I Spit On Your Grave


ORIGINE
USA
I Spit On Your Grave Affiche

ANNEE
2010
REALISATION

Steven R. Monroe

INTERPRETES
Sarah Butler
Chad Lindberg
Daniel Franzese
Rodney Eastman
Jeff Branson
AUTEUR DE L'ARTICLE: Vincent Trajan
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Critique I Spit On Your Grave
{Photo 1 de I Spit On Your Grave} En 1978, Meir Zarchi sortait un rugueux I SPIT ON YOUR GRAVE (ou DAY OF THE WOMAN), mettant en scène Camille Keaton dans le rôle de Jennifer Hills, une jeune romancière qui se transforme en redoutable prédatrice après avoir été sauvagement violée par une bande de rednecks. Avec son parti pris ouvertement agressif et sans concession, le réalisateur américain lançait-là, à la façon d'un véritable uppercut, la mode du "rape and revenge" et ce, même si Wes Craven avait déjà posé certaines bases du genre avec LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE (1972).

Aujourd'hui, à l'heure des "torture flicks" à outrance (SAW, HOSTEL...), il faut bien avouer que le métrage de Meir Zarchi a un petit peu vieilli et ne choquera pas vraiment la nouvelle génération de cinéphiles friands de sensations fortes.

Dans cette faste période de remakes, l'occasion était donc idéale pour le jeune Steven R. Monroe (HOUSE OF 9, SASQUATCH MOUNTAIN...) de dépoussiérer l'œuvre originale pour se la réapproprier plus de 30 ans plus tard - même si on trouve ici et là quelques séquelles et remakes plus ou moins officieux (NAKED VENGEANCE en 1985, SAVAGE VENGEANCE en 1993...)

Sans dout{Photo 2 de I Spit On Your Grave} e conscient des limites inhérentes au scénario de base de Meir Zarchi, Monroe a décidé de rajouter des personnages dans son film (l'attardé Matthew ou bien le Shériff Storch) pour donner du corps à son sujet. Et même si certains aspects psychologiques des personnages vont rester très en surface (il aurait été intéressant de s'attarder un peu plus sur le point de vue de Matthew, par exemple), le réalisateur va cependant réussir à rajouter un côté malsain à l'ensemble, notamment quand il nous fait découvrir la vie de "bon père de famille" du Shériff Storch (Andrew Howard). Une manière habile d'étoffer le matériau d'origine sans jamais perdre de vue la sensation de malaise mise en exergue par Zarchi. Un bon point, donc.

Mine de rien, malgré toutes ses nombreuses tares (un scénario mince comme du papier à cigarette, un montage à la hache, une réalisation chaotique...), le I SPIT ON YOUR GRAVE de 1978 se posait un véritable brûlot brut de décoffrage. Et au fil du temps, les imperfections du film en sont d'ailleurs devenues ses véritables points forts.

Difficile à partir de là, d'adapter cette œuvre et en y intégrant volontairement tous ses défa{Photo 3 de I Spit On Your Grave} uts intrinsèques. C'est pourquoi, Steven R. Monroe va donner à son métrage une forme plus personnelle (avec pas mal de grain et des couleurs crues) et développer de nouveaux éléments narratifs afin de mieux coller à l'époque actuelle (les scènes de pièges précédant les mises à mort à la façon d'un SAW...).

Et même si on est loin de la nervosité "naturelle" du film de Zarchi, I SPIT ON YOUR GRAVE possède son lot de scènes chocs (notamment la scène d'humiliation avant le viol...) qui raviront les amateurs du genre.

De son côté, pour son premier grand film, la jeune Sarah Butler (FLU BIRD HORROR) s'en tire bien en nous gratifiant d'une prestation juste (même si le passage de la Jennifer Hills avant / après viol est un peu "too much"...). La jeune actrice a eu la bonne idée de ne pas plagier le jeu sur le fil du rasoir de Camille Keaton, et démontre par là-même un joli brin de potentiel.

Mais malgré toutes ses bonnes intentions et une sincère envie de bien faire, le décalage entre le remake et l'original est plus que flagrant, si bien que le spectateur qui aura connu la version de 1978 aura du mal à rentrer dans cette nouvelle version d'I SPIT ON Y{Photo 4 de I Spit On Your Grave} OUR GRAVE.

En effet, quand Meir Zarchi n'y allait pas avec le dos de la cuillère pour montrer la violence crue, Steven R. Monroe semble lui, vouloir lever le pied sur certains aspects (notamment pour ce qui est de la nudité masculine et féminine avec un cadrage au serré au niveau des épaules...). Quand Meir Zarchi mettait en avant le côté primaire (au sens premier du terme) des tréfonds de l'âme humaine - que ce soit d'un point de vu masculin avec les scènes de viol ou d'un point de vu féminin avec la vengeance de Jennifer Hills -, Steven R. Monroe semble lui, vouloir intellectualiser son propos et ce, même s'il rajoute ici et là quelques éléments de violence graphique bien ficelés (les meurtres élaborés).

De même, on a parfois l'impression que le jeune réalisateur cherche à éviter de choquer le quidam, là où le I SPIT ON YOUR GRAVE de 1978 revendiquait haut et fort son côté politiquement incorrect et volontairement tape-à-l'œil. Bref, la démarche trop gentillette de Monroe s'avère vraiment paradoxale quand on connaît l'essor actuel des films sans concession, voire même outrancier comme A SERBIAN FILM, HUMAN CENTIPEDE etc.

Et si le réalisateur s'en tire plus que bien sur la forme, la différence majeure sur le fond entre le projet original et son remake est plus que marquée. Steven R. Monroe était-il trop sage pour porter l'œuvre de Zarchi sur ses frêles épaules ? Aurait-il eu peur d'aller trop loin ? A t-il été bridé par ses producteurs ? La question reste posée...

D'un point de vu objectif, Steven R. Monroe fait montre d'un travail sérieux dans la construction de son film (la montée en puissance du sentiment de malaise jusqu'à l'explosion de violence) et mis à part ce décalage entre les versions - qui titillera seulement ceux qui ont vu le film d'origine -, il faut bien avouer que le jeune réalisateur a su accoucher d'un film bien ficelé qui s'inscrit parfaitement dans l'air du temps.

Mais en cette période re-re-re-re-re-remakes et de "torture flicks" qu'on nous sert à toutes les sauces, le film de Steven R. Monroe ne dispose pas de cette petite étincelle salvatrice pour se sortir du ventre mou du genre.

En 1978, le propos sans concession d'I SPIT ON YOUR GRAVE était trop en avance sur son temps. En 2010/2011, il a un wagon de retard...

Paradoxal ? Vous avez dit paradoxal ?

Vincent Trajan
22/10/2011
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