Hobo With A Shotgun


ORIGINE
Canada
Hobo With A Shotgun Affiche

ANNEE
2011
REALISATION

Jason Eisener

INTERPRETES
Rutger Hauer
Robb Wells
Brian Downey
Molly Dunsworth
Nick Bateman
Gregory Smith
AUTEUR DE L'ARTICLE: Vincent Trajan
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Critique Hobo With A Shotgun
{Photo 1 de Hobo With A Shotgun} Suite au diptyque grindhouse BOULEVARD DE LA MORT / PLANETE TERREUR réalisé respectivement par Quentin Tarantino et Robert Rodriguez en 2007, le revival du film d'exploitation à la sauce 70's / 80's est récemment revenu sur le devant de la scène aux détours de métrages comme MACHETE ou bien NUNS WITH BIG GUNS, œuvres complètements décérébrés mais ô combien jouissives pour les spectateurs déviants du monde entier.

Tout comme MACHETE qui est tiré d'une fausse bande annonce issue du diptyque BOULEVARD DE LA MORT / PLANETE TERREUR, HOBO WITH A SHOTGUN de Jason Eisener est la longue version de la BA gagnante du concours South By Southwest Grindhouse mis en place par le tandem Quentin Tarantino et Robert Rodriguez, elle aussi inclue dans le film de 2007.

Un SDF débarque dans une petite ville anonyme dans le but d'y acquérir une tondeuse à gazon et de démarrer son entreprise de jardinier à domicile. Mais la terreur, la corruption et l'anarchie règnent dans ce patelin où The Drake, un dangereux criminel y fait régner la terreur avec ses f{Photo 2 de Hobo With A Shotgun} ils Slick et Ivan. Constatant que même la police est de mèche avec eux, le vagabond se procure un fusil à pompe et décide de nettoyer lui-même la ville de cette racaille. Avec l'aide d'Abby, une jeune prostituée à qui il a porté secours, il multiplie les exécutions, qui font de lui une véritable vedette locale. Une guerre sanglante contre les caïds de la ville est lancée...

Dès les premières secondes de la pellicule, le ton est donné : HOBO WITH A SHOTGUN sera une œuvre too much ou ne sera pas ! Ainsi, au travers de scènes aussi folles que gore (décapitation, membres arrachés, tortures...) et de dialogues grossiers vide de sens, on sent que le réalisateur Jason Eisener a voulu faire un tour d'horizon de ce qu'il y a eu de pire dans le genre grindhouse des 80's afin de faire un film qui caricature ouvertement la caricature...

Au fil d'un scénario écrit en compagnie de John Davies et Rob Cotterill, le metteur en scène a choisi de grossir à la loupe chaque tare des métrages du genre d'antan et d'en faire un melting pot volonta{Photo 3 de Hobo With A Shotgun} irement décousu et sans aucune finesse. Jason Eisener convoque de nombreux films comme STREET TRASH pour le côté craspec du monde des SDF, 2019 APRES LA CHUTE DE NEW YORK , LES GLADIATEURS DU FUTURS, LES GUERRIERS DE L'APOCALYPSE ou bien LES NOUVEAUX BARBARES pour mettre en avant un univers post apocalyptique où seule la loi du plus fort fait rage (The Drake et sa bande s'adonne à des séances de torture et de massacre en tout impunité), UN JUSTICIER DANS LA VILLE pour le côté vigilante du sans abri vengeur et même les tristement célèbres vidéos BUMFIGHTS du début des années 2000 mettant en scène des maltraitances de vrais SDF...

Bref, HOBO WITH A SHOTGUN est donc un joyeux désordre sur lequel se pose une bande son cheap (le "Run With Us" de Lisa Lougheed de 1988 colle à merveille à l'ambiance) et des dialogues d'une rare bêtise et se pose d'emblée comme un vaste défouloir (même les doublages partent dans la surenchère). Mais derrière ce chaos qui flirte parfois avec les ambiances Z de la Troma, on sent que le jeune Jason Eisener a énorméme{Photo 4 de Hobo With A Shotgun} nt peaufiné son film (plans, lumière, montage, grain de l'image) et travaillé sur de nombreux détails (costumes, décors, accessoires) afin de donner l'illusion d'une œuvre bâclée et incontrôlable directement issue des 80's... Mais il n'en est rien : même si l'homme a choisi le parti pris d'un métrage de mauvais goût et visuellement dégueulasse (les couleurs saturées...), l'ensemble fait mouche et fait montre d'un savoir-faire indéniable (le réalisateur confirmera d'ailleurs son talent dans deux segments de THE ABCs OF DEATH en 2012 et V/H/S/2 en 2013).

Et Rutger Hauer, dans tout ça... ? Entouré de comédiens débutants voire même amateurs qui surjouent - volontairement - leurs rôles à l'image Molly Dunsworth, Nick Bateman, Gregory Smith ou Brian Downey, le comédien Néerlandais porte le film sur ses épaule au travers d'une interprétation tout bonnement parfaite dans ce personnage de sans abri particulièrement sanguin et taciturne (on pense beaucoup au vigilante Charles Bronson dans UN JUSTICIER DANS LA VILLE). Même s'il est indéniable que l'homme ne force pas son talent (on est loin de la force d'un Roy Batty de BLADE RUNNER), il n'en reste pas moins investi dans ce rôle taillé pour lui.

En définitive, malgré un traitement aussi décomplexé que volontairement caricatural qui déborde allégrement sur les sentiers de la surenchère outrancière (l'arrivée des démons...), HOBO WITH A SHOTGUN est un chouette film de Jason Eisener qui reprend-là, à son compte, tous les éléments qui ont fait la "gloire" et les tares du film d'exploitation nanar des 80's. Rien ne nous est donc épargné : débordements gore, dialogues grossiers, punchlines débiles, scénario poussif, image dégueulasse, musique datée etc. et on en redemanderait presque !

Bref, même si HOBO WITH A SHOTGUN est un pur concentré couillon et déjanté de ce qu'a pu être le genre grindhouse à tendance gore des 80's (STREET TRASH en tête...), il faut bien avouer que l'ensemble se laisse regarder avec un petit plaisir coupable et un second degré de mise ! "Mais jusqu'où peut-on aller trop loin ?", comme dirait l'autre...

Vincent Trajan
15/01/2015
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Tags du film
Vigilante, Gore, Grindhouse
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