Full Contact


ORIGINE
Hong Kong
Full Contact Affiche

ANNEE
1993
REALISATION

Ringo Lam

INTERPRETES
Chow Yun-Fat
Anthony Wong Chau-Sang
Simon Yam
Ann Bridgewater
Critique Full Contact
{Photo 1 de Full Contact} 13 ans après sa sortie, a-t-on encore besoin de présenter cet inestimable joyau du polar hongkongais ? Il en serait même judicieux. FULL CONTACT est un film de qualité qui ne pouvait plus rester inédit en DVD dans nos contrées. Et c'est HK Vidéo qui le distribue. Alors que l'industrie cinématographique de l'île est en pleine crise créative, deux réalisateurs majeurs du néo-polar livrent coup sur coup deux de leurs plus grands films. D'abord John Woo en 1992 avec A TOUTE EPREUVE puis Ringo Lam un an plus tard avec le crépusculaire FULL CONTACT.

Bangkok. Pour aider son ami Sam Sei submergé de dettes, Gao Fei (Chow Yun-Fat dont la cool attitude crève littéralement l'écran) organise le braquage d'un camion d'armes avec la complicité d'un criminel notoire surnommé le Juge, lui-même co{Photo 2 de Full Contact} usin de Sam Sei. Mais le braquage tourne court : sanguinaire, violent et peu scrupuleux, le Juge trahit Gao Fei. Et ce dernier oblige Sam Sei à tuer son ami. Laissé pour mort, Gao Fei est soigné par un moine bouddhiste et, tout en recouvrant ses forces, prépare une vengeance qui le mènera à Hong Kong, terre d'élection du Juge.

Hard boiled, jusqu'au-boutiste et sans concession, tels sont les principaux qualificatifs qui viennent à l'esprit après avoir assisté à cette revanche que prend Gao Fei. Bourré d'idées de mise en scène complètement ébouriffantes, FULL CONTACT est un film qui prend le spectateur aux tripes et ne le lâche plus pendant toute sa durée ; et continue même de le poursuivre après. Sur une histoire très classique pour ne pas dire convenue de trahison et de vengeance{Photo 3 de Full Contact} , Ringo Lam signe l'une de ses plus belles mises en scène. Empreint à la fois d'une violence sèche rappelant le polar américain des années 1970, FULL CONTACT est également empli des plus folles expérimentations visuelles que ne renierait pas un Sam Raimi époque DARKMAN. Ringo Lam orchestre ainsi un festival de violences et de déviances graphiques très comics mais toujours en cohérence avec l'histoire et les thèmes qu'il développe. Amitié virile, trahison, vengeance, rédemption, amour impossible, tous les thèmes chevaleresques de ce cinéma populaire de l'île sont ici abordés avec le parti pris de pousser jusqu'au bout les situations les plus extrêmes.

Amis hier, ennemis aujourd'hui, les personnages se croisent dans un ballet tragique car la plupart ont pleine conscience de leurs actes passés et savent pertinemment que leur futur s'annonce funèbre. La maestria de la réalisation offre un véritable écrin à une violence stylisée par le biais d'une esthétique et d'un découpage d'une précision chirurgicale qui ont depuis fait école. Fusillades dont les balles sont filmées en gros plan traversant l'espace (une première à l'époque), affrontements à l'arme blanche se rapprochant d'un réalisme à la TRAQUE de Friedkin, explosions filmées comme un sublime feu d'artifice, les scènes d'action se succèdent dans une frénésie galvanisante. Bien sûr, le film n'évite pas certains écueils et il est parsemé de quelques défauts dont le principal est une forme de vulgarité propre à l'univers du réalisateur. En effet, Ringo Lam emploie souvent quelques procédés douteux qui, ainsi que le sous-texte sexuel poisseux du film, peuvent gêner, concernant notamment une vision plutôt caricaturale (même si elle n'est abordée que de manière diffuse) de l'homosexualité. Mais les grands films ne sont pas toujours des modèles de perfection et l'ivresse que procure FULL CONTACT fait vite oublier ces quelques gênes.

Porté par des comédiens en état de grâce (Chow Yun-Fat bien sûr mais aussi le plus discret Anthony Wong Chau-Sang et, Simon Yam qui trouve ici un rôle à la démesure de son talent) et un scénario qui même s'il empile les clichés du cinéma de Hong Kong sait rester en retrait, FULL CONTACT est une réussite.

Collant de près à la personnalité de son auteur, ce film est l'incarnation même de son talent et se conclue sur un climax visuellement affolant. Une bombe.

Nassim Ben Allal
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°33
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Nassim Ben Allal
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