First squad – The moment of truth


ORIGINE
Russie, Canada, Japon
First squad – The moment of truth Affiche

ANNEE
2009
REALISATION

Yoshiharu Ashino

Critique First squad – The moment of truth
{Photo 1 de First squad – The moment of truth} 1942, sur le front russe, Nadya est une jeune adolescente orpheline, partiellement amnésique suite à un bombardement. Disposant de pouvoirs de prescience, elle est recueillie par un ermite qui lui enjoint de rejoindre le général Below, de la 6e escadre des renseignements soviétiques. Mais il semble bien que les services secrets du IIIe Reich considèrent Nadya comme une menace majeure pour leur plan d'offensive finale sur le front de l'Est.

Un manga japonais (un « animé »), situé dans l'Union soviétique de 1942, entrelardé d'interviews de (pseudos) historiens et vétérans de la seconde guerre mondiale, produit par des russes et des canadiens, voilà qui n'est pas banal.

Le projet démarre à l'origine comme un clip pour le rappeur russe Ligalize avant d'êt{Photo 2 de First squad – The moment of truth} re allongé au format d'un long métrage... dont la fin ne résolvant pas l'enjeu de l'intrigue, ni même plusieurs de ses lignes narratives (qu'adviendra-t-il des compagnons de Nadya, qu'est-il arrivé à ses parents ?) annonce, en cas de succès, une suite. On évoque même une trilogie. Quand à la bande originale, elle a in fine été confiée à DJ Krush.

Ashino a dirigé le film au sein du studio 4°C, qu'on connaît depuis leur travail sur ANIMATRIX. Il livre un beau travail, à la fois fluide et maîtrisé, bien qu'il n'atteigne pas le génie de grands maîtres de l'animation japonaise comme Mamoru Oshii ou Satoshi Kon. Si on évoque ces deux noms, c'est bien parce que leur influence se fait parfois sentir dans les thématiques : l'ambiance « à la soviétique » avait été{Photo 3 de First squad – The moment of truth} superbement traitée par Oshii dans AVALON (autre film produit par des capitaux non japonais, et tourné en Pologne) tandis que les sautes de mémoire de l'héroïne et le voyage dans son subconscient nous rapprochent des structures chères à Satoshi Kon dans PERFECT BLUE, MILLENIUM PRINCESS et PAPRIKA.

L'animation japonaise s'est à d'autres reprises intéressée à la seconde guerre mondiale, ne citons que THE COCKPIT (Leiji Matsumoto) et bien évidemment GEN D'HIROSHIMA ou LE TOMBEAU DES LUCIOLES (Isao Takahata). Hors Japon, nous avions il y a quelques années été émerveillé par le CORTO MALTESSE EN SIBÉRIE.

Mais dans FIRST SQUAD, la culture manga reste très prégnante via certaines caractéristiques typiques. Ainsi, si on évite les combats de « Mecha » (le seulobjet à s'en rapprocher est le « Spoutnik 1 »), on conserve des héros adolescents, dotés de capacités surhumaines, plus archétypaux d'ailleurs que véritablement humains, et plongés dans un monde où le surnaturel joue un rôle prépondérant.

Et pour rester dans la filiation possible de ce FIRST SQUAD, des nazis à la recherche de puissants artefacts pouvant leur donner des pouvoirs surnaturels ne sont pas sans évoquer les intrigues récurrentes des INDIANA JONES. Ici, lesdits nazis disposent d'une épée leur permettant d'invoquer une armée de morts vivants. Nazisme et morts-vivants, le mélange a à plusieurs reprises inspiré les scénaristes : SHOCKWAVE, L'ABÎME DES MORTS-VIVANTS, LA FORTERESSE NOIRE, et plus récemment DEAD SNOW.

On l'a dit, la narration est entrecoupée d'interviews de vétérans, psychologues et autres historiens qui viennent confirmer ou infirmer l'histoire qui nous est contée. Tout cela s'inscrit dans la tradition du documenteur, en plein âge d'or depuis une bonne décennie (depuis l'avènement de la télé-réalité, depuis Internet et son influence sur la production « d'information » ?). A l'inverse donc des interviews russophones véridiques de PHILOSOPHY OF A KNIFE, autre film traitant, sur un mode cependant oh combien différent, d'événements occultés de la seconde guerre mondiale.

Au final, FIRST SQUAD, s'il ne se hisse pas au niveau des touts grands chefs d'œuvre de l'animation, a pour lui suffisamment d'atouts pour emporter la partie. Le spectacle est au rendez-vous. Que demander de plus ?

Philippe Delvaux
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Asian Scans
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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