Gagner La Guerre


ORIGINE
France
Gagner La Guerre Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2009
AUTEUR

Jaworski Jean-Philippe

Critique Littéraire Gagner La Guerre
Don Benvenuto Gesufal est un assassin au service du Podestat de la République, ce dernier étant un intriguant de la pire espèce, prêts à tout pour régner. Et la guerre avec ses voisins est une occasion parfaite pour qu'il puisse dérouler ses plans d'une grande complexité, au centre desquels se trouve son âme damnée, Benvenuto.

Jean-Philippe Jaworski est créateur de jeu de rôle (il s'est occupé, entre-autre, du magnifique « Te Deum pour un massacre »). Après un recueil de nouvelles de fantasy, JANUA VERA, il revient avec GAGNER LA GUERRE. Cet énorme roman (qui dépasse les 900 pages) est en fait la suite d'une des nouvelles de JANUA VERA, qui racontait comment Don Benvenuto était entré au service du podestat.

La première chose qui marque, après avoir commencé GAGNER LA GUERRE, c'est la qualité de la plume de Jean-Philippe Jaworski. D'une perfection qui touche au magnifique, l'auteur déroule une prose fleurie et imagée, démontrant à chaque ligne la qualité de la langue française. Tout y est développé, l'auteur utilise un langage soutenu empli de mots rarement usités, et le lecteur, s'il est friand de ce genre d'écriture, sera aux anges. D'autant que le récit est ici conté à la première personne, tout étant vu par les yeux de Don Benvenuto. Ainsi, grâce à la qualité de la plume, à l'ironie mordante dont fait preuve notre narrateur, et à la manière qu'il a d'interpeller le lecteur, le questionnant sur ce qui le motive en plongeant dans ce récit, Jean-Philippe Jaworski parvient d'une part à nous faire aimer une des pires ordures jamais mise en avant, mais de surcroît arrive à ne jamais laisser de longueur dans son récit, malgré l'épaisseur du livre et la taille parfois hallucinante des descriptions de lieux, de personnages, ou de récits historiques passés. Car grâce à la gouaille du narrateur, toujours prompt à juger, critiquer, se moquer, évaluer ou chercher des sens cachés, la simple description d'un bâtiment ou d'une toile de maître devient un récit à part entière, empli d'intrigues à la grande complexité.

Car l'autre force de Jean-Philippe Jaworski, c'est la qualité de son intrigue. Elle paraît de prime abord d'une simplicité redoutable (une guerre entre deux états, des accords secrets passés en coulisse) mais, du fait du côté machiavélique de chaque protagoniste, tout devient affaire de faux semblants, d'apparences, de plans déroulés sur plusieurs années, et le lecteur se retrouve pris à la gorge, mis à mal, ne sachant jamais qui est un allié ou un adversaire, d'autant que notre magnifique narrateur prend un malin plaisir à brouiller les cartes (le pied de nez qu'il réserve à ses lecteurs à la fin du premier chapitre reste inoubliable).

Inspiré de la Renaissance italienne, à laquelle Jean-Philippe Jaworski ajoute une bonne dose de magie, GAGNER LA GUERRE est un livre passionnant. L'univers dépeint est original ; le récit passionnant n'est pas exempt de violence, loin s'en faut. Les affrontements sont sanglants et le héros souffre énormément au fil du livre. Les premiers chapitres, dans lesquels Don Benvenuto se fait longuement torturer, sont assez dérangeants, mais l'auteur ne fait pas preuve de complaisance. Il ne décrit pas des giclées de sang pour faire plaisir aux amateurs de gore, mais pour rappeler qu'un coup d'épée fait mal, pour plonger dans un certain réalisme et surtout, pour montrer d'une part que Don Benvenuto est un sacré salopard (même si on ne peut s'empêcher de l'aimer) mais aussi, qu'il souffre énormément au fil des pages.

Au final, GAGNER LA GUERRE est un livre que tout amateur de fantasy se doit de lire, tant il frise la perfection la plus totale. Il s'agit du genre de lecture qu'on ne peut s'empêcher de continuer jusqu'à la dernière page, et qu'on oublie difficilement. Un grand moment de littérature assurément.

Yannik Vanesse
23/10/2014
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Yannik Vanesse
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