Haunter


Haunter Affiche

ANNEE
2013
REALISATION

Vincenzo Natali

INTERPRETES
Abigail Breslin
Sarah Manninen
Stephen McHattie
David Hewlett
Peter Outerbridge
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique Haunter
{Photo 1 de Haunter} Tous les jours de cette année 1986, Lisa est réveillée par le talkie-walkie de son jeune frère Robbie, tous les jours, sa mère lui dit de laver le linge et lui demande où ont disparu certains vêtements, tous les jours, son père s'acharne à réparer la voiture au garage, tous les jours les mêmes gestes, les mêmes incidents, les mêmes paroles... Un quotidien répété ad nauseam, depuis aussi longtemps qu'elle peut s'en souvenir, un éternel présent, un lendemain qui n'arrive jamais. Seule Lisa est consciente de cette journée qui recommence sans cesse et sans qu'elle puisse y rien modifier. Sa famille ne la comprend pas. Et dehors, toujours ce brouillard impénétrable. Jusqu'au jour où la routine se craquèle.

Avec HAUNTER, présenté en clôture de l'édition 2013 de l'Etrange Festival, et hors compétition au 32e Festival International du Film fantastique de Bruxelles, Vincenzo Natali sacrifie à la mode{Photo 2 de Haunter} du moment, celle des films de maison hantée. Mais il tente de creuser le genre en partant d'un point de vue, si pas inédit, peu souvent traité.

« Pas inédit » en effet car HAUNTER - et c'est sans doute ce qui lui sera reproché - s'inscrit dans la filiation de quelques grands classiques : BEETLEJUICE tout d'abord, pour l'argument de base : des fantômes hantés par d'autres fantômes, mais communiquant aussi avec les vivants ; UN JOUR SANS FIN (THE GROUNDOG DAY) bien évidemment, pour la journée qui recommence sans cesse et qui nécessitera que le seul personnage conscient de cette répétition se démène pour repartir sur une progression temporelle classique. Notons que dans le même genre, SIMON SAYS jouait lui aussi de cette idée de boucle temporelle et se rapprochait encore plus de HAUNTER par sa dimension d'horreur. Et autre évidence, HAUNTER débute là où terminait LES AUTRES (THE OTHERS), puisqu{Photo 3 de Haunter} 'ici Lisa (dont on se demande si le prénom est un hommage discret au LISA ET LE DIABLE de Mario Bava ?) est dès l'abord consciente de sa mort. Enfin, dernière filiation marquante, le monstre de HAUNTER n'est pas sans évoquer FREDDY, non seulement par la présence d'une chaufferie transformée en crématoire, mais aussi par le contrôle de ses victimes, non pas dans leurs rêves mais bien dans leur au-delà.

Mais Vincenzo Natali a le mérite de mélanger harmonieusement les éléments de ces lourdes références afin de relever avec talent le ragout du film de maison hantée. Le scénario distille petit à petit ses éléments et maintient éveillée toute notre attention. Tout en évitant les jumps scares qui affectent un bien trop grand nombre de ses concurrents, HAUNTER contient suffisamment de passages angoissants pour mériter le qualificatif de film d'horreur.

S'il y a un reproche à lui adresser, c'est sa{Photo 4 de Haunter} ns doute dans le final, un peu trop englué du miel du happy end. Non qu'il faille systématiquement éviter ce dernier dans une production horrifique, mais celui-ci colle ici une émotion un peu artificielle et en décalage avec le reste du métrage.

Pour le reste, Vincenzo Natali reste un grand conteur. On le savait depuis ses débuts avec CUBE. Profitons-en pour relever l'autocitation puisqu'en ouverture Lisa joue avec un... Rubic's cube, citation cependant non gratuite puisque ce jeu de combinaison figure métaphoriquement l'énigme à résoudre. Robbie, le petit frère joue quant à lui à Pac-Man, soit la tentative d'échapper là aussi à des fantômes dans un labyrinthe fermé sur lui-même... Comme cette maison fermée sur elle-même dont le concept avait déjà été creusé- et poussé au bout de ses possibilités - dans son extraordinaire NOTHING. HAUNTER est donc un prolongement de ses thématiques, l'emballage dans le genre de la maison hantée n'est que superficiel.

Lisa est indéfiniment plongée dans le 1986 de sa mort, l'époque nous est surlignée par les éléments iconiques déjà cités (Rubic's cube, Pac-man) et d'innombrables référents musicaux (le tee-shirt de Siouxie and the Banshees, les posters des Smiths, de Depeche Mode et de David Bowie). Mais ce référent n'est pas neutre : à l'heure où les studios n'en finissent plus de remaker les films d'horreur du passé en les mettant aux gouts et affublement du jour, Natali entreprend une démarche inverse et pare ses protagonistes des atours d'une époque riche en productions horrifiques.

Sous les oripeaux du moment, HAUNTER développe donc bien l'œuvre d'un auteur systématiquement passionnant. A découvrir.

Retrouvez notre couverture de l'Etrange festival 2013.

Philippe Delvaux
30/09/2013
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