Interview Alda Teodorani


Interview Alda Teodorani Affiche

AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique Interview Alda Teodorani
Le projet APPUNTAMENTI LETALI et Filmhorror.com :

Il y a quelques temps, justement grâce à l'envie de travailler pour le cinéma, j'ai pensé à un DVD qui contiendrait des court-métrages adaptés de mes nouvelles. Initialement, le projet était plus vaste : je voulais un vrai produit multimédia avec nouvelles, bandes-dessinées, textes audio et films. J'ai été contrainte pour des raisons éditoriales à diviser le projet en diverses parties, dont la première a été la publication de mon livre Bloody Rainbow, aux éditions Halley. J'avais parlé avec quelques réalisateurs mais je ne réussissais pas à faire accepter aux professionnels l'idée de travailler avec des débutants en éditant leurs productions aux côtés de celles de gens qui peut-être n'avaient pas les mêmes moyens.

Justement à la période où je commençais à me sentir découragée, parce que je ne voulais exclure personne du projet, Francesco Cortonesi m'a écrit pour me rencontrer. Il s'agit de l'un des animateurs et je crois fondateurs de Filmhorror.com. C'est incroyable comme les routes se croisent parfois quand tu le désires : en junghienne convaincue, je ne devrais pas m'étonner puisque c'est lui qui a diffusé le concept de syncronicité ! En fait je suis chaque fois surprise agréablement. Cortonesi m'a parlé de filmhorror.com, un projet ambitieux qui donne le moyen à tous les cinéastes, même ceux sans moyens, de produire leurs films. J'ai parlé avec de nombreuses personnes qui soutiennent l'inutilité de produire tant de choses et qui se lamentent que tous aient aujourd'hui la possibilité de faire un film. En peu de temps, se sont produit{Photo 2 de Interview Alda Teodorani} es beaucoup de choses et aujourd'hui Youtube est une réalité qui s'élève contre leur discours. Les gens mettent sur internet leurs idées, leurs nouvelles, leurs films et personne ne peut les en empêcher comme autrefois, quand les productions artistiques étaient réservées à une petite élite qui avait les moyens financiers adéquats. Je crois que c'est le public qui doit faire la différence. Probablement que du mare magnum d'internet émergeront finalement seulement les œuvres les plus belles, mais au moins tous auront eu l'occasion de s'exprimer et de se faire connaître. Je sais que ceci est un discours impopulaire, du moins en Italie, donc je reviens à filmhorror.com ;-). Le site met en contact tous les artisans du cinéma indépendant : écrivains, réalisateurs, acteurs, directeurs de la photo, monteurs, etc... afin qu'ils puissent trouver les équipes pour produire les films à bas ou à zéro budget. Ils m'ont proposé de céder gratuitement mes nouvelles pour qu'on puisse les adapter et j'ai accepté. J'ai seulement demandé à ce que mes canons fondamentaux soient respectés et, pour ceci, à lire les scénarios. Consciente que le cinéma et la littérature sont deux langages différents, j'ai laissé les réalisateurs faire ce qu'ils voulaient et transformer ce qu'ils désiraient. En vérité je dirais que seulement dans le cas de SAMANTHA, comme je le développerai plus loin, il y a eu une divergence d'opinions qui s'est achevée par un commentaire du réalisateur disant (on peut le lire sur internet) qu'il n'a pas pu travailler mieux à cause de mon ingérence.

FAME et FAME D'AMORE

FAME est un fil{Photo 3 de Interview Alda Teodorani} m très profond et émouvant. Il se distingue nettement de ma nouvelle, une des premières que j'ai écrites, et il y apparaît une enfant fantôme, ce qui n'est jamais arrivé dans mes livres. J'adore les histoires de fantômes et comme au cinéma je suis toujours émue par les scènes fortes, je pleure chaque fois que je vois ce court-métrage. Je n'ai pas connu le réalisateur, je n'ai eu aucun contact avec lui. L'histoire est inspirée d'une rencontre avec une enfant blonde, l'unique blonde dans une progéniture d'enfants sombres de peau et de cheveux. Je la voyais toujours jouer toute seule. Elle m'inspirait de la tendresse, peut-être parce que je jouais toujours seule moi aussi enfant ;-)

Sur FAME D'AMORE, plus proche de ma nouvelle, j'ai la même impression positive. Etrangement il est très semblable aussi à la B.D qui en fut extraite en 1989, où apparaissent les policiers qui ne figurent pas dans le texte originel. Celui-ci, avec Fiore, est l'un de mes textes préférés et je suis heureuse du résultat des films, que je juge excellents.

PARASSITI IN BIANCO

Le film est extrait d'une histoire vraie, comme on dirait sur l'affiche ;-)

L'une des rares nouvelles inspirées d'une chose qui m'est vraiment arrivée, même si ce n'était pas la première fois que je traitais d'une protagoniste avec mon prénom. C'est l'unique chose que j'ai réussi à écrire sur une expérience traumatisante qui m'a ôté le peu de confiance que j'avais encore dans les médecins. Je tiens à dire que mon opinion n'est pas le fruit d'une paranoïa : ce n'est pas un secret qu'en Italie un patient sur 10 meurt à la suite d'une erreur{Photo 4 de Interview Alda Teodorani} médicale. C'est un pourcentage trop haut ! J'étais hospitalisée à l'hôpital Pertini de Rome fin 2000, suite à un infarctus. A la peur et à la douleur, s'ajoutait l'attitude insouciante des infirmiers et des médecins qui m'ont vraiment traitée comme une chose sans personnalité, sans la moindre empathie, sans respect pour ma souffrance. Le vase a débordé quand j'ai

demandé la date où j'aurais dû faire un examen qui aurait mis un terme à mon hospitalisation. Ils m'ont répondu qu'ils avaient fini l'agenda de 2000 et qu'ils devaient attendre d'acheter celui de l'année suivante. J'ai récupéré mes vêtements et je suis partie. Le médecin m'a dit « et pourtant vous sembliez plutôt intelligente ». J'ai tant de souvenirs de ces moments terribles...

J'ai pensé aux malades terminaux, à ceux qui sont contraints de rester des mois à l'hôpital, je me demandais comment ils font. J'ai écrit Parassiti in bianco pour eux : ce n'est pas de l'horreur, c'est un morceau de ma vie, de mes tripes, et ça me désole qu'il n'ait pas été lu par davantage de gens. Je voudrais avoir une voix encore plus forte pour faire en sorte qu'au moins partiellement on puisse se défendre de certains scandales comme ceux des hôpitaux italiens. Je pense que c'est aussi le devoir des écrivains, quelque soit leur genre.

J'ai aimé dans le film l'exagération des scènes sanglantes, cela m'a aidé aussi à dédramatiser une situation très lourde (dans la nouvelle le vampirisme était à peine évoqué). Le décor est formidable. Les réalisateurs ont donné, je crois, le meilleur d'eux-mêmes, tout comme les acteurs. Je trouve tout parfait et j'aime beaucoup le médecin. Je connais personnellement Riccardo Reim et évidemment ceci m'influence. C'est un acteur de théatre, peu habitué au langage cinématographique, qui est moins expressif et moins expansif. Ceci cependant adoucit la tension du film et le rend adapté à un public très jeune. Malgré la massive présence de sang, je ne le trouve pas très violent... Mais ce n'est pas forcément un défaut et de plus mes propres paramètres m'empêchent de voir la chose avec impartialité ;-)

IL CORPO DEL GATTO

J'ai trouvé ce film délicieux, avec une Chiara Pavoni tellement concentrée dans le rôle de l'écrivain qu'elle parvient même à me ressembler dans certains cadrages. Chiara est une actrice extrêmement polyvalente, sa présence ne gêne jamais même si elle a joué dans de nombreux APPUNTAMENTI LETALI, en plus d'en réaliser un. Ici aussi le réalisateur va plus loin que la nouvelle , qui évoquait seulement la facette cannibale. C'était vraiment un défi : quand je l'ai vue dans la liste des nouvelles choisies, j'ai pensé qu'ils n'auraient pas réussi à en faire quelque chose ; c'est un texte si bref et minimaliste. Le réalisateur a su capter parfaitement ma pensée : il y a des personnes fugitives, qui ne se laissent jamais caresser, jamais toucher, qui ont peut-être peur de se faire aimer. A tel point qu'elles te donnent envie de les dévorer.

Une mention spéciale à l'acteur chat, que je nominerai (que les autres acteurs ne m'en veuillent pas) meilleur acteur principal 

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Patryck Ficini
22/12/2009
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