Girl asleep


ORIGINE
Australie
Girl asleep Affiche

ANNEE
2015
REALISATION

Rosemary Myers

INTERPRETES
Bethany Whitmore
Harrisson Feldman
Critique Girl asleep
{Photo 1 de Girl asleep} Greta, à l'aube de ses quinze ans vient d'emménager avec sa famille dans une nouvelle ville. Timide et réservée, elle peine à se faire des amis. Elle est même prise en grippe par les trois pestes de l'école. Heureusement, le jeune Elliott, un peu amouraché, la convainc de lui offrir son amitié. Mais tout ne va-t-il pas déraper lors de la fête d'anniversaire organisée sur l'insistance des parents de Greta ?

Bon, écrit comme ça, le résumé ne fait pas très Sueurs Froides, on en conviendra.

Et pourtant, voilà bien une petite pépite en provenance d'Australie, qui emprunte les chemins du conte merveilleux pour traiter du passage à l'adolescence. Le genre n'est certes pas vierge, mais on lui connait quelques œuvres qui pourraient de par leur caractère fantastique sans p{Photo 2 de Girl asleep} eine rentrer dans le cadre éditorial de Sueurs Froides et auquel GIRL ASLEEP fait fortement penser tout en conservant une réelle indépendance : MAX ET LES MAXIMONSTRE en premier lieu, splendide adaptation de Sendak par Spike Jonze, mais aussi - il est revenu dans l'actualité en 2016 suite à la mort de David Bowie - LABYRINTH. GIRL ASLEEP ne repose pas sur des marionnettes cependant, mais use d'une direction artistique ultra colorée et d'éléments fantastiques oniriques qui n'auraient pas déparé dans un Michel Gondry.

GIRL ASLEEP a été présenté à l'Etrange festival 2016, dans une édition par ailleurs riche de plusieurs autres métrages usant du merveilleux et de la structure des contes en les enrobant dans une direction artistique originale : THE LURE tout d'abord, réitéra{Photo 3 de Girl asleep} tion de La petite sirène d'Andersen (un conte qui a également servi de base au film d'animation tchèque de Jan Balej, LITTLE FROM THE FISH SHOP en 2015), mais surtout en ce qui nous concerne ici BABY BUMP, autre variation, polonaise cette fois, sur les tourments du passage à l'adolescence.

GIRL ASLEEP, c'est un tourbillon de musique - plusieurs scènes sont chorégraphiées -, de trouvailles visuelles, et de vêtures, parures et décors improbables. L'intrigue est en effet située dans les seventies dont toutes les outrances sont ici magnifiées : amateurs de cols de chemise interminables, de lunettes énormes et de shorts riquiqui, d'orange et de beigeasse, vous allez adorez.

On l'a dit, GIRL ASLEEP prend la forme du conte et en exploite tous les motifs : la femme endormie{Photo 4 de Girl asleep} (le rêve comme espace transitionnel), la somnolence provoquée suite à une écharde - qui a dit « la belle au bois dormant ? - dans une boite à musique rattachée au monde de l'enfance et à l'héritage parental dont il faut se défaire, le voyage initiatique dans une forêt, une grotte, une rivière (des symboliques classiques) tous peuplés de monstres réminiscences des proches de Greta : la raideur de la mère réinterprétée dans une reine des glaces, la lourdeur du père incarnée en un monstre visqueux et gluant, les harpies de l'école transformées en chiennes menaçantes, l'amant de la sœur devenu un playboy sirupeux, etc.

Mais si les thèmes paraissent éculés, c'est leur traitement qui fait sens et réinsuffle vie au film. Loin d'une illustration plate, la mise en scène cherche le merveilleux dans le décalage et le loufoque, nous éloignant de fait du monde adulte pour nous faire expérimenter le regard imaginatif de la jeune Greta.

GIRL ASLEEP est le premier long métrage de la metteuse en scène de théâtre Rosemary Myers. Le film est d'ailleurs adapté d'une pièce du dramaturge Matthew Whittet.



Onirique, GIRL ASLEEP est une des très bonnes surprises de cet Etrange festival 2016.

Pour l'anecdote, son interprète principale, Bethany Whitmore, avait prêté sa voix, quelques années auparavant à l'héroïne de MAX ET MARY, excellent film d'animation en pâte à modeler, qui avait clôturé une autre édition de l'Etrange festival et qui traitait, lui aussi - mais sous un angle tout à fait différent - d'une jeune fille à la socialisation problématique.

Philippe Delvaux
28/09/2016
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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