Festival les 60 ans du Brady à la Cinémathèque de Toulouse


Festival les 60 ans du Brady à la Cinémathèque de Toulouse Affiche

AUTEUR DE L'ARTICLE: Stéphane Bex
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Critique Festival les 60 ans du Brady à la Cinéma
{Photo 1 de Festival les 60 ans du Brady à la Cinémathèque de Toulouse} Le Brady, cette vieille dame mal élevée mais encore ingambe fêtait ses 60 ans à la Cinémathèque de Toulouse du 28 au 30 avril 2016. Le repaire bien connu des bissophiles et des amateurs de cinéma de quartier, seul cinéma permanent à subsister au sein de la capitale, revient sur sa programmation avec un petit bouquet filmique préparé par Jacques Thorens, auteur d'un ouvrage consacré au lieu.

En hommage à l'esprit frondeur et à la liberté du cinéma, le festival débute avec une oeuvre au titre antiphrastique JOURS TRANQUILLES A CLICHY (pas celui de Chabrol en 1990, mais celui du peintre danois Jens Thorsen). Censuré, interdit dans plusieurs pays, l'oeuvre évoque avec légèreté et humour la drague aventureuse de deux{Photo 2 de Festival les 60 ans du Brady à la Cinémathèque de Toulouse} copains à travers le Paris de la fin des années 60. Avec un érotisme ludique et bon enfant mêlé à une originalité formelle, Thorsen retraduit la libération sexuelle de l'après-68, transposant avec réussite le matériau littéraire de Miller.

Toujours dans la veine érotique familière aux doubles programmes du Brady, mais passant à la vitesse supérieure, BORDEL SS du prolifique Bénazéraf, évoque la résistance active des occupantes d'un bordel, soutirant à l'ennemi au moyen de leurs charmes des renseignements précieux. Rappelant, sur le même sujet, le SALON KITTY de Tinto Brass, le film est cependant bien en-dessous. Brigitte Lahaie y fait cependant une courte mais remarquée apparition.

Après cette « mise en bouche » s{Photo 3 de Festival les 60 ans du Brady à la Cinémathèque de Toulouse} i l'on peut dire, la programmation s'attaque à la veine la plus originelle du Brady : le fantastique avec LA FURIE DES VAMPIRES DE Leon Klimosky, un des nombreux épisodes mettant en scène la vedette du cinéma fantastique des années 60-70, Paul Naschy, reprenant ici son rôle de loup-garou qui combat héroïquement des vampires revenus à la vie pour s'attaquer à de jeunes éudiantes anthropologues. Le film maltraité par le temps offre - miracle des ellipses involontaires et d'un montage imprévu - quelques moments poétiques et savoureux. On y croise un mort-vivant incongru, invité le temps d'un bref plan. Bref on y mange et on y boit ; c'est à la bonne franquette décomplexée. De Franco précisément, il est question ensuite avec LE SADIQUE BARON VON KLAUS, un giallo avant l'heure du encore-plus-prolifique réalisateur espagnol Jess Franco (ici cinquantière film). Dans un film vénéneux, le réalisateur ibérique retraite avec élégance une matière hitchcockienne sur un mode gothique, poursuivant la veine de L'HORRIBLE DOCTEUR ORLOFF tourné juste avant.

De vampires, il est encore question avec LE FRISSON DES VAMPIRES du controversé Jean Rollin, mélangeant les influences picturales (Delvaux, Magritte) et le goût du roman d'aventures ou du serial fantastiques (Leroux). Hiératisme des figures, érotisme lesbien, décor gothique, jeu des éléments, photographie crépusculaire qui fait flamboyer les corps, on retrouve ici encore une fois le charme si particulier des oeuvres du cinéaste décédé depuis peu.

Le temps d'un passage vers le peplum avec LE GEANT DE LA VALLEE DES ROIS, mettant en scène un Maciste marxiste venu venger un peuple égyptien soumis au joug tyrannique de la belle Chelo Alonso, le festival s'achève en grands cris avec THE BLOB de Yeaworth Jr., belle mise en abyme de l'invasion proliférante de la matière bis à l'intérieur du cinéma. Pour orchestrer la présentation de l'ensemble des films, le duo Jacques Thorens, auteur du CINEMA DES DAMNES, chronique du lieu, et son acolyte, « Laurent le bissophile », un habitué du cinéma, officiaient à tour de rôle, évoquant les aspects les plus étranges et l'histoire mouvementée de ce cinéma « pas comme les autres ».

Stéphane Bex
27/05/2016
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