J'ai rencontré le diable

Akmareul boatda
I saw the devil


ORIGINE
Corée du Sud
J'ai rencontré le diable Affiche

ANNEE
2010
REALISATION

Kim Jee-Woon

INTERPRETES
Byung-hun Lee
Gook-hwan Jeon
San-ha Oh
Yoon-seo Kim
Ho-jin Leo...
AUTEUR DE L'ARTICLE: André Côte
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Critique J'ai rencontré le diable
{Photo 1 de J'ai rencontré le diable} Un agent secret poursuit l'assassin de sa femme. Sa vengeance devient de plus en plus difficile à assouvir car ce dernier se révèle être un tueur en série des plus sadiques.

Le long-métrage de Kim Jee-Woon offre la singularité d'imbriquer deux canevas du thriller : le « revenge movie » et le film de serial killer. Le premier, comme son nom, « film de vengeance », l'indique se caractérise par le cheminement d'un personnage poussé par le désir de punir ceux qui lui ont enlevé les êtres les plus chers. En guise d'exemple, on peut citer la saga du JUSTICIER DANS LA VILLE (DEATH WISH) de Michael Winner avec Charles Bronson dans le rôle de Paul Kersey, le justicier éponyme, un homme cherchant à châtier les malfrats qui ont tué sa femme et violé sa fille. En ce qui concerne l'influence des longs-métrages qui mettent en vedette les tueurs en série, c'est du côté de{Photo 2 de J'ai rencontré le diable} l'individu ayant commis l'irréparable et devenant l'objet de la vengeance qu'il faut chercher.

En conséquence, à l'instar du film de Winner, J'AI RENCONTRE LE DIABLE débute par des scènes d'exposition montrant un couple dans ses occupations habituelles : l'un est au travail, l'autre sur le chemin du retour. La disparition de la femme intervient lors d'un événement des plus banals puisqu'il s'agit de venir en aide à un conducteur en panne sur le bord de la route.

Or, c'est à ce moment-là que le récit va légèrement dévier du schéma narratif qu'il venait à peine d'esquisser. En effet, dans DEATH WISH, si le récit nous montre les événements qui vont traumatiser les personnages (le viol et le meurtre), les coupables redeviennent anonymes, et donc impunis, ce qui rend fou de rage Paul Keyser. En revanche, dans le métrage de Kim Jee-Woon, le criminel va bel et bien{Photo 3 de J'ai rencontré le diable} être identifié, puisque notre personnage principal, Soon-hyun, est un agent secret qui mène sa propre enquête et découvre le nom et le visage du tueur. Alors que Paul Keyser, lui, est un architecte sans prédisposition particulière pour le combat. De la sorte, alors que DEATH WISH nous décrit la lente initiation d'un quidam à des méthodes d'auto-défense improvisées (il commence par se servir de chaussettes remplies de pièce de monnaies pour frapper ses agresseurs), l'argent secret déploie des grenades et quelques mètres de fil de fer pour torturer sa cible, car sa motivation n'est pas seulement de punir l'assassin mais aussi de lui faire prendre conscience de tout le mal qu'il a causé.

De ce fait, à partir de ce contraste entre le long-métrage de Michael Winner et celui de Kim Jee-Woon, nous notons une autre similitude avec un autre type de thriller, celui des{Photo 4 de J'ai rencontré le diable} films de serial killers. C'est ainsi que, nous avons plutôt l'impression d'assister à une chasse. En cela, notre agent présente plusieurs similitudes avec ceux du FBI des films LE SIXIEME SENS (MANHUNTER... soit « Chasseur d'hommes », on ne peut pas faire plus explicite) de Michael Mann, ou LE SILENCE DES AGNEAUX (THE SILENCE OF THE LAMBS) de Jonathan Demme. Dans ces long-métrages, les enquêteurs cherchent à débusquer le responsable unique des meurtres de plusieurs victimes, ce que l'on appelle un « tueur en série ». Au cours de leurs investigations, ils doivent élaborer le profil de ce suspect pour en déduire son identité (ses habitudes, les pulsions qu'il éprouve...), c'est cette étape de « profilage » que nous retrouvons dans J'AI RENCONTRE LE DIABLE, avec ce jeu du chat et de la souris où notre veuf épris de vengeance cherche à comprendre sa proie pour mieux la torturer psychologiquement. Nous le voyons ainsi entrer en contact avec la famille du serial-killer comme un simple enquêteur, ceci afin de déceler le moindre élément qui pourrait-être une faiblesse.

Malgré sa longue durée (presque 2h30), le métrage ne souffre d'aucune longueur. Kim Jee-Woon parvient à nous tirailler entre plusieurs sentiments contradictoires (la victime des tortures étant un tueur en série que nous avons vu en action) et, de ce fait, à retrouver toute la force des « vigilant movies », en vogue dans les années 70. Ici, le résultat est très éprouvant et on en remercie monsieur Kim Jee-Woon.

Cliquez ici pour lire une autre critique de I SAW THE DEVIL

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2011.

André Côte
12/04/2011
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