strasbourg se veut plus ambitieuse que les précédentes. En effet, elle a débuté par une zombie walk qui a vu 3 000 personnes tituber dans les rues de Strasbourg, recouvertes d'un horrible maquillage zombiesque (il était possible de se faire maquiller sur place). Mais cette nouvelle édition offrait surtout toute une semaine dédiée au cinéma qui nous fait vibrer. Très cohérent, le festival débutait et se terminait par un mélange d'horreur et de comédie avec les passionnants SUPER et TUCKER ET DALE FIGHTENT LE MAL.

Pour le reste, la programmation était divisée en plusieurs catégories. La sélection officielle voyait onze films concourir, soit pour le Mélies d'argent, meilleur film européen de la sélection (remporté par le très intéressant conte poétique HIDEAWAYS), soit pour l'Octopus d'or, meilleur film international qui a été récupéré par le violent uppercut viscéral qu'était THE WOMAN (qui a aussi gagné le prix du public).

Parmi les onze films présentés, la sélection proposait de nombreux métrages des plus intéressants lutter pour les prix. On pense à l'onirique VAMPIRE, film difficile d'accès mais salué par une mention spéciale du jury (composé entre autres du créateur de comics Ben Templesmith et dont le président était le grand, l'immense George Romero).

Bien d'autres métrages étaient visibles, dans la section cross-over ou dans les séances spéciales, des films en avant-première ou encore sans dates de sortie.

En ce qui concerne le ressenti du spectateur, les films réalisés par les Américains laissent entrevoir un certain désespoir. THE WOMAN traite ainsi de la famille et de ce qui se dissimule sous les convenances et la bienséance. STAKE LAND et RED STATE, quant à eux, s'intéressent à l'intégrisme, sujet sur lequel se penche aussi SUPER. Ce dernier égratigne également les codes sociaux et la morale, tout comme l'irrépressible besoin de héros des Etats-Unis. De son côté, BELLFLOWER parle de la jeunesse américaine en perte de repères et autodestructrice.

Tous ces films semblent dépeindre une maladie qui se répand dans leur pays, une souffrance et de sévères pertes de repères. Ces propos, intéressants bien que dérangeants, sont traités avec justesse dans des films passionnants.

La section midnight extrême s'intéressait à un cinéma plus déviant, que ce soit par son humour décalé et assez lourd (THE NEW KIDS TURBO) ou par sa violence plus graphique (THEATRE BIZARRE, LITTLE DEATHS).

Le festival de Strasbourg permit également de voir HÄXAN, LA SORCELLERIE A TRAVERS LES AGES. Ce film muet bien plus troublant que beaucoup de films d'horreur actuels, était accompagné, en live, de la musique de Matti Bye, compositeur spécialisé dans l'accompagnement de films muets. Le résultat était absolument magique. En effet, Matti Bye accompagnait si bien le film qu'il parvenait à en faire les bruitages, nous faisant parfois oublier que le film était dépourvu de son. Il s'est mis en retrait et au service de l'œuvre avec un grand talent qui force respect et admiration.

Ily eut aussi trois rétrospectives. L'une était dédiée à Tod Browning et permit de voir, sur grand écran, des chefs-d'œuvre comme FREAKS ou THE UNKNOWN, toujours aussi étouffant et marquant. L'autre était évidemment dédiée à George Romero et a présenté tous ses films de zombis. La dernière rétrospective s'est attachée à Edgar Wallace. Ce fut l'occasion de découvrir les krimis, ce polar kitsh et délirant nous venant directement d'Allemagne, ainsi que deux gialli.

Les courts-métrages ne furent cependant pas oubliés, concourant eux aussi pour un prix (avec deux séries diffusées, l'une française et l'autre internationale). Certains de ces courts-métrages se sont révélés particulièrement passionnants, comme par exemple LITTLE QUENTIN, film d'animation néerlandais au scénario et aux images tout bonnement excellents.

Les organisateurs du festival, dotés d'autant de gentillesse que de professionnalisme, permirent à cette rencontre d'exister (et, vu tous les facteurs à prendre en compte, ce ne fut pas chose facile) et se mirent en quatre pour nous permettre de rencontrer les nombreux invités présents, jonglant avec les disponibilités de chacun et les changements d'emploi du temps, sans faire de distinction entre petits et grands médias. Ils avaient aussi, installés au Village Fantastique, plusieurs stands de T-shirt ou de comics, mais ce lieu était surtout l'endroit idéal où faire une pause tout en buvant un verre ou en mangeant une délicieuse tarte flambée faite maison.

En bref, voici un excellent festival qui, cela ne fait aucun doute, continuera à grandir, pour le plus grand plaisir des amateurs d'horreur.

Plusieurs interviews ont pu être réalisées. Ces entretiens, avec Ben Templesmith, George Romero, Lucky McKee, Keith Wright, Miguel Angel Vivas, Agnes Merlet et l'équipe de Livide (les acteurs et un de ses réalisateurs, Alexandre Bustillo), pourront bientôt être écoutés dans l'émission Culture Prohibée, téléchargeable sur le site des films de la gorgone http://www.lesfilmsdelagorgone.fr/mapage/index.html

Yannik Vanesse
11/10/2011
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