Human centipede


ORIGINE
Pays-Bas – Royaume-Unis
Human centipede Affiche

ANNEE
2009
REALISATION

Tom Six

INTERPRETES
Dieter Laser
Ashley C. Williams
Ashlynn Yennie
Akihiro Kitamura
Andreas Leupold
Peter Blankenstein
Critique Human centipede
{Photo 1 de Human centipede} Jenny et Lindsay, deux jeunes américaines en voyage en Europe, tombent en panne à proximité du domicile d'un chirurgien fou, le docteur Heiter. Grand spécialiste de la séparation des siamois, il rêve maintenant de « construire » un mille-pattes humain en soudant la bouche des uns à l'anus des autres.

Attention, chef d'œuvre... Attention, film complètement barré. Ne vous laissez pas embobiner par les clichés de l'horreur qui ouvrent le métrage, ni par la bande annonce qui semble vendre un produit lambda, HUMAN CENTIPEDE est de ces spectacles audacieux qui révulseront les uns et fascineront les autres. Il ose des audaces que le cinéma contemporain ne se permet plus que très rarement et renoue avec le meilleur du film de genre de l'époque où ce terme avait un sens bien distinct qui{Photo 2 de Human centipede} le séparait des filmographies plus « nobles ». Et pourtant, le soin apporté à la réalisation, à la photographie et à la direction d'acteurs hisse HUMAN CENTIPEDE dans le haut du podium cinéphile.

L'intrigue folle et la perversité de l'idée nous font immédiatement penser au romancier japonais Edogawa Rampo, et plus particulièrement au chef d'œuvre tiré de ses écrits par Teruo Ishii dans son HORROR OF MALFORMED MEN (1968). Le réalisateur Tom Six confie pourtant ne rien connaître de l'écrivain. En termes d'influences, il admet par contre admirer la première période de David Cronenberg qui, par son travail sur la chair, se place donc ici en ombre tutélaire. On ne saurait ainsi trop conseiller de confronter HUMAN CENTIPEDE à FAUX SEMBLANTS (DEAD RINGER, 1988).

HUMAN CENTIPEDE est{Photo 3 de Human centipede} de ces films dont on pourrait penser que seule l'Asie ose encore en produire. Et pourtant c'est bien de Hollande que l'étrange insecte nous parvient. Et contrairement à trop de films « extrêmes », Tom Six ne se moque pas de son sujet ni ne sombre dans des excès démonstratifs qui confineraient le résultat à la parodie. C'est d'ailleurs cette justesse de ton qui fait la force du film et qui dérangera les spectateurs les plus sensibles. La fantasmatique de Tom Six ne conviendra définitivement pas à tout le monde.

Tourné en HD, HUMAN CENTIPEDE bénéficie d'une photographie somptueuse. Il est relevé par un jeu d'acteurs des plus convaincants dont on soulignera particulièrement celui de Dieter Laser qui campe le médecin fou. Pour créer son personnage, Dieter Laser (vu notamment dans L'HONNEUR{Photo 4 de Human centipede} PERDU DE KATHARINA BLUM, Volker Schlöndorff, 1975) explique s'être inspiré du docteur nazi Josef Mengele, « praticien » à Auschwitz. On s'en voudrait aussi de ne pas compatir à l'abnégation des jeunes actrices Ashley C. Williams et Ashlynn Yennie qui ont dû supporter la moitié du tournage le visage collé au derrière de leur partenaire de jeu. Tom Six explique d'ailleurs que bon nombre de postulantes au rôle ont fui le casting quand on leur a expliqué ce qui les attendait.

HUMAN CENTIPEDE n'offre rien d'autre qu'un fantasme déviant et malsain, mais dont la bizarrerie même permet aux spectateurs de greffer leurs propres interprétations et théories ou leurs projections. C'est une richesse. Mais cette même perversité, le lot d'humiliations et de tortures subies par les protagonistes, fera quitter la salle à certains et personne ne les en blâmera : HUMAN CENTIPEDE ne convient pas à toute les sensibilités, répétons-le. On peut éprouver le même sentiment de rejet devant d'autres œuvres fortes, depuis SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOME (Pierre-Paolo Pasolini, 1975), jusqu'au chef d'œuvre de l'horreur contemporaine, MARTYRS (Pascal Laugier, 2008).

HUMAN CENTIPEDE a été présenté au 28e Festival International du film fantastique de Bruxelles (BIFFF), en séance de minuit, et y a récolté des applaudissements nourris. Dommage qu'il n'ait pas été présenté en compétition, il mérite sans nul doute un prix.

Le chemin de ce type de film vers les salles de cinéma est souvent très difficile, mais si l'occasion vous est donnée de le voir sur grand écran, ne la manquez pas.

Philippe Delvaux
19/04/2010
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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