Green Room


ORIGINE
Américain
Green Room Affiche

ANNEE
2016
REALISATION

Jeremy Saulnier

INTERPRETES
Anton Yelchin
Imogen Poots
Alia Shawkat
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Critique Green Room
{Photo 1 de Green Room} Se retrouvant au milieu de nulle part après un concert annulé, le groupe punk rock The Ain't Rights accepte au pied levé de donner un concert dans une salle au fin fond de l'Oregon. Balancés là-bas sans trop d'informations, les membres du groupe se rendent rapidement compte que la salle est tenue par des skinheads de type néo-nazi. Quoique déconfits, les rockeurs se produisent néanmoins sur scène avec la ferme intention de filer juste après le concert. Malheureusement pour eux, en revenant en backstage, ils tombent sur un cadavre fraîchement planté. Sous l'effet de la panique, ils s'enferment dans leur loge avec la seule survivante du groupe qui devait passer après{Photo 2 de Green Room} eux et l'un des skinheads, qu'ils soupçonnent fortement d'être impliqué dans le crime. Pour survivre, il va leur falloir affronter ces néo-nazis violents et prêts à tout pour garder ce meurtre secret.

Jeremy Saulnier, jeune réalisateur américain qui s'est fait connaître avec le brillant BLUE RUIN, un film de vengeance intimiste à l'atmosphère sombre, renoue avec ces héros paumés et confrontés au pire côté de l'être humain. Le jeune réalisateur préfère les personnages naturels aux clichés du cinéma, il soigne ses atmosphères et surtout recherche à donner du réalisme aux scènes de crime et de bagarre. Ce qu'on avait particulièrement déjà apprécié dans BLUE RUIN, da{Photo 3 de Green Room} ns lequel l'on sentait la difficulté à tuer quelqu'un, se retranscrit ici dans GREEN ROOM.

Le réalisateur dessine d'abord les traits de ces jeunes rockeurs qui s'affublent de tenues et d'airs de gros durs, chantent avec provocation des chansons antinazies dans une salle bourrée à craquer de skinheads. Pourtant, derrière leur allure de punk se cachent des gamins à peine sortis de la puberté, trop doux et tendres pour survivre à la nuit infernale qui les attend. Face à eux, des lacets rouges, des skinheads hyper-violents ayant fait leur preuve dans de précédents éclats menés par le génial Patrick Stewart (professeur Xavier dans X MEN) qui joue là un rôle de méchant{Photo 4 de Green Room} à la hauteur de son talent. Dans la bande des skinheads on retrouve d'ailleurs Macon Blair qui jouait le héros dans BLUE RUIN.

C'est dans cet affrontement qui semble terriblement déséquilibré que nos jeunes héros vont se révéler à eux-mêmes. La violence gore et trash qui va se déchaîner dans cette nuit, semblant sans fin, place la cruauté face à la délicatesse des personnages des jeunes punks, la méchanceté face à la douceur. Dans de brefs instants, l'amitié et l'amour semblent prendre le dessus, entre deux séances dans lesquelles la violence fait rage et le gore fait mouche. Membres déchiquetés par un animal ou des balles, battes de baseball ensanglantées, machettes, fusils de chasse, poignets à moitié découpés au couteau... Si la plupart de ces moments de violence sont quasiment en hors champs, le réalisateur prend soin d'en montrer assez pour que l'imagination du spectateur comble les trous.

Intelligent et méchant, GREEN ROOM n'a pas l'intention de laisser son spectateur indemne. Prenant la forme d'un roadmovie teenmovie indépendant, le métrage épouse cependant parfaitement le film de genre en offrant un affrontement généreux et glaçant dans lequel le spectateur se prend à regretter de s'être réjouit de voir des punks affronter des skinheads. Sacrément bon, le film est donc à voir, et on espère pouvoir le faire en salle.

Sophie Schweitzer
01/02/2016
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