Jawbone


ORIGINE
Royaume-Uni
Jawbone Affiche

ANNEE
2017
REALISATION

Thomas Q. Napper

INTERPRETES
Johnny Harris
Ian McShane
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Critique Jawbone
{Photo 1 de Jawbone} Champion de boxe junior, Jimmy McCabe a depuis sombré dans l'alcoolisme. Chassé de son logement social, il se retrouve à la rue. C'est alors qu'il retourne dans son ancien club de boxe. Promettant à son ancien entraineur de se reprendre en main, il se laisse néanmoins tenté par un combat sans licence où il doit affronter un jeune loup réputé pour être particulièrement violent et jusqu'à présent resté invaincu.

JAWBONE est la première réalisation de Thomas Napper réputé pour être un réalisateur de seconde équipe notamment sur LA BELLE ET LA BÊTE de Bill Condon ou encore ANNA KARENINE de Joe Wright sorti en 2012 ainsi que d'autres films à gros budget aussi bien anglais qu'américains. C'est sans doute grâce à sa longue carrière qu'il a pu s'entourer d'un{Photo 2 de Jawbone} casting cinq étoile. Ian McShane (DEADWOOD, AMERICAN GODS) et Michael Smiley (LE PARFUM, KILL LIST) entourent le héros. Ian McShane aux traits caractéristiques incarne à la perfection la tentation de l'illégalité, de l'ombre. Quand à Michael Smiley, il est l'idée de la rédemption, de l'amitié à reconquérir, et de la confiance à rétablir. Notre anti-héro (boxer alcoolique et violent) est incarné par Johnny Harris (déjà vu dans THIS IS ENGLAND 80's, BLACK DEATH). Ses grands yeux amènent une charge de pathos mais aussi une certaine forme d'innocence et de naïveté qui rend son personnage attachant. L'acteur principal est également le scénariste du film.

A la manière d'un ROCKY, JAWBONE suit le parcours de combattant d'un boxeur des bas-fonds anglais qui a{Photo 3 de Jawbone} vu ses rêves s'écraser au fond d'une bouteille de mauvaise vodka. Mais combattre ses démons est plus difficile qu'il n'y paraît. Au-delà du problème d'alcoolisme, il y a la rage et la colère, la frustration et l'autodestruction. Cette rage qu'on croise souvent dans les films sur la boxe est ici parfaitement retranscrite dans une séquence où le héros se retrouve face à l'administration britannique.

Dans cette scène, Jimmy face à son incapacité à comprendre le fonctionnement du système défaillant social anglais cède à la violence et à l'agressivité. MOI DANIEL BLAKE réalisé par Ken Loach mettait également en exergue l'impuissance des citoyens britanniques dans la misère face au fonctionnement extrêmement complexe du système ne donnant pas les clés aux ge{Photo 4 de Jawbone} ns afin de pouvoir bénéficier des maigres aides sociales. JAWBONE intègre beaucoup d'aspects sociaux puisque Jimmy devient SDF dès le début du film, et que son parcourt sur le ring quelque part est la métaphore de sa vie qu'il doit reprendre en main. Le cinéma anglais s'intéresse bien souvent à ceux que la société anglaise rejette ou abandonne comme le fait de beaucoup le cinéma de Ken Loach mais pas que, on pourrait citer BILLY ELLIOTT, THE FULL MONTY et BLOODY SUNDAY. Le film pose la question : est-ce que des marginaux comme l'est Jimmy (alcoolique notoire, désabusé ayant laissé sa vie se déliter) mérite-t-il d'être abandonné ? La réponse est peut-être apportée par le personnage incarné par Michael Smiley qui juge le héros mais de manière bienveillante.

La mise en scène de Thomas Napper épouse la brutalité de son personnage mais aussi sa douceur, ainsi l'image est fortement contrastée mais la lumière qui tombe sur les personnages est douce, et les entoure comme une auréole divine et protectrice. Ce phénomène se remarque notamment lorsque Jimmy commence à remonter la pente.

L'histoire de cet alcoolique en quête de rédemption évoque bizarrement celle de l'apprenti-voleur du film italien ON L'APPELLE JEEG ROBOT. Tout comme dans le film de Gabriele Mainetti, JAWBONE dépeint le traitement infligé par un pays à ses marginaux. On y retrouve également la même rédemption recherchée par le héros. Enfin, si ON L'APPELLE JEEG ROBOT a choisi, le film de super héros, JAWBONE quant à lui a opté pour le film de boxe.

Sophie Schweitzer
12/11/2017
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