Grupo 7

Unit 7


ORIGINE
Espagne
Grupo 7 Affiche

ANNEE
2012
REALISATION

Alberto Rodríguez

INTERPRETES
Inmaculada Alcántara
Andrés Blanco
Javier Berger
Critique Grupo 7
{Photo 1 de Grupo 7} A Séville, à la fin des années 80, se prépare l'exposition universelle, qui devra avoir lieu en 1992. Dans cette ambiance, les politiciens sont prêts à tout pour faire disparaître la drogue des rues. Pour cela, la criminalité faisant de l'ombre au grand projet, ils laissent à l'Unité 7, une  unité spéciale de la police, les mains libres pour commettre les pires exactions, et parvenir à faire baisser la criminalité

Alberto Rodriguez n'est pas que le réalisateur de ce film policier ancré dans la politique, il a aussi aidé à l'écriture de son histoire. Il nous fait plonger dans un polar espagnol dur et horriblement réaliste.

GRUPO 7 a remporté le grand prix du Festival International du Film Policier de Liège, 7ème édition.  Si ce choix, parmi les pépites{Photo 2 de Grupo 7} en compétition, peut laisser un peu perplexe, le métrage n'en reste pas moins intéressant. Ne s'embarrassant pas d'une longue exposition, il décide, comme beaucoup de films policiers borderline, de plonger immédiatement dans l'action. Il nous présente en effet ses personnages et cette ville, à travers une intervention musclée au milieu d'un appartement plein de drogués. Le spectateur se retrouve immédiatement plongé dans une course-poursuite sur les toits de Séville, dévoilant au passage une architecture magnifique, propre à ce genre de cascades, et suffisamment spéciale pour dévoiler des séquences rarement mises en scènes. La cavalcade s'achève sur un passage à tabac en règle, brutal, sanglant et sauvage. Le ton est donné, nos policiers ne s'embarrassent pas{Photo 3 de Grupo 7} de règles de déontologie et sont prêts à tout.

Les personnages dépeints sont un peu des archétypes, ce qui permet une identification immédiate. On retrouve le flic bedonnant, bon vivant et tendre, le faire-valoir, le vieux routard qui a tout vu ; il est sauvage jusqu'au bout des ongles, mais cache un cœur tendre tout au fond. On trouve aussi bien sûr, le jeune flic qui au premier abord, méprise ses collègues pour leur violence, mais qui se révélera encore plus sauvage et dangereux que tous ensemble.

L'histoire est aussi classique que prévisible, mais le but est ailleurs. Alberto Rodriguez veut nous plonger dans les bas-fonds glauques et étouffants de Séville, où tout espoir est oublié, et où l'Unité 7 se comporte comme roi de ce domaine ; tantôt adulé{Photo 4 de Grupo 7} e pour la manière dont elle traite les criminels, tantôt haïe à cause de ses méthodes. C'est aussi une plongée dans la politique poisseuse, où les exactions de ce groupe d'hommes sont couvertes, tant qu'ils ont de bons résultats et tant que la criminalité ne parasite pas la future Exposition Universelle.

Bien sûr, le spectateur s'enfonce au fond de la psyché de ces hommes qui, voulant faire le bien, vont se pervertir de plus en plus, jusqu'à perdre de vue la lumière de leurs bonnes actions. C'est une plongée dans l'âme d'hommes allant tellement loin dans la violence qu'elle finit par les étouffer ; des hommes qui s'accrochent à des planches de salut si ténues qu'elles finiront par se briser sous le poids de leur noirceur qui les entraînera au fond du gouffre.

On a souvent représenté ce genre d'histoires et de tels personnages. ACAB, présenté lui aussi en compétition officielle du FIFPL s'intéressait au même genre de récits et de personnages. Cependant, les protagonistes sont bien décrits, campés par de bons acteurs, et l'action empêche toute longueur et tout ennui. De plus, en déroulant son récit sur plusieurs années, le réalisateur nous montre vraiment l'évolution de ses personnages, que ce soit de la brutalité vers le dégoût de soi, que ce soit au contraire du mépris de ses collègues vers une violence effroyable.

GRUPO 7 est un métrage classique, mais intéressant et dérangeant. La conclusion reste complètement en accord avec le reste du récit. Elle ne trahit pas ce qui a précédé avec un happy end malvenu

Yannik Vanesse
18/05/2013
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Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Yannik Vanesse
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Tags du film
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