J’ai rencontré le diable

I saw the devil
Akmareul boatda


ORIGINE
Corée
J’ai rencontré le diable Affiche

ANNEE
2010
REALISATION
Kim Jee-Woon
INTERPRETES
Byung-hun Lee
Gook-hwan Jeon
San-ha Oh
Yoon-seo Kim
Ho-jin Leo
Critique J’ai rencontré le diable
{Photo 1 de J’ai rencontré le diable} Un sadique viole, torture et tue de manière abjecte pour son seul plaisir pervers. Malheureusement pour lui, sa dernière victime est la fille d'un ancien commissaire, fiancée de surcroit à un agent des services secrets. Ce dernier va rendre œil pour œil en torturant à son tour à intervalle régulier et le plus longuement possible notre agresseur. Ce dernier est cependant un dur à cuir et l'affrontement entre les deux va joncher la Corée de nouvelles victimes.

Kim Jee-Woon a explosé internationalement dès les DEUX SŒURS, présenté - de même d'ailleurs que son remake américain - au BIFFF. L'original y était d'ailleurs très justement primé. On lui doit par après le très beau et violent A BITTERSWEET LIFE et son mafieux tentant d'échapper à son organisation, puis le barré LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ. Il s'en revient en 2011{Photo 2 de J’ai rencontré le diable} au BIFFF avec un vigilante jusqu'au boutiste qui s'inscrit assez clairement dans la lignée d'OLD BOY (Park Chan Wook). Les références ne sont pas neutres : Lee Byung-Hun qui incarne l'agent des services spéciaux était déjà la tête d'affiche de A BITTERSWEET LIFE, tandis qu'en face de lui, le tueur en série est campé par Choi Min-Sik, justement auréolé de sa prestation dans OLD BOY. La vengeance est d'ailleurs au cœur des deux films, tout comme l'usage d'une violence poussée à l'extrême.

L'originalité du film est de très rapidement déplacer les attentes du spectateur. Alors qu'on imagine une patiente recherche du tueur par la police et le fiancé, ce dernier découvre au contraire presque immédiatement la trace du tortionnaire. Cette bascule nous verse donc dès ce moment dans un autre film, qui confronte les deux hommes et amène une progressive déshumanisation du héros vengeur. Mais là aussi, passé un long moment où le tortionnaire encaisse les coups les uns après les autres, le voilà qui relève la tête, reprend l'initiative et se remet à semer la terreur pour un troisième acte amenant à la confrontation finale. I SAW THE DEVIL s'offre donc en parfait complément d'un autre chef d'œuvre récent du cinéma coréen, l'inoubliable THE CHASER.

On retrouve ici les atouts qui ont placé la production coréenne sur le devant de la scène internationale : une magnifique photographie, un scénario bien maitrisé et parfaitement mis en scène, une composition musicale de haute volée, des touches d'humour qui font mouche... et une violence graphique qui marquera les spectateurs.

Certains reprocheront le manque de profondeur de l'histoire, certaines lenteurs dans ledéveloppement (le film dure 2h24). Pour notre part, nous n'avons jamais senti ces prétendues longueurs. Au contraire, I SAW THE DEVIL contient suffisamment de développements pour ne jamais lasser et se permet de traiter chaque séquence avec le temps qui lui est nécessaire. Voguant loin au dessus du reste de la programmation du BIFFF, I SAW THE DEVIL a logiquement décroché le Corbeau d'or de la compétition internationale.

Avant même sa présentation européenne (Gerardmer, BIFFF...), I SAW THE DEVIL a déjà fait parler de lui : sa violence explicite lui a attiré les foudres de la censure coréenne qui a exigé quelques coupes et remaniements. La version internationale propose d'ailleurs un montage différent de la version exploitée en Corée. Il ne s'agit pour autant pas nécessairement d'une version plus "explicite", des sites spécialisés ont déjà décortiqué les deux versions qui ne diffèrent que par des détails, assez nombreux cependant.

I SAW THE DEVIL posera la question de la limite à partir de quand le châtiment transforme celui qui l'inflige en un monstre comparable à celui à qui il est infligé. Du fait de la primauté du spectacle sur la réflexion, ce thème pourra rester étranger à une partie de l'audience. Toujours est-il qu'il est particulièrement pertinent dans un monde qui a laissé la torture se réinstaurer dans certains pays occidentaux.

J'AI RENCONTRE LE DIABLE sortira en France le 6 juillet 2011.

Cliquez ici pour lire une autre critique de I SAW THE DEVIL

Retrouvez nos chroniques du BIFFF 2011.

Philippe Delvaux
28/04/2011
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Sueurs Froides.fr > Critique > Asian Scans
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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